Idem, page
ne rend pas les eaux de Saint-Myon « de la bonne manière ; elles
ne passent ni par les selles, ni par les urines j’ai été contraint
de n’en plus faire user à S. M. » Les eaux minérales ne réussissaient décidément pas au roi, car cinq ans après Vallot écrit encore :
« J’ordonnai à S. M. les eaux d’Encausne le roi ne les rendit
pas très bien » ^ ; et Vallot fait suivre les observations de l’année 1670 de Remarques sur l'usage de l'eau de rivière et de fontaines : a Ayant exactement reconnu qu’en toutes les occasions que j’ai voulu faire prendre les eaux minérales an Roi, qu’elles ne lui
ont pas réussi j’ai pris la résolution de ne plus les proposer,
de quelque nature qu'elles puissent être, et au lieu des dites eaux, j’ai eu recours à celles de rivière ou de fontaines ». Telle est, croyons-nous, la genèse de l’arrêt du Conseil d’Etat de 1670.
La question des eaux minérales préoccupait déjà le Roi depuis quelque temps : au mois de janvier de l’année 1670, Colbert écrit à Riquet pour lui demander des échantillons des eaux de Barèges et de Balaruc, « le Roy ayant dessein de faire distiller toutes les eaux minérales qui se trouvent dans les provinces de son royaume pour connaître leurs différentes qualités et scavoir à quoy elles sont propres Cette analyse ne fut faite que* deux ans après; mais dès le 9 juin suivant, Louis XIV déclare « milles et de nul effet toutes les nominations, permissions et commissions données par le sieur Vallot à quelque particulier que ce soit », et « fait. Sa Majesté, très expres.ses inhibitions et défenses à toutes personnes d’entreprendre à l’avenir de faire voiturer, vendre n’y débiter aucune eau minérale sans une nouvelle permission du sieur Vallot », et le pre-
mier médecin du Roi est rendu responsable des personnes qu’il nommera^.
Paris possédait en 1670* plusieurs dépôts d’eaux minérales; mais pendant longtemps, dans les villes de province, les malades qui prenaient chez eux les eaux minérales furent obligés de les faire venir directement de la source ou de les acheter à Paris. A Rouen, un des premiers dépôts paraît avoir été chez Resserve, apothicaire, rue des Bons-Enfants ; il recevait en 1768 les eaux de Vichy après
■1 . Les médicaments, page 92.