‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 56 sur 98 · L’AIR ET LE LAIT DANS LA TUBERCULOSE AU XVIIP SIÈCLE · texte numérisé non relu

L’AIR ET LE LAIT DANS LA TUBERCULOSE AU XVIIP SIÈCLE

Sganarelle, au premier acte de « l’Amour médecin », apprenant que sa fille est très malade, s’écrie : « Vite qu’on m’aille quérir des médecins et en quantité. On n’en peut trop avoir dans une pareille aventure. » Son valet Champagne lui amène quatre médecins, et Lisette qui ne manque jamais l’occasion de décocher un trait satirique sur les médecins, de s’écrier : « Que voulez-vous donc faire, Monsieur, de quatre médecins? N’est ce pas assez d’un pour tuer une personne ? » Mais Sganarelle trouve déplacé de se moquer des médecins au moment où il en a besoin; il est inquiet et répond à sa servante : « Taisez-vous, quatre conseils valent mieux qu’un. »

Cette habitude, signalée par Molière, d’appeler ensemble plusieurs médecins en consultation, persista au xviii® siècle; on en tiouve, en particulier, plusieurs exemples dans les « Ob.servations » de Lepecq de la Clôture : « Nous fûmes appelés, en 1769, écrit Lepecq, plusieurs de mes collègues et moi, pour un négociant atteint de « milliaire. » ^ L’année suivante, Erambert (de Dieppe) appelle en même temps en consultation deux médecins de Rouen : Lepecq de la Clôture et Rouelle. La consultation suivante, signée de trois médecins, vient confirmer cette habitude :

Page 1