Fontenelle : Vie de Corneille
Corneille dans scs M iscelfa))ea qu'W fit imprimer en 1G52; sa pièce, en vers latins, y est reproduite, et il la fait précéder de la note suivante dont Taschereau a donné la traduction : « J’ai composé ces vers lorsqu’on annonça que Corneille était mort de péripneumonie le jour même de son mariage... ». Quelques années plus tard, en 1660, Cotin, dans sa Ménagerie, satire contre Ménage, dit que ce dernier fit mourir Corneille pour avoir la satisfaction de donner connaissance au public d’une épitaphe préparée depuis longtemps, attendant la mort d’un homme de lettres illustre pour être imprimée, et il ajoute : « Il le fit mourir de péripneumonie, c’est le grave mot dont Ménage s’est servi; il pouvait l’appeler plus communément une inflammation du poumon; mais ces diables de scavantas owi ainsi des mots à tuer les gens ^ » Le bruit de la mort de Pierre Corneille, qui avait donné lieu à cet incident, fut démenti à Paris quelques jours après la publication de la pièce de vers de Ménage par un quatrain intitulé Cornélius redivivus qui est attribué au même auteur. Corneille eut donc une pneumonie en 1640 et il dut être traité par le moyen que l’on considérait alors comme le plus rapide et le plus sûr pour guérir cette maladie, « la saignée de la basilique ou médiane du costé malade », qui avait pour but de détourner V humeur du poumon ^ On peut croire, sans en avoir aucune preuve, que Corneille fut soigné par Jean de Lampérière, médecin à Rouen, devenu son oncle, le jour même oü il tomba malade; s’il n’a pas apporté à son neveu le secours de ses connaissances médicales, il dut certainement, vu les tristes circonstances de la maladie, s’y s’intéresser.
Une dizaine d’années environ après cette pneumonie, en 1653, Pierre Corneille eut une « grosse maladie^. » Sa santé chancelante devint de plus en plus mauvaise, et ses médecins jugèrent nécessaire de l’envoyer prendre les eaux de Bourbon, recommandées alors particulièrement aux gens de lettres prédisposés à l’apoplexie par leur travail sédentaire'*. Il fallait que ce voyage fût jugé indispensable, pour que Corneille se décidât à l’entreprendre ; les communications
1. Taschereau : Histoire de la de et des ouorages de P. Corneille, t. I, p. 240, et Corneille, par Mgr Richard, p. 177.
2. Epitome des préceptes de médecine et de chirurgie, par P. Piguay ; Rouen, A. Ovyn, i64o.