Voir, à ce sujet : Médecins au théâtre, (Witkowski
Seigneur, voyez ces yeux,
Déjà tout égarés, troubles et furieux.
Celte affreuse sueur qui court sur son visage.
Celle gorge qui s’enfle
Sinorix, dans Gamma, éprouve à peu près les mêmes signes d’empoisonnement :
Ses yeux sont égarés, son visage s’enflamme ;
Et, soudain, sous l’effort d’un accès différent.
Une froide sueur le rend pâle et mourant
L’empereur Commode s’écrie en mourant :
Mais Dieu! Quel accident tout à coup me menace?
Quelle maligne humeur me fait sentir sa glace?
Elle saisit mon cœur; en vain il la combat.
Ma force m’abandonne et ma vigueur s’abat
Chez ces trois empoisonnés, il n’y a aucun symptôme caractéristique de l’empoisonnement : il faut constater aussi, qu’en général, les personnages empoisonnés ne s’en aperçoivent pas pendant un certain temps ; ils s’occupent de leurs affaires, ils parlent comme s'il n’éprouvaient rien ; et ils meurent tout d’un coup en quelques secondes. C’est ce qui a lieu en particulier dans Gamma, de Pierre Corneille, ainsi que dans La mort d'Annibal et La mort de l'empereur Commode de Thomas Corneille.
Si l’on compare la description de l’empoisonnement de Britannicus à celle des empoisonnements dans les Corneille, on voit que Racine a été beaucoup plus réaliste que les deux frères. Narcisse remet une coupe empoisonnée à Britannicus ;
Mais ses lèvres à peine en ont louché les bords.
Le fer ne produit point de si puissants efforts,
; la lumière à ses yeux est ravie ;
Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie"*.
On peut faire, à ce sujet, un rapprochement curieux; Britannicus fut joué en 1669, et l’année précédente. Racine avait perdu sa maîtresse Thérèse Du Parc, dont le talent et la beauté avait été remarqués par les deux Corneille ; il fut accusé plus tard de l’avoir empoisonnée. L’innocence de Racine est aujourd’hui démontrée : mais on peut