‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 67 sur 98 · îd. acte V, scène iv · texte numérisé non relu

îd. acte V, scène iv

Id. acte V, scène v.

croire que l’heureux rival des Corneille a été mieux instruit qu’eux des efl'ets des poisons; la description précédente, plus vraie que toutes celles des Corneille, vient à l’appui de cette opinion ^ .

Les deux déesses empoisonneuses de l’antiquité ont été mises à la scène par les deux Corneille ; les succès de Médée, de Pierre, et de Circé, de Thomas, sont dus en partie à la passion du public du XVII® siècle pour la magie. Les deux frères nous les ont fait voir préparant des poisons :

Circé doit préparer an charme d’iniporlance,

Puisqu’en cette montagne, elle a voulu chercher Les herbes qu’elle-niême vient d'arracher *■

Et dont l’entière connaissance Est un secret qu’elle aime à nous cacher^.

En tête du quatrième acte de Médée, Pierre Corneille nous représente la déesse dans sa grotte magique entourée de serpents, suivant la tradition mythologique, et montrant à ses confidents les poispns qu’elle prépare :

Ces herbes ne sont pas d’une vertu commune;

Moi-même en les cueillant, je fis pâlir la lune,

Quand, les cheveux flottants, le bras et le pied nu.

J’en dépouillai jadis un climat inconnu.

Vois mille autres venins ; cette liqueur épaisse Mêle du sang de l’hydre avec Celui de Nesse ;

Python eut cette langue ; et ce plumage noir Est celui qu’une harpie, en fuyant, laissa choir ;

Enfin, lu ne vois là, poudres, racines, eaux.

Dont le pouvoir mortel n’ouvrit mille tombeaux^.

Elle empoisonne alors la fameuse robe qu’elle fait porter à sa rivale : c’est dès que Créuse l’a revêtue

Qu’elle sent aussitôt une ardeur qui la lue :

Un feu subtil s’allume

Ce feu saisit le roi; ce prince en un moment Se trouve enveloppé du même embrasement.

1. Voir : Racine a-t-il empoisonné la Du Parc? dans Poisons et sortilèges de Cabanes et Nass, série II, p. 122

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