‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 72 sur 98 · ALMANACH DE LA DEVINERESSE · texte numérisé non relu

ALMANACH DE LA DEVINERESSE

Guérison de la femme hydropique.

Clilon, j'en sais une

Qui rappelle si tôt des portes du trépas,

Qu’en moins d’une heure ou deux on ne s’en souvient pas. ^

La Poudre de sympathie était, quand Corneille écrivait ces vers, une nouveauté thérapeutique, elle venait d'être introduite d’Angleterre en France. Pour le public, elle avait la valeur inestimable de permettre au malade de se guérir sans médecin, ni chirurgien. On se procuiait un linge ayant touché la blessure à guérir; on couvrait le sang ou le pus qui s’y trouvait avec la fameuse poudre, « ce qui étant réitéré cinq ou six jours de suite, les parties divisées se rejoignent, la plaie se referme, et le blessé se trouve sain, quand même il serait éloigné de plus de mille lieues du linge où est appliquée la poudre ^ »

Les résultats obtenus par l’emploi de cette poudre paraissent d autant plus merveilleux que la manière de la préparer était fort simple : « On prend du vitriol, on l’expose au soleil pendant la canicule, et étant regardé amoureusement et arrosé de cette source de lumière, il s’altère doucement, il se dessèche, il se calcine, il se blanchit, et voilà tout le mystère de notre poudre merveilleuse ^ »

On chercha à expliquer ra€tion de cette poudre extraordinaire, et on finit par trouver que la poudre de sympathie agissait par sympathie^'.

Comme Pierre Corneille, plusieurs auteurs du xvii® siècle signalèrent dans leurs ouvrages la poudre de sympathie : Furetière, dans le Roman bourgeois ; Molière, dans V Amour médecin ; puis, plus tard, M™® de Sévigné, qui la considérait comme un remède divin.

Pendant quarante ans cette poudre eut une grande réputation, et c’est un Rouennais de naissance qui osa, le premier, exprimer des doutes sur la valeur de cette panacée. Lémery écrit, en effet, dans son Cours de Chimie, imprimé en 1690 : « .Je ne conseillerais point à un blessé de faire fond sur un remède de cette nature, car pour une personne qui aura reçu du soulagement, il y en aura cent qui

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