Franklin, p
n’auront pas aperçu TeOet K » Cinquante ans après ces premiers doutes, l’action de la poudre fut reconnue illusoire.
Le même passage du Menteur, où Corneille parle de la poudre de sympathie, mentionne une habitude de son époque, celle de connaître des remèdes secrets; Le Menteur, lui, sait une Poudre de sympathie meilleure que toutes les autres.
Plusieurs autres personnages des œuvres de Corneille connaissent également des remèdes; celui qui en possède le plus est certainement Don Bertrand de Cigarral :
Il sait mille secrets à ne guérir de rien.
Pour tous ces petits maux de rhume, toux, migraine.
Il compose à ravir l’onguent miton mitaine 2,
Il dit lui-même, à sa fiancée, qu’il sait faire un onguent pour guérir la gale; et, plus loin, Léonor s’étant évanouie. Don Bertrand rassure tout le monde :
. . . J’ai certain onguent mixlionné d’eau rose,
Il est de grande force et de sa pâmoison.
En moins d’une heure ou deux il vous fera raison^.
Quand on a l’occasion de feuilleter de vieilles archives conservées depuis quelques centaines d’années dans une famille, on voit que nos ancêtres avaient l’habitude de garder des recettes pharmaceutiques, et on les trouve souvent accompagnant des copies de chansons populaires de l’époque ou de recettes culinaires. On se passait ainsi de famille en famille une bonne recette pour la confection d’un onguent, comme on se donne aujourd’hui la recette d’un entremets. Parfois, on réunissait quelques recettes et on les faisait imprimer, tel le : Recueil de quelques receptes très éprouvées, qui fut imprimé à Rouen chez Jacques Lucas en 1675, et qui contient entre autres recettes : la Méthode pour bien faire l'onguent Manus Dei, propre à faire emplastre, par lequel on guérit quantité de maladies extérieures du corps humain, ainsi que celle d’un autre onguent fort excellent et fort éprouvé pour toutes blessures, apostumes, coupures, douleurs, tumeurs chaudes ou froides. On l'appelle en quelques lieux onguent de Boisguillaume ou de Bauquemare,