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O. Reynier : Thomas Corneille, p. 297, 301 et 302.
la chang'er en homme Nos ancêtres ne voyaient rien d’impossible à la ti anfoi mation dune femme en homme. En 1496, Portanus observa une femme qui devint homme après être accouchée d’un enfant et qui, comme homme, prouva, dit cet auteur, qu elle pouvait engendrer ; ce fait aurait été confirmé par plusieurs savants de l’époque. Ambroise Paré lui-même cite le cas d’une fille de quatorze ans qui, en bcidiuünt au lit avec une de ses catnavades, vit avec surprise les parties de l’homme se développer sur elle ; son nom de Jeanne fut changé en celui de Jean. Dans ces deux cas, comme dans d’autres signalés au moyen-fige, les sujets observés ne sont le plus souvent que des hermaphrodites ou des femmes ayant une chute de l’utérus. Thomas Corneille a voulu sans doute, dans La Devineresse, se moquer des gens qui croyaient encore, à son époque, à de pareilles transformations
Une scène non moins amusante de la même comédie, c’est celle où M™® des Roches, une vieille coquette, vient demander à la Jobin un secret pour conserver sa beauté ; elle mérite d’être citée en entier :
MADAME DES ROCHES
On dit que vous ne vous mêlez pas seulement de deviner et que vous avez des secrets tous merveilleux pour conserver la beauté et même pour en donner. Ne me regardez point, je vous prie ; la rougeur que ce discours m’a fait monter au visage en redoublerait.
MADAME JOBIN
Demandez-moi autre chose. Comment ne pas regarder une aussi belle personne que vous ?
MADAME DES ROCHES
Je sais que je ne suis pas une beauté achevée; mais je m’en console. J’ai quelque agrément, un peu d’esprit, des manières assez enjouées, et je crois qu’avec cela on peut faire figure dans le monde.
MADAME JOBIN
Je ne connais point de belle personne qui ne fût ravie de vous ressembler.
MADAME DES ROCHES
Je ne vous demande pas aussi de me faire devenir plus belle; mais je vous demande de quoi conserver longtemps ce que vous me voyez d’agréments.