‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 77 sur 98 · Acte III, scène ix · texte numérisé non relu

Acte III, scène ix

trouve encore dans cette comédie beaucoup d’autres scènes amusantes qui, prises séparément, constituent de petits chefs-d’œuvre.

Au XVII® siècle, les liialades étaient soignés par les médecins, les chirurgiens ou les barbiers, selon les maladies dont ils étaient atteints. Cette division de l’exercice de la médecine donna naissance à de nombreux procès entre les médecins èt les chirurgiens, entre les chirurgiens et les barbiers. Ces derniers cherchaient à se rapprocher le plus possible des chirurgiens et è empiéter sur leurs fonctions. Cette corporation se divisait même en deux ^classes : les barbiers proprement dits et les barbiers chirurgiens, dont le plus illustre fut Ambroise Paré. Thomas Corneille montre, dans Les engagements du hasard, que quelques barbiers exerçaient la chirurgie au XVII® siècle, par ces vers prononcés par Clarin, qui s’attend à être battu et blessé :

c’est ce que je médite,

S’il n’est point à propos que je coure au barbier L’avertir que je vais me faire estropier,

Et qu’il ne quitte point d’aujourd’hui la boutique :

J’espère lui donner assez bonne pratique L

A cette époque, le tabac était une panacée : il guérissait les maladies, et même en préservait ; depuis le siècle du grand Roi, les idées ont bien changé sur les vertus de cette plante .!

Sganarelle, dans Le Festin de Pierre, fait l’éloge du tabac :

C’est dans la médecine un remède nouveau ;

Il purge, il réjouit, conforte le cerveau;

De toute noire humeur, promptement le délivre

Dans la même comédie, on trouve une des plus fines attaques de l’époque contre un médicament, origine de nombreuses querelles, l’émétique ;

SGANARELLE

Monsieur, songez-vous bien quel bruit depuis un temps Fait le vin émétique ?

DON JUAN

Oui, pour certaines gens.

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