‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 78 sur 98 · Acte I, scène i · texte numérisé non relu

Acte I, scène i

SGANARELLK.

Ses miracles, partout, ont vaincu les scrupules. Leur force a converti jusqu’aux plus iricrédules; Et sans aller plus loin, moi qui vous parle, moi. J’en ai vu des effets si surprenants, . ,

DON JUAN

SGANARbLLE.

En quoi ?

Tout peut être nié si sa vertu se nie.

Depuis six jours un homme était à l’agonie ;

Les plus experts docteurs n’y connaissaient plus rien ; Il avait mis à bout la médecine.

DON JUAN

Eh bien ?

SGANARELLE

Recours à l’émétique. Il en prend pour leur plaire ; Soudain . . .

DON JUAN

Le grand miracle! Il réchappe?

Il en meurt.

SGANARELLE

Au contraire.

DON JUAN

Merveilleux moyen de le guérir !

SGANARELLE

Comment? Depuis six jours il ne pouvait mourir;

Et dès qu’il en a pris, le voilà qui trépasse.

Vit-on jamais remède avoir plus d’efficace ? ^

L’émétique dut son succès à Charles de l’Orme, médecin de la Faculté de Montpellier, dont les procédés thérapeutiques furent recueillis par un docteur en théologie de Caen, Michel de Saint- Martin, et publiés dans un livre intitulé : « Moiens faciles et éprouvés dont Monsieur de l’Orme, premier médecin et ordinaire de trois de nos rois, et ambassadeur à Clèves pour le duc de Nevers, s’est servi pour vivre près de cent ans » De l’Orme considérait

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