Acte III, scène i
Jamais allenlion n’y fui plus assidue;
Cenl fois, on l’a jouée, el cenl fois, il l’a vue. . .
Si bien qu’un beau malin, ayant Iroussé bagage,
Il est ici venu jouer son personnage. ^
Clarimond répond au cousin de Lysis, voulant enfermer le malade, qu’il vaut mieux le laisser berger pendant quelques jours :
Ce désordre est fâcheux, mais aussi prenez garde Combien à l’enfermer son repos se bazarde,
La prison est affreuse au plus solide esprit.
Et c’est là que le faible assez souvent s’aigrit. ^
On essaye de guérir sa folie en le faisant vivre avec des bergers ; mais il rencontre une joyeuse compagnie qui s’amuse à ses dépens; on le persuade qu’il est métamorphosé en femme, et la comédie se termine sans que Lysis ait retrouvé la raison. Lysis est un véritable malade atteint de monomanie avec des hallucinations.
Dans la classe des maladies nerveuses, Thomas Corneille signale encore l’hérédité de l’épilepsie. Dans La comtesse d'Orgueü, Virginie fait remarquer au marquis, pour l’empêcher d’épouser sa fiancée, que cette dernière est épileptique :
Celle Olympe a d’ailleurs la tache de sa mère,
Qui tombait du haut-mal . . . .^
L’hérédité de 1’ <r épillencie » ou du « mal Saint-Jean » n’était pas généralement admise à l’époque de Corneille ; on considérait encore cette affection comme une maladie surnaturelle.
Le passage de Don Bertrand de Cigarral, où Thomas Corneille parle de la gale, est également intéressant. Isabelle ayant aperçu la main de son fiancé, pousse un cri. d'effroi, mais Don Bertrand la rassure :
Ce n’est rien, ce n’est qu’un peu de gale.
Je lâche à lui jouer pourtant d’un mauvais tour;
Je me frolle d’onguent cinq ou six fois par jour,
Il ne m’en coûte rien, moi-même j’en sais faire ;
Mais elle est à l’épreuve et comme héréditaire ;
Si nous avons lignée, elle en pourra tenir.
Mon père, en mon jeune âge, eut soin de m en fournir,