‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 81 sur 98 · Acte I, scène ni · texte numérisé non relu

Acte I, scène ni

.3. Acte IV, scène vin.

Ma trière^ mon aïeul, mes oncles et mes lanles

Ont été de tout temps et galants et galantes ;

C’est un droit de famille où chacun a sa part;

Quand un de nous en manque, il passe pour bâtard ^

Ce mot gale doit être ici synonyme de goutte : car dans le portrait qui est fait de lui au premier acte, on dit qu’il est :

Goutteux ce que doit l’être un goutteux d’origine.

Si Don Bertrand, devant la jeune fille qu’il espère épouser, ne prononce pas le nom de goutte, c’est parce qu’au xvii® siècle on considérait cette maladie comme une conséquence de la débauche. Aujourd’hui, au contraire, on avoue la goutte et on cache la gale. La gale n’a jamais été considérée comme une affection héréditaire ; et la maladie de peau que présente Don Bertrand est une éruption eczémateuse due à la goutte.

Il existe une autre affection, la syphilis, qui est encore considérée comme une maladie honteuse à laquelle les Corneille ont fait une allusion discrète. Dans la Suite du Menteur, de Pierre, Cliton qui vient de retrouver son maître Dorante disparu depuis deux ans, après avoir abandonné sa fiancée le jour même du mariage, raconte au Menteur les suppositions qui ont été faites sur son départ :

Et tel vous soupçonnait de quelque guérison.

D’un mal privilégié dont je tairai le nom.‘^

Pierre Corneille veut certainement faire allusion ici au fameux « Carême de pénitence », c’est-à-dire à la cure de la syphilis par le gaïae, pendant laquelle un jeûne austère de quarante jours était imposé au malade. Corneille ne devait pas ignorer ce traitement très en honneur à Rouen ; il y avait été suivi par un poète français célèbre, Malhurin Régnier, qui mourut à Rouen, le 22 novembre 1615, dans un hôtel, à l’enseigne de L'Ecu d'Orléans, situé rue de la Prison, où, dit Tallemant des Réaux, « il était venu se faire traiter de la vérolle par un nommé Le Sonneur^ »

Pierre Corneille avait aussi sans doute entendu parler de l’ouvrage

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