‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 83 sur 98 · Acte II, scène ni · texte numérisé non relu

Acte II, scène ni

Quelques médecins croyaient alors que le refroidissement qui succédait à un écliauffement donnait naissance à une pleurésie.

Il est curieux de rapprocher de ces vers un passage d’un auteur moderne, Théophile Gautier. Dans son roman, Le capitaine Plaçasse, mise en scène fidèle de la vie au xvii® siècle, il fait dire è un

de ses personnages : « Là, là, ne vous échauffez pas ainsi , vous

pourriez en gagner une pleurésie.^ » On pourrait croire que Théophile Gautier s’est inspiré de Corneille.

Il serait possible de prolonger cette étude de la médecine dans les oeuvres des Corneille, en parcourant leurs œuvres en dehors du théâtre, notamment la traduction en vers des Métamorphoses d'Ovide ; en glanant dans les trois cents volumes du Mercure galant, on y rencontrerait aussi quelques traits sur la médecine, ne serait-ce que la poésie de Fontenelle sur ce que M. le Prince ne vit plus que de lait (1678)2. Mais toute étude demande à être limitée, et ce travail se borne à l’examen des seules œuvres théâtrales qui ont immortalisé le nom de Corneille.

Sources de la Médecine dans les œuvres des Corneille.

Thomas Corneille et Molière.

On lit dans beaucoup d’ouvrages du xvii® siècle et du siècle suivant que Turenne, à la représentation de Sertorius, s’écria en plusieurs endroits ; « Oii donc Corneille a-t-il pu apprendre l’Art de la guerre? » Un homme d’Etat aurait pu dire également après avoir entendu Attila : « Où donc Corneille a-t-il appris les secrets de la politique? » Après avoir signalé les principaux passages des œuvres des Corneille ayant quelques rapports avec la médecine, on peut se demander où ils les ont puisés.

Le premier nom qui vient sous la plume est celui de Lampérière Lampérière, médecin à Rouen, oncle des Corneille, les a-t-il documentés? On peut répondre négativement. Pierre Corneille aurait, certes, pu recourir à son oncle pour se documenter sur la sorcellerie. Ce dernier dut étudier cette science à l’occasion de la malheureuse affaire de Louviers, mais la composition de Médée est bien antérieure au mariage de Corneille.

\. Edition définitive; t. I, p. 283.

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