G. Dl'bosc : Journal de Rouen du 30 mars 190o
Les Corneille ont peut-être eu des livres de médecine dans leur bibliothèque, qu’ils ont consullés pour les questions médicales? On ne possède pas le catalogue des livres de leur bibliothèque, mais on sait que l’on trouva à la mort de Thomas Corneille, aux Andelys, « un vieux coffre-bahut, tout rompu, sans serrure ni clefs, dans lequel se sont trouvés quarante-un volumes de livres de droit et de médecine très anciens C » Nous croyons que ces livres avaient appartenu au beau-père de Thomas et qu’ils n’ont jamais quitté les Andelys j-our figurer dans la bibliothèque des deux frères. Thomas possédait le Dictionnaire de Chimie de Perrault et Institules de Médecine de Ettmuller, mais ces ouvrages ne durent entrer dans sa bibliothèque que quand il dirigea la composition du Dictionnaire des termes d'arts et de sciences, qui parut le 11 septembre 1694 Racine, leur rival, avait une bibliothèque métlicale assez bien fournie; il possédait les œuvres d’Hippocrate, celles de Jacques Dubois, la physiologie de Jacques Fernel et les œuvres de Du Laurens, traduites en français par Théophile Gelée, médecin, à Dieppe
Les connaissances médicales de Pierre et de Thomas Corneille sont peu importantes; ils ne se sont pas documentés en interrogeant des médecins, ils n’ont pas consulté de livres de médecine; ils savent en médecine tout ce que chaque bon bourgeois de leur temps connaissait de celte science et ils n’ont pas éprouvé le besoin de compléter leurs connaissances.
Au point de vue médical, l’œuvre de Thomas Corneille est plus importante que celle de son frère; dans La Devineresse et Le Festin de Pierre, les allusions médicales sont nombreuses ; en réalité, la première de ces comédies est peut-être due à de Visé, et la seconde est de Molière.
De Visé était rédacteur au Mercure galant, il était confident et ami de plusieurs comédiens, en particulier de ceux de la troupe de Molière, et c’est lui qui, après la mort de ce dernier, en 1673, avait présenté Thomas Corneille à la troupe qui avait besoin des pièces d'un bon auteur. Il se forma alors une association entre de Visé et Thomas Corneille pour composer le Mercure galant. Cette collabo-
1. Revniek, page 355 : Incentaire après décès des biens ayant appartenu à Thomas Corneille.