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La Chronique médicale, 1" novembre 1309, page

ralion s’étendit aussi au théâtre. De Visé, dans le Mercure de janvier 1710, écrit qu’il composa r/nco?2?iw en prose; « pendant que je taisais la prose du second acte, Corneille de l’Isle mettait le premier en vers ». Cette comédie obtint assez de succès; aussi les comédiens pressèrent de Visé et Corneille de mettre au théâtre tout ce qui s’était passé chez la Voisin. On était â l’époque même du jugement; c’était une pièce de circonstance : la Voisin avait été arrêtée le 12 mars 1679, accusée d’avortement, de faire le commerce des poisons et de s’occuper de magie et de sorcellerie. Il fallait aller vite ; aussi de Visé composa un grand nombre de scènes sans suite, en s’inspirant du procès de la Voisin ; Corneille choisit dans ces scènes les plus intéressantes et forma un tout. Cette pièce fut un des plus grands succès du siècle; le public fut attiré par un désir de voir dans un théâtre les tours dont se servaient les magiciennes pour le Irompcr et l’épouvanter. C’est de Visé lui-même, dans le Mercure, qui a raconté comment La Devineresse fut composée ; bien (]ue ses 'affirmations puissent souvent être mises en doute, il est très possible que ce soit lui le véritable auteur de cette comédie; en tous cas, il fut sans aucun doute l’inspirateur de Corneille, et on peut lui attribuer, par conséquent, la composition ou le plan des scènes médicales citées plus haut. De Visé, d’ailleurs, avait déjà fait paraître plusieurs pièces de théâtre. Une de ses comédies, jouée en 1667, L'Embarras de Godard ou L'Accouchée, avait, comme son nom l’indique, des rapports avec la médecine. Le rôle de la sage-femme est particulièrement amusant L

En 1677, la troupe de Guénegaud, formée par les collaborateurs de Molière réunis aux meilleurs acteurs du Marais, jouèrent Le Festin de Pierre de Molière, que Thomas Corneille avait mis en vers sur leur demande. Il suivit presque dans toute la pièce le texte original avec une exactitude scrupuleuse ; les passages concernant le tabac, l’émétique, la pleurésie, se retrouvent dans l’original de Molière, sans un mot de changé. Corneille voulut supprimer des scènes qui avaient choqué les croyances de quelques personnes dans Le Don Juan de Molière et qui avaient diminué le succès de la pièce. Il s’exprime ainsi dans l’avis au lecteur qui précède la comédie : « J’ai suivi la prose dans tout... à l’exception des scènes du troisième et du cinquième acte où j’ai fait parler des femmes. Ce sont scènes ajoutées â

1. Voir WiTKOwsKi : Les Médecins au Théâtre, pa^fes 247 et 248.

cot excellent original et dont les défauts ne doivent point être imputés au célèbre auteur sous le nom duquel cette comédie est toujours représentée. » Corneille est modeste ; la scène III du 3® acte est des plus intéressantes. Thérèse, qui voit Sganarelle habillé en médecin, lui demande une consultation :

Ce monsieur-là m’a dit qu’il était médecin,

Et je lui demandais si, pour guérir votre asthme Il ne savait pas. . .

SGANARELLE

Oui, j’ai certain cataplasme Qui, posé lorsqu’on tombe en suffocation.

Facilite aussitôt la respiration.

THÉRÈSE

Eh ! mon Dieu, là-dessus j’ai vu les plus habiles, Leurs remèdes me sont remèdes inutiles.

SGANARELLE

Je le crois. La plupart des plus grands médecins Ne sont bons qu’à venir vider des bassins;

Mais pour moi, qui vais droit au souverain dictame, Je guéris de tous maux; et je voudrais, madame, Que votre asthme vous tînt du haut jusques au bas ; Trois jours mon cataplasme, il n’y paraîtroit pas.

THÉRÈSE

Hélas ! Que vous feriez une admirable cure 1

SGANARELLE

Je parle hardiment ; mais ma parole est sûre. Demandez à monsieur. Outre l’asthme, il avoil Un bolus au côté qui toujours s’élevoit.

Du diaphragme impur, l’humeur trop réunie.

Le mettait tous les ans dix fois à l’agonie ;

En huit jours, je vous ai balayé tout cela,

Nettoyé l’impur, et. . . Regardez, le voilà Aussi frais, aussi plein de vigueur énergique,

Que s’il n’avait jamais eu tache d’asthmatique.

THÉRÈSE

Son leinl est frais, sans doute, el d'un vif éclatant.

SGANARELLE (tâtant le pouls de Thérèse).

Là, voyons votre pouls. . . Il est intermittent ;

La palpitation du poumon s’y dénote,

THÉRÈSE

Quelquefois .

SGANARELLE (visitant sa langue).

Votre langue. . . Elle n’est pas tant sotte. . .

En dessous, levez-la. . . L’asthme y paroît marqué.

Ah ! si mon cataplasme était vile appliqué. . .

THÉRÈSE

Où donc l’applique-l-on ?

SGANARELLE

(lui parlant avec action pour l’empêcher de voir que Don Juan entretient

tout bas Léonor).

Tout droit sur la partie Où la force de l’asthme est la plus départie.

Comme l’obstruction se fait de ce côté.

Il faut, autant qu’on peut, la mettre en liberté ;

Car selon que d’abord, la chaleur restringenle A pu se ramasser, la partie est souffrante,

Et laisse à respirer le conduit plus étroit.

Or est-il que le chaud ne vient jamais du froid h

On croirait que pour écrire cette scène Thomas Corneille a recueilli quelques souffles du génie de Molière; car elle est digne de ce grand comédien.

Lysis, du Berger extravagant, est la copie fidèle du Lysis du roman burlesque de Sorel, dans tout son rôle, et on retrouve dans le roman la description de l’origine de sa folie.

Ces quelques recherches montrent que dans beaucoup des passages relatifs à la médecine de leurs œuvres théâtrales, les Corneille n’ont été que des imitateurs. On pourrait pour chaque pièce

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