‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 88 sur 98 · Précis de V Académie de Rouen, t. II, p · texte numérisé non relu

Précis de V Académie de Rouen, t. II, p

En 1758, parut un second mémoire, par La Condamine, sur l’inoculation L

Le 8 juin 1763, le Parlement de Paris, sur le réquisitoire de AP Orner Joly de Fleury, avait donné un arrêt qui défendait de se faire inoculer, jusqu’à ce que les Facultés de médecine et de théologie se soient prononcées sur le fait de l'inoculation, ce qui leur fut enjoint par le même arrêt. Grimm pense que ce réquisitoire avait été composé par Bouvard, et le juge capable de jouer le rôle « d’imposteur », pour détruire une pratique salutaire. Le mois suivant le comte de Lauraguais attaquait vigoureusement, à l’Académie des Sciences, l’auteur du réquisitoire; une discussion s’éleva, et le comte défenseur de l’inoculation reçut une lettre de cachet, le 15 juillet 1763 2.

Les Annonces de Normandie rendirent compte de ce qui s’était passé au Parlement : « Le Parlement de Paris a rendu, il y a quelques jours, un arrêt qui défend de pratiquer l’inoculation de la petite vérole dans cette capitale et dans les autres villes de son ressort, sauf à ceux qui voudraient se faire inoculer à se réfugier à la campagne pour cette opération ; à eux enjoints de n’avoir aucun commerce avec les gens des villes que quarante jours après leur guérison. Le ravage que la petite vérole inoculée a causé dans Paris a, dit-on, occasionné cet arrêt ^ »

La Faculté de théologie condamna l’inoculation ; « il suffit, dit Bachaumont, que ce soit une nouveauté pour être réputée condamnable \ »

Quant à la Faculté de médecine, « après un examen long, deux fois elle s’assembla, et jugea à la pluralité que l’inoculation pouvait être tolérée ; car, écrit Hazon, elle ne voulait pas d’abord être trop favorable à la nouvelle méthode dans la crainte que l’expcrience ne la démentît.^ » (Août 1764.)

En mars 1764, Gatti avait publié des réflexions sur les préjugés qui s’opposent aux progrès et à la perfection de l’inoculation. Grimm juge ainsi ces réflexions : « On ne peut pas démontrer l'imbécillité

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