MESURES PRINCIPALES DU CRANE. LACENAIRE. AVRIL
Circonférence horizontale 30 p. 9 lig. 22 p. » lig.
Demi-circonférence longitudinale (de la racine du nez à la partie inférieure de l'occipital, passant par levertex) 12 8 14 9
Diamètre longitudinal (de la ra-
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cine du nez à la crête occipitale).. 7 p. 1 lig. 7 p. 7 lig.
Diamètre vertical (mesure trèsincertaine) 3 9 4 3
Diamètre transversal 5 11 5 10
Demi-circonférence transversale (d'un conduit auditif à l'autre passant par le vertex) 12 2 12 9
Angle frontal 67 degrés. 71 degrés.
Nous ne garantissons pas l'exactitude absolue de ces mesures; avec des moyens plus parfaits que ceux qui ont été à notre disposition, on arriverait à des résultats plus précis peut-être, mais qui ne changeraient rien aux conclusions à tirer. Le rapport d'une tête à l'autre est d'ailleurs suffisamment juste. Une évaluation détaillée de ces mesures, en tant qu'elles peuvent avoir une signification physiognomonique, serait ici de trop. Nous nous contenterons de remarquer que la tête d'Avril est plus développée que celle de Lacenaire dans tous les diamètres, un seul excepté, qui est le diamètre transversal, aux extrémités duquel sont attachés les instincts du carnage et de la rapine. Il est vrai que Lacenaire n'a guère sur Avril que l'avantage d'une ou deux lignes.
Il importe aussi d'observer que l'angle frontal du stupide Avril est de quatre degrés environ plus ouvert que celui du savant et spirituel Lacenaire. Or, on sait que l'angle frontal est un des moyens employés pour mesurer le développement du front, qui est, dit-on, le siège de la raison et de l'intelligence.
Passant maintenant aux déterminations phrénologiques spéciales, voici ce que nous trouvons
Dans Lacenaire, développement prononcé de la destructivité ; organe de la ruse (sécrétivité) presque effacé; celui delà convoitivité (ou vol) manquant complètement; celui de la circonspection (prudence, etc.), à peu près nul; courage (combattivité), médiocre ; 'penchants erotiques faibles. Quant aux facultés intellectuelles, on a vu déjà que le front était peu saillant et des plus ordinaires. En suivant la ligne médiane et allant de bas en haut, on trouve, vers la jonction des pariétaux et du coronal, la bienveillance, et un peu au-dessus la théosophie (disposition religieuse), cette dernière surtout fort visible; plus loin encore et plus haut la fermeté, située entre les deux organes de ia justice (sentiment du juste et du devoir, conscience morale), fort apparents. Ceci est à noter.
Nous négligeons tout le reste. Il suffit de constater que Lacenaire, voleur, meurtrier, athée, sans pitié, sans remords, monstre d'immoralité par tempérament et par système, portait sur son crâne les signes phrénologiques d'un homme violent, mais probe, d'un cœur passionné, mais bienveillant, d'un caractère ferme, mais juste et religieux. Les phrénologistes noteront les organes favorables au système, et ils en trouveront quelques-uns, entre autres X idéalité et la destructivité. Mais la présence de ceux que nous citons, et l'absence de quelques-autres, infirment de plein droit toutes leurs conclusions. Ici, en effet, les caractères négatifs sont tout, et les autres rien.
Chez Avril, les organes des penchants sanguinaires, ceux du Vol et de la Ruse sont inappréciables; en re-
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vanche, ceux de la Bonté, de laThéosophie, de la Justice sont d'une dimension peu commune, à tel point qu'ils dominent tous les autres. Une tête pareille ferait honneur à un saint. Elle était pourtant sur les épaules d'Avril. Le front est petit, quoique plus saillant et plus haut que celui de Lacenaire.
Quant à la face de ces deux malheureux, sans nous piquer d'être physionomiste, nous dirons que Lavater aurait trouvé sur celle de Lacenaire de l'impudence, de la finesse, de la sensualité, de la vivacité, le tout joint à quelque chose de bas et d'ignoble tout à fait spécifique. Avril a une figure de bonhomme; ses traits respirent la douceur, le calme et les sentiments innocents déjà si bien tracés sur son crâne. Lacenaire avait bien raison de dire, en parlant d'un phrénologiste qui était allé le visiter : « Si ce docteur touchait la tête d'Avril sans le connaître, il le prendrait pour le plus honnête homme du monde, et cependant c'est un fieffé coquin. »
Il paraît que Lacenaire savait assez bien sa phrénologie.