‹ La médecine et les médecins (volume 2)Chapitre 43 sur 89 · VUES DE COSMÉTIQUE TRANSCENDANTE · texte numérisé non relu

VUES DE COSMÉTIQUE TRANSCENDANTE

les pommades du parfumeur. Tel est l'idéal de la haute Cosmétique.

Un homme s'est rencontré qui a réalisé cet idéal, au moins dans un grand nombre d'applications de la plus haute importance; et, comme dans toutes les productions du génie, la simplicité des moyens employés par lui n'est pas moins étonnante que la variété des résultats obtenus. Aussi intitule-t-il justement sa doctrine : Science nouvelle (1). C'est le titre du fameux livre de Vico : Scienza nuova. L'auteur entre sans préambule, comme les grands maîtres, in médias res. Il débute par cette observation que l'altération de la beauté dépend principalement, ainsi que celle de la santé, de la violence des impressions morales. De là le précepte général, pour quiconque veut conserver à sa figure tout son mérite, de neutraliser le fâcheux effet des sensations brusques et vives qui en dérangent si promptement la symétrie. Mais comment faire? Le moyen est simple; il consiste à opposer à chaque impression fâcheuse et à l'instant même une contre-impression ou contre-choc. Après une chute, une frayeur, par exemple, on prend par routine un verre d'eau fraîche, ce qui remet, comme on dit, les sens. On fait fort bien, car c'est un contre-choc. Mais il y a un contre-choc plus prompt, plus facile, applicable partout et en toute circonstance; c'est Y aspiration. Une longue et forte aspiration d'air contre-balance à l'instant le choc causé par une émotion fâcheuse. Ce

(1) Science nouvelle pour entretenir la beauté, etc., chez tous les libraires. 1853. In-12 de 2 feuilles 1/2, plus une planche.

n'est donc pas sans raison qu'on dit en plaisantant que le chagrin engraisse les femmes. Rien de plus aisé à comprendre. La femme qui pleure et sanglote fait à chaque instant de grandes aspirations qui compensent et au delà l'influence émaciatrice du chagrin. A l'acte de l'aspiration on peut ajouter un exercice respiratoire plus puissant encore pour déterminer le contrechoc : c'est ce qu'on appelle la nasale. On inspire modérément, puis on chasse brusquement l'air par le nez, mais en ayant soin, dès que l'air va sortir, de porter les doigts à l'ouverture des narines, comme le fait le priseur quand il aspire sa prise de tabac par petits coups saccadés. On concevra toute la puissance de la nasale pour arrêter la déformation des traits (car c'est là le but de ce contre-choc) si l'on considère que ce même exercice peut amortir instantanément le rire, l'éternument, le bâillement et les suffocations qui ont lieu lorsqu'on avale de travers.

L'exercice fréquent de la nasale est déjà un moyen général de neutraliser l'influence des impressions désagréables sur la beauté, et une sorte de régime hygiénique très-bon à suivre. Pour comprendre l'importance qu'attache l'inventeur à ce procédé, il faut savoir que, dans un livre antérieur, tout médical, Sur

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