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LES DIVERSES MANIÈRES DE RESPIRER POUR ENTRETENIR

la santé, il a décrit vingt-six de ces manières et expliqué leurs propriétés hygiéniques et curatives. Il a fait la même analyse de la marche, et on est étonné d'apprendre qu'il y ait tant de façons de respirer et fie cheminer, et qu'on ait été assez ignorant jus-

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qu'ici pour n'en employer qu'une, et la moins bonne.

Quoi qu'il en soit, en ce qui touche le soin de la beauté, c'est la respiration nasale, naso-buccale, etc., qui pare presque à tout. C'est par cette dernière notamment qu'on entretient la perpétuelle fraîcheur des lèvres. Pour arrondir les joues et les maintenir fermes et rebondies, il faut un exercice particulier d'inspiration et d'expiration imitant la toux, ce qui s'appelle dans la doctrine un rhume factice. Par ce moyen on peut à volonté rétrécir les grandes bouches et amplifier les petites, redresser celles qui sont de travers et obtenir une foule d'autres modifications également agréables. Dans les cas difficiles de l'effacement des rides, il faut à la gymnastique respiratoire joindre la frétillette, qui consiste en une sorte de passe magnétique exercée avec la main sur la partie du visage qu'on veut améliorer. La nasale, le rhume factice et la frétillette suffiront à toutes les indications.

L'auteur a par devers lui, non pas de simples vues spéculatives, mais de nombreuses expériences, et notamment la sienne. De son aveu, il ne passait pas précisément pour beau dans sa jeunesse. A ce propos il relève justement, quoique avec une certaine acrimonie, M. Alphonse Karr, pour avoir dit dans le journal Paris qu'il avait le nez long. 11 ne faut pas, en effet, parler légèrement du nez des gens. Malgré sa position éminente au milieu du visage, qui le met toujours le premier en scène, le nez est d'une extrême susceptibilité. M. Karr a donc eu tort de se permettre des observations sur le nez en question. Du reste, le porteur

du dit nez, qui s'est déjà sensiblement rajeuni par Tusage de la naso-buccale et de la fret Mette, se fait fort de prouver à ce critique qu'il possède aussi Tart de raccourcir cet appendice. Seulement il demande du temps, ce qui est de droit pour une œuvre de cette importance. Il y faudra bien quelques années. Mais à quoi pourrait les mieux employer l'auteur qu'à mettre son nez à l'abri des impertinentes allusions de M. Alphonse Karr?

L'analyse complète de ce livre d'or nous conduirait plus loin que nous ne pouvons aller. Ces indications sommaires suffiront pour donner une idée de l'importance des découvertes qui y sont consignées.

Ce petit volume qui crée une science nouvelle, la Cosmétique, nous suggère une remarque : c'est que nous sommes infiniment plus riches en science que nous n'affectons souvent de le dire. Chaque jour en voit éclore quelqu'une. Combien de fois n'avons -nous pas entendu proclamer l'avènement de la vraie médecine ? Elle a été découverte dans ces derniers trente ans au moins quatre ou cinq fois. Dans un ordre plus relevé encore, les tables parlantes nous révèlent les secrets du monde des esprits. Nous n'en continuons pas moins à répéter que nous ne savons rien ! Ingrats ! Leibnitz avait bien raison de dire : « Les hommes souvent cherchent ce qu'ils savent et ne savent pas ce qu'ils cherchent. »

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