I. Mil A L ACADÉMIE DE MÉDECINE
èrent plus tard les Petits-Augustins, et où l'on voit aujourd'hui l'École des beaux-arts. En HiOO, ils furent transportés dans une autre maison , accompagnée d'un grand jardin, située sur les hauteurs de la butte Taranne, tout auprès d'une chapelle dépendante de S:iint-Sulpice, et qui était dédiée à saint Pierre. Quelques archéologues prétendent que le nom des Saints- Pères, donné à la rue, est une corruption de celui de Saint-Pierre, qui se transforma d'abord en Saint-Père, et enfin en Saints-Pères. Dieu nous garde de les contredire ! Quoi qu'il en soit, cette chapelle fut démolie dès 1616, et les frères hospitaliers en firent bâtir sur leur propre terrain une nouvelle, dont la première pierre fut posée, en cette même année, par Marguerite de Valois. En 1 6v2 1 , elle fut dédiée à saint Jean-Baptiste, et terminée en 1633 par l'architecte de Cotte, qui y ajouta un beau portail, remanié plus tard par l'architecte de l'hôtel des Monnaies, Antoine. Cette petite église était une dépendance de l'hôpital de la Charité, fondé par Marie de Médicis, et dont les frères de Saint- Jean de Dieu furent les premiers et, pendant deux siècles, les seuls desservants. Le principal but de leur ordre étant le soin des malades, leur maison était une infirmerie où ils exerçaient à la fois les fonctions administratives et médicales et celles des sœurs de charité. Des legs et des fondations avaient successivement agrandi les terrains et les salles de l'hôpital, qui comptait près de 250 lits d'hommes seulement, lorsque la révolution éclata.
La révolution détruisit cette institution hospitalière
olO MŒURS MÉD. Kl CRITIQUE MÉDICO-LITTÉRAIRE.
dans son caractère religieux. L'hôpital resta, mais le couvent fut supprimé. Des médecins et des chirurgiens laïques, dont Boyer fut un des premiers, remplacèrent les Frères expulsés. La petite église fut transformée en un amphithéâtre, dans lequel Corvisart inaugura en 1797, avec un éclat extraordinaire, renseignement de la clinique interne, institué sur le modèle de la clinique externe que Desault illustrait déjà à THôtel-Dieu. Un architecte fut chargé d'approprier le local à sa nouvelle destination. Cet architecte était Clavareau, le même qui a élevé le portique de THôtel-Dieu, et qui avait dans ses attributions les hôpitaux de Paris. A cette époque, l'imagination des artistes était, comme celle des politiques, montée sur le ton le plus haut. Les exemples de l'antiquité classique, de la Grèce et de Rome, étaient, dans tous les genres, les types de toute beauté et de toute grandeur. Les femmes s'habillaient à la grecque; les hommes se drapaient de la toge romaine ; l'ordre archaïque de Pœstum était le modèle de tous les édifices; le nu était de rigueur clans les ateliers des peintres et des sculpteurs. Le digne Clavareau partageait cet enthousiasme classique. On ne sera peut-être pas taché de connaître les méditations transcendantes par lesquelles il procéda à son son œuvre. C'est lui-même qui nous initie à la marche de ses idées, dans son Mémoire sur les hôpitaux civils de Paris (1805) :
« Je me suis appliqué, dit-il, à donner à cet établissement, malgré son peu d'étendue, cet aspect monumental que doit avoir tout édifice public. Je me suis