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modelé sur les anciens, et, pénétré du programme que j'avais à remplir, j'ai tâché de donner à la forme même de l'établissement un but moral. J'ai voulu que, parlant à l'imagination des élèves, elle contribuât à augmenter leur studieuse émulation. La lecture de la description que fait Pausanias du temple d'Esculape à Épidaure m'a donné l'idée défaire entendre les leçons d'un nouvel Esculape (Corvisart) dans un temple pareil à celui qui était consacré à ce dieu de la médecine. J'ai donc cherché à ressusciter ce monument antique. Au-dessus de la porte d'entrée, j'ai placé la figure du dieu, comme elle l'était à Épidaure, et dans l'intérieur j'ai retracé tous ses attributs et ceux d'Hygie, sa fille, qu'on adore comme la déesse de la santé (1). Sur les murs de l'amphithéâtre sont gravées des sentences prononcées par les grands maîtres en médecine. Un promenoir qui invite au recueillement conduit à cet amphithéâtre ; il est garni de colonnes sur lesquelles, comme à Épidaure, on pourra inscrire les nouvelles découvertes et les cures extraordinaires. L'élève qui attendra l'arrivée du professeur y trouvera encore un sujet de méditation et d'étude, etc. »
Le citoyen architecte Clavareau, étudiant le plan du temple d'Esculape, à Épidaure, pour construire un petit amphithéâtre destiné à un cours de clinique à Paris ! Quel bon pendant au citoyen législateur Hérault de Séchelles, faisant demander au conservateur
(1) Ceci se rapporte peut-être, au moins en partie, à la staluc d'Esculape, placée maintenant dans le vestibule.
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de la Bibliothèque nationale un exemplaire des lois de Minos, pour rédiger la constitution de la République française une et indivisible !
L'Académie nous saura gré de lui avoir appris,, ce qu'elle ignorait sans doute et ce que, sans nous, elle n'aurait jamais su, qu'elle est logée dans le temple même du dieu de la médecine. Héritière du sacerdoce d'Epidaure, pour parler comme Clavareau, elle a pu se dispenser de faire, en y entrant, les purifications prescrites lorsqu'on transforme un lieu profane en lieu sacré. Sous l'invocation d'Esculape , comme sous celle de Jean-Baptiste, l'édifice où elle siège n'a jamais cessé d'appartenir à la médecine et à ses ministres.
Il convient pourtant de remarquer que YAscélpéion de la rue des Saints-Pères n'est plus tout à fait tel qu'il était à l'époque de sa construction, et qu'il a perdu en partie ce caractère imposant et monumental que lui attribuait l'architecte. Ce long promenoir, orné de colonnes, qui invitait au recueillement et qui n'était que l'avenue ou le vestibule de l'amphithéâtre, est maintenant divisé, par deux cloisons, en trois pièces, dont la première forme l'entrée, la seconde le vestibule ou la salle d'attente, et la troisième la salle des séances ou plutôt la portion de cette salle réservée au public. Cette segmentation a détruit sans remède l'unité architecturale de la Cella, et tout l'effet, d'ailleurs fort problématique, quelle a pu avoir dans son intégrité. A vrai dire, la perte ne doit pas être très-grande sous ce rapport, car le peu de hauteur du plafond, comparât]-
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venient à sa longueur devait le faire paraître trop surbaissé, sans compter que les colonnes ioniques sans base qui le supportent, avec leur chapiteau maigre, écrasé, à volutes rabougries, sont de véritables petits monstres d'architecture.
L'habile architecte (1) qui a été chargé d'approprier ce local au service de l'Académie n'a donc rien gâté en établissant la nouvelle distribution. Il en a tiré tout le parti possible pour la destination, et ce n'est pas sa faute si le résultat ne remplit pas toutes les conditions désirables. Il y a, en effet, dans la disposition du local des séances deux inconvénients également regrettables, le manque d'espace et de lumière, principalement dans la partie de l'enceinte réservée au public. Obligé qu'était l'architecte, pour trouver son compte de places, d'exhausser etd'étager les banquettes, en laissant à droite et à gauche un couloir pour la libre circulation, il en est résulté que les auditeurs se trouvent huches près du plafond, dans une espèce de soupente noire et sombre où ils ne peuvent ni être vus euxmêmes, ni voir quoi que ce soit dans l'intérieur de l'aréopage académique, si ce n'est de temps en temps le président lorsqu'il se lève pour agiter sa sonnette, ou M. Piorry dans quelqu'une des majestueuses apparitions qu'il fait çà et là, à diverses hauteurs, sur l'horizon de l'assemblée.
L'enceinte particulière où sont rangées les stalles des académiciens et au fond de laquelle s'élèvent la
(1) M. Lobas, de l'Institut.