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CLASSIFICATION DES MALADIES. 20S

diathèses sont la partie la plus importante de la pathologie. De près ou de loin, en effet, toutes les maladies sont diathésiques ou, comme il vaudrait mieux dire, spécifiques-, spécifiques, en ce sens qu'étant la résultante de causes déterminées ayant chacune une sphère et un mode d'action propres dans l'organisme, elles ont toutes une caractéristique spéciale, une physionomie sui generis, qui est la manifestation extérieure de la virtualité interne de la cause. C'est cette détermination spéciale, cette forme particulière de l'acte morbide qui constituent ce que les anciens appelaient la nature essentielle de la maladie.

La doctrine pathologique de M. Piorry repose, comme celle deBroussais, son maître, sur cettedouble méprise.

Une des conséquences les plus singulières de cette singulière théorie, c'estqu'elle-rendrait impossible toute Nosologie et toute Nosographie. Si, en effet, il n'y a pas des maladies, c'est-à-dire des espèces morbides, mais seulement des malades, il n'y a plus lieu à aucune classification, car toute classification, scientifique ou non scientifique, repose sur la notion d'Espèce et de Genre, l'espèce étant formée par ce qu'il y a de commun entre les individus, le genre parce qu'il y a de commun entre les espèces. Aussi M. Piorry, qui ne manque pas d'une certaine logique, a essayé de se passer, en apparence au moins, de toute classification nosologique, en composant son grand traité d'Iatrie d'un certain nombre de monographies isolées, mises bout à bout, contenant chacune d'autres monographies plus petites, et celles-ci d'autres plus exiguës encore, eteonfir-

niant ainsi, à un degré qu'on ne saurait imaginer, la vérité de l'adage scolastique : confusum est quidquid in pulverem sectum est. Mais quelque peine qu'il se soit donnée pour cela, il lui a fallu rentrer, bon gré, malgré, dans le vieux cadre nosologique qu'il voulait briser. Il a, comme ses prédécesseurs, institué des genres et des espèces de maladies, et en a fait la classification. Il n'y a pas, en effet, il ne saurait y avoir de pathologie sans nosologie et sans nosographie. La pathologie définit, dénomme les maladies, la nosologie les classe conformément aux définitions. Ce sont là deux opérations corrélatives de la connaissance et de l'exposition scientifiques. Aussi, malgré le discrédit dont furent frappés, pendant le règne de la doctrine Physiologique, les travaux nosographiques de Pinel et de son école, la nécessité impérieuse d'une méthodisation nosologique se fit bientôt sentir ; et les disciples les plus fidèles de Broussais s'occupèrent de remplir, dans l'intérêt même delà nouvelle doctrine, la lacune faite et laissée par leur maître. Boisseau publia en 1828 une Nosographie organique, et M. Bouillaud, en 1846, une Nosographie médicale. La Pathologie iatrique de M. Piorry est encore une espèce de nosographie, beaucoup plus organique que celle de M. Boisseau, moins médicale que celle de M. Bouillaud, mais toujours dans l'esprit de la médecine Physiologique. Il paraît par là que M. Piorry n'est pas tout à fait parvenu à se défaire des unités ou espèces morbides. Ses étals organo-pathiques ne sont que des Entités anatomiques substituées à des Entités symptomatiques, étioIogïques,diathésiques, etc., etdansleur groupement

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