LA VRAIE MÉDECINE DÉCOUVERTE. 29W
théorie des compensations a fait le tour du monde, et son explication universelle est, comme l'indique le titre, X alpha et V oméga du savoir humain et divin. La vraie médecine n'est qu'un fragment assez mince d'une synthèse qui embrasse tout, un ramuscule du plus grand arbre scientifique qui ait jamais été planté, mais il est pour nous d'une importance capitale.
Cette découverte, toute merveilleuse qu'elle puisse paraître à notre science routinière, est pourtant une chose fort simple et qui n'a pas dû coûter beaucoup à son auteur. Elle n'est qu'une conséquence de la découverte fondamentale de la vérité première, de la science absolue. La science universelle contient nécessairement toutes les sciences particulières ; qui a le plus a le moins, et quand on sait tout on sait aussi la médecine, car qui dit tout n'excepte rien. Or, telle est précisément la science de M. Azaïs. Sa doctrine n'est rien moins que la solution du problème du monde ; elle donne le dernier pourquoi et le dernier comment de toutes choses, à peu près comme Dieu pourrait le faire, s'il voulait bien nous communiquer son secret. Au reste, M. Azaïs n'est pas le seul philosophe de nos jours en possession de l'omniscience. La plupart des philosophes allemands croiraient ne rien savoir sur rien, s'ils ne savaient tout sur tout. Ils dédaignent ces prétendues sciences qui se bornent à compter, à comparer, à décrire, à classer, sous le ridicule nom de faits, toutes les apparences phénoménales qui passent comme des ombres devant les yeux de l'esprit et du corps, prétendant qu'il ne peut résulter de ces énumérations et
descriptions qu'une vaine et insignifiante fantasmagorie; Us pensent — et en ceci ils n'ont peut-être pas tout à fait tort— que pour mesurer une chaîne il faut en tenir les deux bouts. Il n'y a donc, selon eux, d'autre vérité que la vérité absolue; et cette vérité absolue est l'objet propre delà Raison; car la raison humaine étant identique à la raison divine , elle peut connaître toutes choses d'une connaissance parfaite et adéquate. Toute philosophie digne de ce nom doit être une explication absolue et universelle. Nous avons déjà un assez bon nombre de ces explications, qu'on appelle en allemand des Constructions. On peut, par conséquent, choisir.
Il est évident que ces philosophies, étant la science absolue, doivent donner la clef de toutes les sciences particulières. Il serait contradictoire qu'on sût, par exemple, ce que représentent les mots : esprit, Dieu, matière, espace, existence, et qu'on ignorât ce qu'est la fièvre; qu'on expliquât la création, et qu'on ne pût expliquer le rhumatisme; qu'on connût très-distinctement les vrais rapports existant entre Dieu, la nature et l'homme, et qu'on ignorât les fonctions de la rate; qu'on pût enfin répondre pertinemment à cette question : Pourquoi y a-t-il quelque chose? et qu'on restât court pour celle-ci : Qu'est-ce que la gale?
Ces philosophes ne s'expliquent pas toujours suffisamment sur ces menus détails, qu'il serait pourtant si utile de connaître. Ils se contentent de poser quelques prémisses fondamentales dont ils laissent à d'autres le soin de poursuivre les conséquences. C'est là d'ordinaire l'affaire des disciples qui, par malheur, soit faute