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MISSION SOCIALE DE LA MÉDECINE ET DD MÉDECIN

tique. On ne réclame que contre certains préjugés qui compromettent à la fois les vrais progrès de la médecine, et l'esprit d'égalité et de confraternité dans la famille médicale. Enfin, tout en croyant, avec Stahl, et à peu près par les mêmes raisons, qu'il y aurait quelques aliéna a re medica arcenda (1) nous croyons aussi que le vrai et accompli médecin est celui qui a été très-heureusement défini, nous ne nous souvenons plus par qui : Virprobus et doctus, medendi péri tus.

§ xiii.

Mission sociale de la médecine et du médecin.

Une des tendances les plus évidentes de l'esprit moderne dans le gouvernement et l'administration des États est le soin de la vie et de la santé des hommes. L'Hygiène, entendue dans un sens large, comme la recherche et l'application raisonnées de tout ce qui peut améliorer la condition organique de l'humanité, paraît devenir peu à peu le point central de la science politique et sociale.

C'est vers la dernière moitié du xvme siècle que cette pensée, éminemment humaine, apparut d'une manière vive et claire à la conscience des hommes d'Etat, et commença à manifester son influence dans les lois et les institutions publiques. Elle amena tout

(1) « Quoniam non solum medicam doctrinam morentur, turbent, fallant; sed etiam aliéna ab ipsavcrilate el usu practico animis objiciant. » (Par.esesis ad aliéna a medica doctrina arcendum. dans la Theoria medica vera, édit. de Choulant. Leipsick, 1831, in-1?, t. 1, p. 53.)

d'abord la suppression de la torture et des châtiments corporels, et d'importantes réformes dans le régime des prisons, des hôpitaux, des armées, des cimetières. Proclamée, prêchée par les philosophes, elle prit un nom philosophique, la philanthropie. On l'appelait avant d'un nom plus doux, la Charité. La philanthropie est toujours, dans son essence, la charité, mais la charité devenue le mobile supérieur de la législation et du gouvernement; elle est toujours une vertu, mais en même temps une maxime sociale et, dans son exercice public, une science.

La philosophie politique moderne est, en ceci, pleinement d'accord avec la Religion ; elle a le même but et part des mêmes principes. Sur quoi se fonde, en effet, le devoir imposé par la loi religieuse d'aimer tous les hommes indistinctement et de les traiter comme soi-même ? Sur leur parfaite égalité devant Dieu dont ils sont tous les enfants. La philosophie invoque également l'identité de nature physique et morale, qui les rend tous, en tant que membres de l'humanité, participants aux mêmes droits et aux mêmes devoirs et les fait égaux devant la loi naturelle et la justice. Dans les deux formules, c'est l'égalité d'essence qui est la base de l'égalité des droits et du précepte d'amour.

Mais cette loi d'amour et de justice, qu'on l'appelle charité ou philanthropie, qui prescrit aux hommes de s'aimer les uns les autres, de se traiter en frères, de se faire mutuellement le moins de mal et le plus de bien possible, n'a pas toujours été reconnue dans les sociétés humaines. Fondée sur l'idée de L'égalité native

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