‹ La médecine et les médecinsChapitre 30 sur 35 · UNITÉ KT SIMPLICITÉ ORGANIQUES · texte numérisé non relu

UNITÉ KT SIMPLICITÉ ORGANIQUES

de la même vie, accomplissent la même œuvre et par les mêmes moyens. Aussi est-ce dans ces catégories inférieures qu'on trouve le plus d'espèces réunies en

agglomérations, qui simulent la vie en commun des espèces plus élevées, mais qui n'ont en réalité, sauf la circonstance de la cohabitation, aucun des caractères de la socialité. Dans les classes supérieures, les intérêts et les instincts s'isolent davantage, et les individus, quoique toujours liés à l'existence commune par des impulsions et des actes uniformes, vivent un peu plus pour leur propre compte. On voit poindre chez eux quelques degrés de personnalité et de liberté. Le sentiment de la propriété, de famille, le mariage apparaissent, et la vie grégeaire devient une société. Avec les différences individuelles se manifestent les inégalités, et avec les inégalités l'antagonisme, la guerre. C'est dans la race humaine que cette émancipation des individus se produit dans toute sa plénitude; dans aucune le type de l'espèce ne se réalise en variétés si nombreuses, en inégalités si tranchées; nulle part l'activité spontanée de chaque être ne se déploie en autant de directions. Cette activité n'étant plus, chez l'homme, soumise à l'empire exclusif des besoins matériels, ni restreinte par conséquent à des conditions d'exercice extrêmement bornées, mais guidée par un principe idéal, universel et indépendant, la raison, elle peut s'appliquer à une multitude de fins, et s'appelle dès lors par excellence la liberté. La liberté est l'expression la plus haute de la personnalité , qui est ellemême le type suprême de V individualité. En ou-

tre, si l'exercice de la liberté suppose la diversité des fins, la diversité des fins implique la variété des moyens, et celle-ci la multiplicité des puissances, c'està-dire des facultés organiques et psychiques. Le degré de liberté, — et par suite le degré de perfection de l'être, — peut ainsi, jusqu'à un certain point, être expérimentalement mesuré par l'étendue et le nombre des manifestations. Cette gradation peut être suivie dans le minéral (affinité, cristallisation, etc.) ; dans le végétal (nutrition, reproduction, etc.) ; dans l'animal (sensation, passion, locomotion, etc.); dans l'homme (raison, société, religion, art, etc.). L'organisme humain est par cette raison le plus souple, le plus flexible vitalement, comme il est matériellement le plus composé. Cette souplesse organique est une sorte de liberté vitale auxiliaire de la liberté morale, comme condition de son exercice. L'homme peut, plus que tout autre animal, modifier profondément la vitalité, la puissance, les fonctions de ses organes, et les rendre par l'éducation et l'habitude propres à toutes sortes de fins; il est, de tous les êtres vivants, le plus éducable physiquement et moralement. De là, dans l'espèce humaine, les infinies variétés et inégalités organiques et psychiques des races, des peuples et des individus.

C'est une grande difficulté en zoologie que la détermination des caractères spécifiques des êtres. On s'est adressé à tous les organes, à toutes les fonctions,

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