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LA PHYSIONOMIE, CARACTÈRE ZOOLOGIQUE. H'M

à tontes les particularités des formes extérieures et de la structure intérieure, au nombre et à la disposition des parties, toujours enfin et presque exclusivement à l'anatomie. Ne devrait-on pas aussi prendre en considération les attributs psychologiques? L'animal n'est, à tous les degrés, qu'une activité spirituelle déterminée; il est, à tous les degrés, dans des proportions définies, sensibilité, intelligence, volonté. Les organismes ne sont que des déterminations diverses du principe psychique. Si donc Y animal n'est, suivant l'étymologie et la vérité, qu'une âme, une essence psychique manifestée et en acte, e'est par les caractères spéciaux de cette activité que doit se révéler l'identité ou la diversité spécifiques des êtres. Or ces caractères s'expriment par la physionomie.

La physionomie, prise dans sa plus large signification, comme la manifestation extérieure de l'intérieur par l'habitude du corps, en repos ou en mouvement, par l'attitude, l'allure, la voix, la configuration générale, etc., est l'expression de la vie propre, individuelle, incommunicable de l'être. Elle représenle ainsi ce qu'il y a de plus intime, de plus primitif, de plus fondamental dans la structure anatomique, qui n'est que la réalisation plastique du type vital. La physionomie pourrait donc, ce semble, en beaucoup de cas, fournir, pour la détermination des genres, espèces et races, des éléments de caractérisation plus sûrs que les considérations de pure anatomie. Quoi de plus différent extérieurement que les races de chiens, un lévrier, un barbet, un boule-dogue? quoi

cependant de plus immédiatement saisissable que l'identité spécifique des individus appartenant à ces variétés ? L'enfant même la reconnaît et l'affirme sans hésiter. Et de même qu'on affirme au premier coup d'œil l'identité d'êtres très-dissemblables extérieurement, comme les chiens ou les singes de toutes races, on distingue, on différencie aussi, etavecla même sûreté, les espèces les plus voisines anatomiquement, celles mêmes dont la différence est zoologiquement à peu près inassignable, par exemple, le loup et le chien, l'âne et le cheval. Dans l'espèce humaine les diversités typiques de race, de nation, se révèlent avec la même instantanéité, la même évidence, par l'expression physionomique. La physionomie est comme l'accent dans la parole; elle est dans les êtres vivants ce qu'est dans les œuvres de l'art le style, la manière ; elle exprime l'essence de l'être et la rend perceptible par une intuition immédiate.

Et il ne faut pas croire que les classifications scientifiques, si laborieusement obtenues par l'analyse minutieuse des caractères anatomiques^ soient plus naturelles , c'est-à-dire expriment mieux les rapports véritablement essentiels des êtres, que les classifications faites de première vue par l'observation vulgaire et consacrées dans la langue commune. Loin de là, on serait autorisé à tenir pour suspecte toute détermination zoologique qui serait en contradiction formelle avec l'observation populaire, lorsque celle-ci estunivoque; et elle l'est presque toujours. Ce qui dans toute langue a un nom différent ne saurait être absolument identî-

que et réciproquement ee qui porte un nom commun ne saurait rire essentiellement différent. La Zooclassie

savante ne doit pas légèrement contredire ces méthodes véritablement naturelles. Elle doit au contraire les consulter avec confiance, au moins comme contrôle de ses propres déterminations.

A la vérité, le caractère physiognomonique n'a de valeur que dans les espèces supérieures. 11 s'obscurcit et s'efface même complètement lorsqu'on approche des derniers degrés de l'échelle animale. A mesure que le type psycho-vital s'appauvrit et se dégrade, l'organisation matérielle, empreinte fidèle du principe intérieur, n'a plus pour nous d'expression intelligible. Mais c'est aussi dans ces catégories inférieures de l'animalité que les classifications scientifiques rencontrent le plus de difficultés, et n'arrivent qu'à des résultats incertains et précaires.

Un des livres les plus instructifs, les plus intéressants par la matière et par la forme, qui aient paru dans ces derniers temps, est celui de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (I). Cet ouvrage, où sont traitées les plus hautes questions de la philosophie naturelle, se compose de deux parties distinctes, d'une partie historique et d'une partie dogmatique. Dans la première, l'auteur

(I) Essais de zoologie générale ou mémoires et notices sur

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