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on fait boire de l’eau de telle fontaine. Il faut des bains pour les entorses, des infusions de thé pour le coryza. Le remède souverain des douleurs d’entrailles consiste à avaler une pincée de la cendre du papier doré qu’on fait brüler devant l’autel des défunts.
La Médecine du Tao-Kiao. — Le Tao-Kiao fut fondé vers l’an mil avant notre ère par Le philosophe Lao-Tsé. La doctrine enfonce ses racines profondément dans le terrain de la métaphysique et fleurit en pleine abstraction. Son ensemble est assez difficile à saisir à travers les paraboles, les symboles qui l’habillent; d'autant plus qu'elle s’est contrefaite en évo- * luant dans l'esprit des disciples du maître et a donné naissance à une multitude de schismes. Lao-Tsé semble avoir proclamé l’identité éternelle de l'esprit et de lamatière; mais son matérialisme, ressemblant en cela au matérialisme des théologiens de la kabbale juive, est en quelque sorte un matérialisme-spiritualiste et entraîne le raisonnement jusqu'aux limites les plus lointaines de l’abstrait. On trouve la raison de toute chose dans le Tao (la voie). Qu’est-ce que ce Tao? Une entité mystérieuse de laquelle tout émane. Le Tao est antérieur à toute chose. C’est la loi primordiale qui préside aux destinées de l'Ame- Matière, quelque chose comme l’Inconnaissable, le dieu impersonnel et sans conscience, l’Aëïn-aïn des théologiens juifs, le néant du néant qui est en même temps l'être de l'être, ce qui ne peut s’exprimer. C’est le Tao qui dirige les créatures, qui les pousse et qui régit les lois de leur évolution dont il est le
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principe même. Il faut se conformer à lui, le suivre comme le seul législateur de la vie universelle et arriver par la plus absolue des obéissances à identifier son activité propre à celle de l’immense matière. À quoi bon savoir? La science n’est qu’un moyen de domination et le bonheur est dans lignorance. L'homme n’est rien, il doit faire abstraction de son moi et confondre sa personnalitéjavec les loisimmuables. Ne pas agir, ne pas savoir, être humble; voilà la morale du Tao-Kiao.
D'une telle doctrine ne devait sortiraucune science. Cependant le besoin inné de connaissances et l’effroi du mystère tirèrent les disciples de Lao-Tsé de leur sainte immobilité pour les jeter à corps perdu dans l’astrologie, dans l’alchimie et dans la magie. Comment pénétrer les obscurs desseins du Tao? Ils levèrent la tête vers le ciel limpide d'Orient où les astres traçaient delumineux caractères et crurent, dans leur soif d'espoir, que les étoiles étaient un mystérieux alphabet au moyen duquel linfini se plaisait à inscrire ses arrêts; et ils s’acharnèrent à chercher le sens des constellations. D’autres voulurent trouver le Tao dans les minéraux et dans les plantes et suivre à travers les substances les transformations multiples de la primordiale matière. L’astrologie et l’alchimie étaient inventées. Leur médecine fut donc astrologique et alchimique. Des formules souveraines sont écrites dans les signes du ciel. Les astrologues proclamaient l’efficacité des astres. On exposait les malades aux rayons hienfaisants du $oir, à Ja transparence bleue des nuits claires. On leur faisait
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boire l’eau sacrée qui avait reflété la lune un jour d’éclipse ou celle où le soleil avait trempé ses crins d’or. Les alchimistes cherchaient des panacées merveilleuses. Ils inventèrent une foule de poudres, de’ breuvages et d’onguents. Est-ce que leurs efforts n’aboutirent jamais à la découverte de spécifiques réels? Ilsemble qu’ils durent connaître les propriétés du mercure et qu’ils se servirent de ses composés contre la syphilis.
Derrière les astrologues et les alchimistes apparurent une foule de thérapeutes, de sorciers, qui prétendirent guérir les malades au nom de l’absolu.
La Médecine du Fo-Kiao. — Le Fo-Kiao ou religion de Fo n’est autre que le bouddhisme chinois. L’importation du bouddhisme se fit très lentement en Chine. Les premiers pèlerins bouddhistes y pénétrèrent en 300 avant notre ère. Quatre cents ans plus tard la religion nouvelle fut officiellement reconnue par l’empereur Ming-ti, qui envoya aux Indes une ambassade qui revint au bout de quatre ans, accompagnée d’un prêtre et apportant une statue de Bouddha et un livre sacré. A partir de cette époque de nombreux voyageurs pèlerinèrent à la recherche des
livres saints, La collection n’en fut complète qu’en
1410. Les ouvrages de Sucrura pénétrèrent en Chine à la faveur de ces recherches vers 381, date à laquelle le moine Houeïi-Youex fonda le monastère de Lou-Chan et fit venir de l’Inde des savants et des livres. Ce n’est qu’à partir de cette époque que les Chinois possèdent une science médicale; et encore fut-elle laissée tout entière entre les mains des