‹ La Médecine et les ReligionsChapitre 17 sur 67 · HET PE · texte numérisé non relu

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Le bouddhisme chinois diffère peu du bouddhisme indou et thibétain. Fo, c’est Bouddha en robe de mandarin ; nous allons brièvement résumer ce qu’il enseigne à ses fidèles pour voir quelles doctrines biologiques en découlent. Quatre vérités primordiales existent : la douleur, sa cause, la voie qui mêne à sa suppression, Sa suppression.

Qu'est-ce que la douleur ? La douleur, c’est la vie, la transmigration, le Karma des Indous, le roulement perpétuel de lâme à travers les existences, la nécessité de vivre et de mourir.

Quelle est la cause de la douleur? Elle est multiple et porte douze noms différents. Elle s’appelle : ignorance, imagination; conscience, forme, désir, passion, existence, naissance, vieillesse, mort, sensation,attachement. Par quelle voie lui échappe-t-on ? Par la science. La nature a donné à l’homme les moyens et les instruments pour acquérircettescience. Les moyens sont l’extase, l'héroïsme, l’affection,l’investigation ; les instruments sont les cinq sens, la parole et la mémoire. Celui qui sait se servir de ces moyens et de ces instruments arrive au Bodhi, à l'intelligence parfaite. Il sait, il a détruit la douleur et son âme échappe à la loi des transmigrations, il est amagami (celui qui ne reviendra pas).

De cette doctrine philosophique devait naître une doctrine biologique humorale. Pour posséder l’intégrité des moyens et l'intégrité des instruments, l’homme doit maintenir son corps dans un équilibre parfait. Cinq éléments simples composent toute matière : le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau. Ils

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s’engendrent les uns les autres, se combinent pour former les corps. Ces cinq éléments sont susceptibles de deux qualités : le yang, le sec ; et le yin, l’humide. Ces deux principes sont charriés à travers les organes par le sang et l’air vital qui est renouvelé par la respiration. La vie résulte de leur proportion et la maladie est une rupture de leur équilibre. Il faut veiller au maintien de cet équilibre qui assure le bon fonctionnement des moyens et des instruments nécessaires à la connaissance. C’est là l'affaire de la thérapeutique.

Le grand élément de diagnostic réside dans l’examen du pouls qui est formé par les ondulations de Pair et du sang. Un docteur chinois doit savoir distinguer deux cents variétés de pulsations qui le renseignent infailliblement sur le lieu, la nature et la gravité de la maladie.

La matière médicale ne contient pas moins de mille cent substances empruntées pour la plupart aux trois règnes. Bien entendu l’administration d’un médicament doit être accompagnée de prières. Nous retrouvons enChinela coutume thibétaine des noms de drogues écrits sur un papier qu’on avale. Ici on a même perfectionné le système ; car on fait prendre ainsi aux malades des formules sacrées et des invocations adressées aux dieux.

La chirurgie est nulle,car l'anatomie, proscrite par les préceptes religieux, est inconnue. Pas moyen de disséquer dans un pays où le culte de la piété filiale est tellement répandu que le viol d’un cimetière dans un terrain concédé pour la construction d’une

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voie ferrée, autorisée par les mandarins,a suffi pour réveiller le fanâtisme du peuple et allumer une guerre sanglante. Les médecins chinois se contentent donc encore sur ce sujet de descriptions légendaires faites 1] y a deux mille ans. Mais leurs croyances biologiques ont donné naissance à l’acupuncture, dont nous devons dire quelques mots. Ce procédé consiste à enfoncer dans les tissus des aiguilles métalliques qui doivent faciliter les vibrations de l'air et du sang et,par là même, rétablir l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement des organes. Ces aiguilles sont en or, en argent, en acier, en cuivre, en platine, etc. A chaque mal son métal.Il y a sur le corps troiscent quatre-vingt-huit points d'élection pour leur implantation. Quelques maladies exigent jusqu’à vingt-neuf aiguilles !

La Médecine chinoise actuelle. — Nous avons vu jusqu'ici l’excellence de la médecine bouddhique, en comparaison avec la médecine du Jou-Kiao et du Tao-Kiao. Malheureusement le progrès en a été rétrograde. Petit à petit, les doctrines se sont plus ou moins fondues ; les rites se sont mélangés. Les bonzes actuels semblent ne plus se souvenir que la science est le seul moyen d'échapper à la douleur. Ils ont adopté les pratiques magiques de leurs confrères des deux autres religions, et ont abandonné la tradition. Les facultés ont disparu, avec elles les hôpitaux. La mauvaise herbe a envahi les jardins botaniques. Maintenant la profession médicale est entièrement libre; la seule école de Pékin est réservée à la formation des médecins de la cour. Dans les

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