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II. — Remède qui détruit les boutons

Semis de bœuf et miel. Faire manger durant quatre jours.

La deuxième partie de l'ouvrage a pour titre : « Commencement du traité pour faire abattre lin-

flammation, trouvé en écrit dans un coffre sous les pieds d’Anubis, à Soklem, au temps du roi Ménès le Juste; après qu'il eut succombé, il passa au roi Snat le juste qui l’acheva, »

C’est de ce traité que nous avons extrait la nomenclature des vaisseaux cités plus haut. Il contient aussi plusieurs formules contre les douleurs d’entrailles et un catalogue de purgatifs, ainsi que les multiples façons de préparer un clystère.

A la suite des formules médicales, il y a une formule mystique que le malade devait prononcer en prenant le remède : « Lève-toi, bien permanent à jamais, détruisant {out mal devant toi. Ton œil est ouvert par Ptah; ta bouche ouverte par Sakri. Par le livre puissant où le Paut-to a montré lesremèdes, par Isis la divine, que soient détruits les germes mortels qui sont dans les membres d’un tel fils d’une telle .»

Une autre formule doit ètre récitée par celui qui prépare la drogue pendant qu'il broie les mélanges. Celle-ci s'adresse encore à la divine Isis et à Horus, principe de tous les biens.

La troisième partie du papyrus de Berlin est un traité de gynécologie. On y trouve des descriptions du prolapsus, des huit écoulements, des troubles menstruels et des moyens pour y remédier dont plusieurs sont encore en usage, tels que les injections chaudes et les tamponnements; on y trouve aussi des formules bizarres pour reconnaître la grossesse. En voici une quia la réputation d’être infaillible : «Herbe de taureaux pilée en vase clos avec le lait d’une

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femme accouchée d’un enfant mâle. On fait manger cela à la femme, si elle vomit, elle enfantera. Si elle a des borborygmes, elle n’enfantera pas. »

Cette autre est non moins extraordinaire : « La femme arrose de son urine du blé et de l'orge qu’elle met dans deux sacs. S'ils germent, elle enfantera. Si le blé germe, elle enfantera d’un enfant mâle. Si l'orge germe, elle accouchera d’une fille. »

Le papyrus Ebers est le plus considérable. Il n’a pas moins de 110 pages. Erers l’a lui-même admirablement étudié et la traduction nouvelle du Docteur Joacam l’a rendu accessible à tous. Il contient de nombreux petits traités dont plusieurs remontent à 1500 avant Jésus-Christ.

Il débute par une invocation où est résumée toute l'histoire symbolique d’Horus, principe de conservation, et de Set, principe destructeur : « Venez, remèdes, venez, détruisez toute chose nuisible dans mon cœur! Que la formule magique soit forte par les remèdes! Que les remèdes soient forts par la formule magique. Ne te souvient-il pas qu'Horus a été emporté avec Set aux grandes salles d'Héliopolis, quand les testicules de Set furent épargnés et qu'Horus redevint vigoureux comme il était sur la terre et qu'il fait tout ce qu’il veut comme les dieux avec lesquels il réside. Cela se dit avant de boire les remèdes et est excellent des millions de fois. » — Ensuite viennent des formules médicales pour les maladies les plus diverses : maladies du ventre, du fondement, de l'estomac, des bronches, du cœur, de la vessie, de la poitrine, de la tête, du visage, de la chevelure, des

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yeux, des oreilles, du nez, de la langue, des dents, des membres, des vaisseaux, de la peau, de la chair, puis des topiques pour les At pour les blessures, pour les brûlures.

Le chapitre qui concerne les maladies des yeux est un véritable traité. On y trouve des remèdes pour la conjonctivite, la kératite, les hémorragies du globe, les ecchymoses péri-oculaires. On a même voulu y voir une indication de l'opération de la cataracte, Toutes les maladies oculaires sont traitées par des collyres, des pommades et des onguents ayant toujours pour base des substances minérales.

Comme le papyrus de Berlin, le papyrus d'Ebers contient un chapitre relatif aux maladies des femmes. On y trouve des moyens pour rendre les femmes propres à la conception, l'indication des précautions à prendre pour prévenir la chute du germe et des manœuvres à faire pour favoriser l’expulsion du fœtus. À noter une curieuse façon de s’assürer de la viabilité de l'enfant : « S'il crie ÆVo, il vivra; s’il crie Ba, il doit mourir. »

Un chapitre traite de la parfumerie et un autre des morsures d'insectes et de serpents. Enfin le dernier s'adresse plus particulièrement aux sorciers, amateurs de sombres et haineuses besognes; on y trouve une foule de formules nuisibles ; la façon d'envenimer les plaies, de rendre chauve, de faire mourir d’une maladie de langueur. C’est une sorte de vademecum de la magie noire, une arme entre les mains des méchants, aussi est-il écrit sous l'invocation des divinités mauvaises et en termes assez mys-

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térieux pour n’être point compris des ignorants.

Nous venons de voir rapidement les trois papyrus que nous possédons ayant trait à l’art médical. Nulle opération chirurgicale n’y est mentionnée ; est-ce à dire que les Egyptiens n’avaient point de chirurgie? Aucun ouvrage traitant ce sujet n’a été découvert; mais on sait cependant que les prêtres pharaoniques pratiquaient des opérations. Les archéologues ont trouvé de de nombreux instruments dansles ruines des temples. Un grandnombre de momies avaient été castrées, presque ‘toutes circoncises. Quelquesunes portent des traces d'anciennes fractures méthodiquement réduites. Bien plus, Larrey assure avoir acquis les preuves que les médecins de la vieille Egypte ne reculaient pas devant les amputations.

Matière médicale. — La matière médicale égyptienne est assez riche. Les papyrus que nous avons analysés dans les pages précédentes ne mentionnent pas moins de sept cents remèdes. De nombreux savants ont réussi à les identifier ; Loret en donne une liste à peu près complète. Les plus employés étaient le miel, le lait de vache, d’ânesse, de femme, le sang, le vin, l'huile, la bière d’orge, le vin de palme.

Le sang humain étaitun contre-poison.Une pierre, le lapis memphite, servait à insensibiliser. On employait la racine de grenadier comme tænifuge. La cendre d’ébène entrait dans la composition des collyres. L’ache, le styrax, le ricin, la coriandre, le raifort élaient communément employés. Il serait fastidieux d’énumérer plus longuement les substances

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pharmacologiques en usage dans les pharmacies des temples d'Egypte. Comme dans l’Indect en Chine, les jardins botaniques entouraient les temples; et en soigner les plates-bandes était un des exercices rituels du culte.

Ces remèdes étaient en grande vénération, car le dieu Thot lui-même en avait révélé les principes aux hommes. Les procédés d'administration étaient aussi d’origine divine, témoin cette curieuse légende sur la découverte des lavements. Un jour le dieu vint sur les bords du Nil sous sa forme d’Ibis. Les prêtres virent l’oiseau prendre de l’eau dans son bec et, tournant le cou, s’introduire cette eau dans lP’anus. Ils comprirent que c'était là un enseignement précieux. C’est depuis ce jour que les hommes savent s’administrer des clystères; seulement ils ont perfectionné le mode opératoire. L'histoire est un peu vulgaire, qu’on me la pardonne, car je la raconte encore moins crûment que les scribes égyptiens. Divins aussi sont les livres. Nous avons vu comment la deuxième partie du papyrus de Berlin fut miraculeusement trouvée entre les pieds d’Anubis, dans le temple de Soklem. Un autre fut dicté par Imhotpou, l’Esculape égyptien, un autre apparut tout d’un coup, auréolé d’un rayon de lune, à un prêtre de l'Isis de Coptos. Quelques-uns étaient l’œuvre des Pharaons. Manethon nous'apprend que Teti, fils de Mènes, écrivit un cours d'anatomie et que Tosorthos, successeur de Néchérophès, un des rois de la III° dynastie, employait ses loisirs à dicter un traité de médecine,

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