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Enseignement et exercice de la médecine. — Nous savons déjà que la profession médicale était exclusivement réservée à la classe sacerdotale ;1l nous reste à établir comment s’en pratiquait l’enseignement et quelle était la situation des praticiens.
À chaque grandtemple étaient annexées des écoles où on enseignait aux lévites les matières contenues dans les 42 livres hermétiques. Les chaires correspondaient; l’une à la théologie, une autre aux mathématiques,une autre à l’art d’écrire,une autre à la géométrie, une à l’astronomie, enfin une à la médecine. Les plus célèbres de ces écoles furent à Memphis, à Thèbes, à Saïs et à Chennu. La règle en était extrêmement sévère. Les étudiants se préparaient à leur sacerdoce par la pénitence, par le silence et la chasteté. Cloîtrés derrière les lourdes portes du sanctuaire, vouésà la vie monotone des longues galeries souterraines et des jardins clos, ils ne sortaient jamais. La moindre faute contre cette discipline était très durement punie et les fautes graves entrainaient même la peine de mort.
À jours fixes, les malades pauvres venaient au temple où était installée une clinique gratuite. C’est là que ces jeunes gens apprenaient la pratique de leur art. C’est sans doute là où ils s’exerçaient aux opérations chirurgicales. Les nombreux instruments que les archéologues ont découverts à Memphis et à Thèbes devaient appartenir à ces cliniques.
Les études duraient plus ou moins longtemps, en raison directe de l'intelligence et surtout de la ferveur mystique du sujet. Quand ses maîtres l’avaient
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jugé digne de la suprème initiation, il prononçait un serment solennel où il s’engageait à ne rien révéler aux profanes des arcanes de sa science; puis on le soumettait à quatre épreuves : l'épreuve de l’eau, l'épreuve de la terre, l’épreuve du feu et l'épreuve de Pair. S'il en sortait triomphant, il était capable de dompter les quatre éléments et rien ne s’opposait plus à ce qu’il exerce pour son propre compte. Il est assez curieux de constater que ces quatre épreuves ont persisté à travers les âges et que nous les retrouvons, mais dégagées de tout risque et réduites à l’état de symbole, chez les kabbalistes et chez les alchimistes du moyen-âge. En Egypte, elles avaient un caractère terrible et il fallait vraiment avoir la foi et du courage pour s’y soumettre. Il serait trop long de raconter ici en quoi elles consistaient; qu'il nous suffise de dire que le héros entrait véritablement en lutte avec les éléments qu’il lui fallait dompter. Les hésitants, les timides et les poltrons y récoltaient infailliblement la mort.
Le médecin qui sortait des écoles sacerdotales était un personnage. Il faisait partie du haut clergé, pouvait porter la coiffure d’Osiris et le manteau blanc des sages. Les soins qu’il donnait étaient onéreux et tout le monde ne pouvait pas le faire venir à son chevet. Les gens de la classe moyenne se contentaient des prêtres de la déesse Sekhet, sorte de rebouteurs recrutés parmi les membres du clergé inférieur et jugés indignes d’étudier la science divine des livres ; mais quiavaient acquis une certaine compétence par une longue pratique. Dans les campa-