CHAPITRE X
La Médecine rituelle des Romains.
Les Romains n’eurent pas l’unité de caractère des Grecs. L'empire romain fut composé des peuples les plus divers, les plus dissemblables, les plus opposés. Une poignée de vainqueurs et une foule de vaincus ne pouvaient donner une nation homogène. La bourgade dont Romulus avait tracé l'enceinte avec un soc de charrue s’agrandit par des larcins successifs ; elle édifia sa gloire sur un monceau de ruines. Donc sa médecine, comme sa philosophie,comme son art, ne fut pas personnelle ; elle emprunta ses dogmes et ses procédés à des sources diverses, elle procéda par plagiats; pour en tracer l’histoire, il nous faudra suivre les rois, la république et les empereurs à travers leurs conquêtes.
Soldats et marchands, les Romains furent réfractaires à toute spéculation de l'esprit. La métaphysique leur fui étrangère. Leur philosophie se cantonna dans les bornes de la morale, leur religion ne s’embarrassa pas de mystères cachés et de symboles, leur médecine ne dogmatisa jamais et restera empirique.
BRuzON
La Médecine puise ses origines dans la mythologie des Etrusques et des Sabins. — Il faut chercher ses éléments primordiaux chez les Etrusques et chez les Sabins, les premiers vaincus. Elle est alors purement mythologique et s'associe au culte des dieux. La religion des peuples primitifs de l'Italie est un panthéisme simple. Les dieux innombrables se confondent avec la nature. On peut les ramener à trois catégories d’après Varron : les dieux du ciel, les dieux de la terre, les dieux infernaux. Au point de vue médical, tous ont leur importance. On prie les dieux du ciel, car, tout-puissants, ils peuvent, parleur protection, éloigner les maladies; ce sont eux qui envoient les présages dont nous allons parler tout à l'heure. Parmi les dieux de la terre se trouvent les Lares qui protègent la famille, les Pénates qui veillent sur le foyer. Ils luttaient contre les dieux méchants qui essayaient d'introduire la mort au logis. Ces dieux méchants s’appelaient : la Fièvre, l’Epidémie, le Cauchemar, etc...; chaque maladie était déifiée. On leur offrait des sacrifices pour les apaiser. Il y avait aussi les Camènes, déesses bienfaisantes, qui présidaient aux naissances, et les Nymphes, qui régnaient sur les fontaines, à qui elles donnaient des
vertus thérapeutiques spéciales. De tout temps, les
peuples latins connurent les bienfaits de certaines eaux; l’hydrothérapie fut en grand honneur chez eux. Dès la plus haute antiquité la nymphe Albunea des eaux sulfuriques de Tibur eut ses dévots. Les divinités infernales étaient terribles. Ce sont elles qui, jamais lasses de recevoir dans leur sombre royaume
des sujets nouveaux, déchaînaient les maladies sur la terre. La Mort était leur esclave vigilante, leur pourvoyeuse. À elles aussi on adressait des suppliques et on sacrifiait des victimes pour se les rendre favorables.
Parmi les divinités latines à qui on attribuait des connaissances médicales, la nymphe Egérie est une des plus intéressantes. Elle fut, d’après la légende, amie et la conseillère de Numa, qui la rencontrait la nuit dans une caverne du Palatin. Elle lui dicta la législation romaine (Tite-Live) et fut l’inspiratrice des lois d'hygiène qu’il donna au peuple. Après la mort de Numa, inconsolable elle s’exila à Aricie. Elle fut compatissante aux malheureux. La fontaine où elle se baignait, auprès de la voie Appienne, eut le pouvoir de guérir tous les maux. Celle qu’elle fit jaillir à force de pleurer dans les bois d’Aricie eut les mêmes vertus. Elle affectionnait surtout les femmes enceintes qui venaient la prier. Elle favorisait leur délivrance et les préservait des accidents de la parturition.
Nous avons vu tout à l’heure que les divinités célestes envoyaient les présages. Nulle part l’art de la divination ne fut pratiqué comme à Rome. N’était pas devin qui voulait, il fallait pour cela être très savant, connaître les maisons et les temples célestes, avoir appris l’oniromancie et la c/éromancie.
Nous nous contenterons d'en parler ici au seul point de vue médical.
« Un présage est attaché au commencement de toute chose, » dit Ovide. En effet, tout est matière à présage. On tire des indications précieuses nou seu-
lement de la foudre et des éclairs, des vents et de.la pluie, des météores, des astres; mais encore des animaux, du vol des oiseaux. « L’ibis sait plus de médecine que Gauen, » dit encore Ovide. D’après Columelle : « La vue des oiseaux de rivière, et surtoutdes canards, peut apaiser les douleurs du ventre. » Si quelqu'un est malade, on fait venir augure ou l’auspice. Il interroge la marche des nuages, le murmure de la brise dans les branches, l’eau du puits, les bêtes de la basse-cour et de l’étable, le grillon qui chante au foyer, l’hirondelle qui niche aux poutrelles du hangar, le chien qui rève dans sa niche, les abeilles qui se hâtent autour de la ruche. La moindre circonstance lui fournit des révélations précieuses. C’est de
l'ambiance qu’il ire un diagnostic sûr et un pronos- :
tic irréfutable.
Après avoir interprété le langage muet des choses, souvent le devin prononçait des formules magiques. Dans le XXVIIE livre deson Histoire Nalurelle, Pline fait une longue dissertation au sujet des paroles qui ont le pouvoir de guérir, et finalement il nous avoue qu'il y croit. Souvent ces formules n’avaient aucun sens; témoin celle-ci réputée souveraine contre les luxations : « Huat, Hana, Huat, Ista, Pista, Sista, Domiabo, Damnaustra.» Pendant qu’on la prononçait, deuxhommes devaient tenir un roseau vert sous les cuisses du malade. Ensuite ce roseau servait à ligaturer le membre fracturé (Gaton). Caton, qui re-
présente bien le vieil esprit latin, crédule et un peu lourd, nous a conservé plusieurs des indications thé- .
rapeutiques données par lesaruspices et les augures.
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C’est ainsi qu’il nous apprend qu’un petit rameau de grande absinthe dans l’anus protège les voyageurs contre les écorchures et excoriations. Un enfant qui est tourmenté par les vers intestinaux prendra de encens, du miel cuit, du vin d’origan, puis il montera dix fois sur la pierre à moudre et sautera en’ bas.
L’emploi des pierres précieuses fait partie de la thérapeutique magique. Peut-être les Romains l'avaient-ils emprunté aux Grecs. Pline nous raconte que le cristal est un cautère excellent, que Le Iyngurium fait sortir les calculs de la vessie et guérit l’ictère, que le diamant neutralise les poisons et dissipe la folie, que l’agate guéritles morsures de scorpions.
Les croyances relatives aux naissances monstrueuses se rattachent à l’art divinatoire. Toute naissance anormale annonçait un malheur. AOstie, Faustia eut deux garçons et deux filles avant la famine qui fit périr une partie des habitants. Une esclave accouchad’un serpent au commencementde la guerre - des Marses. L’année où Annibal prit Sagonte un enfant était retrouvé dans l’utérus de sa mère (Pline).
Les Romains avaient puisé seulement la force et l'esprit de domination en tétant le lait de la louve ; ‘ils furent incapables de s’élever d'eux-mêmes jusqu’à l’Idée Pure. Lorsque les divinités un peu enfantines
des Latins ne furent plus suffisantes pour répondre à leurs aspirations religieuses, illeur fallut emprunter Les divinités des Grecs. Ils latinisèrent' leurs noms et ajoutèrent de grossières légendes à leur histoire dont le sens caché leur échappa. Ainsi Asclepios vint
habiter dans une île du Tibre vers le milieu du troisième siècle, à l’occasion d’une épidémie de peste. Il s'y appela Esèulape et joignit à ses connaissances médicales la particularité de faire retrouver les objets perdus. Saint Antoine de Padoue lui a succédé -dans ces attributions. Il y rencontra Jupiter Guérisseur qui avait déjà un temple dans cette même île. Le culte d'Esculape médecin ne fut jamais très populaire à Rome. On lui préférait les vieilles divinités imprécises et les pratiques singulières des devins. Cependant son culte persista jusqu’au règne de Constantin et de nombreux ex-voto trouvés dans'les ruines de son sanctuaire prouvent qu’il eut une assez belle clientèle.
Importation à Rome des divinités étrangères et en même temps des médecines étrangères. — A partir de la République, c’est-à-dire à partir du jour où le glaive de Rome étendit sa domination sur les nations voisines, le Panthéon fut le rendez-vous des dieux étrangers. Les divinités grecques montrèrent le chemin. Bientôt, en 204, on vit arriver la Cybelle phrygienne avec son cortège de Galles, son à culte barbare et ses fètes. Puis ce fut Bacchus de Thrace, le frère de Dyonisios thébain, avec ses rites phalliques et la foule délirante de ses prêtresses. Adonis vint de Tyr et conserva, malgré le caractère romain, une mysticité toute orientale. Isis et Sérapis arrivèrent d'Egypte, eux aussi symboliques et mystérieux, mais mal compris de leurs nouveaux dévôts. Enfin dela Perse, Mithra émigra sur les bords du Tibre où son flambeau philosophique éclaira un
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peu les lourdes vapeurs qui stagnent sur les marais du Latium. Toutes ces divinités apportèrentavec elles leurs pratiques médicales.
Parmi les dieux grecs, il convient encore de citer Pan, qui s'identifia vite avec un vieux dieu latin, Lupercus. Sa fête avait lieu tous les ans à l’époque des Lupercales. Les prêtres, sans autre costume qu’une ceinture de cuir, se répandaient dans les rues un fouet en mains. Les femmes stériles qui désiraient être mères venaient se prosterner devant eux et tendre leurs reins aux coups de la lanière sacrée.
Cybelle semble avoir emprunté cette coutume de flagellation. Les Galles, ces eunuques en délire qui ont scandalisé Rome par les plus infâmes passions, fustigeaient les matrones stériles qui venaient implorer la déesse dans son sanctuaire du Palatin.
Les Métragistes, prêtres errants, voués au même culte, parcouraient les campagnes et soignaient toutes les maladies. Ils offraient à la vénération des malades une grossière idole représentant leur déesse et leur vendaient des amulettes pour conjurer leurs maux. Le plus souvent ces amulettes étaient des phallus sculptés dans une racine de grenadier. Le Bacchus romain guérissait l'impuissance virile, la folie, les maladies de la vessie, les maladies honteuses. Il tenait son officine au forum où ses prêtres vendaient des prières et des drogues. Adonis, dieu indiscret, était le médecin particulier des femmes. Il faisait revenir les menstrues, en abolissait les douleurs, régularisait le cours du sang; aux jeunes épouses, il donnait l’ardeur amoureuse et les empè-
chait de souffrir en perdant leur virginité. Les Romaines l’invoquaient en allant à leurs amours. Isis fut aussi la divinité tutélaire des femmes; mère toujours féconde, elle favorisait les accouchements, déesse aux mamelles toujours pleines, elle protégeait spécialement les nourrices. Ses prêtres étaient chargés du recrutement des nourrices mercenaires qui n'étaient admises à attendre dans le temple qu'après avoir subi un examen complet. Nues devant la statue de la déesse, elles juraient n'être atteintes d’aucune maladie contagieuse. Le prêtre leur examinait la vulve, les seins, la bouche et les yeux; puis il leur pressait le mamelon et consacrait la première goutte de leur lait; après quoi, reconnues aptes à l’allaitement, elles attendaient qu’une matrone vint louer leurs services ou les acheter, selon qu’elles étaient de condition libre ou esclaves. Sérapis fut le plus médecin des dieux romains. Ses prêtres étudiaient. Ils furent les conservateurs de la vieille thérapeutique populaire. Ils soignaient également avec des formules et des invocations. Les malades venaient à eux comme ils allaient, en Grèce trouver les asclépiades; et les procédés ‘qu’ils employaient ressemblaient du reste à ceux dont on usait à Epidaure et à Cos. Les suppliants couchaient au Sérapéum. Le dieu venait les y visiter et leur donnait en songe des indications sur le traitement à suivre. Il est probable que les prêtres de Sérapis furent de véritables médeeins et que l'habitude de soigner leur donna certaines connaissances réelles. Mithra apporta avec lui toutes les sciences obscures à l’éclosion desquelles
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il avait présidé en Perse. Romé vit sur ses tours des astrologues qui demeurèrent des nuits entières le regard levé vers les étoiles. Des mages s’installèrent sur les pentes de l’Avantin et sur les rives du Tibre.
La Médecine populaire des Romains. — Nous venons de voir en quelques mots quelle fut l'influence médicale des dieux étrangers chez les Romains.Il ne faudrait pas croire cependant qu’il n’y eut pas une médecine latine. Au contraire ce peuple fut, de tous les peuples antiques, celui qui eut le plus de foi dans les vertus des simples. Les auteurs nous ont conservé une foule de remèdes populaires, ce que nous appelons des remèdes de bonne femme, dont beaucoup, formulés sous l'influence d’un empirisme inconscient, révèlent un souci très louable de l’expérience. Caton nous en a conservé un grand nombre dans son livre : « Des Choses rurales. »
Voici une potion que lon doit prendre en temps d’épidémie : |
« Trois grains de sel.
Trois feuilles de laurier.
Trois feuilles de poireau.
Trois gousses d'ail.
Trois grains d’encens.
Trois tiges de sabine.
Trois feuilles de rue.
Trois tiges de bryone.
Trois fèves blanches.
Trois chardons.
Trois setiers de vin.
Le tout dans un vase de bois. Prendre pendant
trois jours trois fois par jour, à jeun et debout. »
L'importance que cette formule semble donner au nombre trois rappelle les théories pythagoriciennes.
— Quand on est mordu par un serpent, rien ne vaut des injections nasales de vin dans lequel on fait macérer des graines de cumin; etsur la plaie, un cataplasme d’excrément de porc.
— Pour récolter un vin laxatif, il faut entourer le cep de vigne avec de lellébore.
— Du chèvrefeuille bouilli avec du vin dans un vase d’étain est diurétique.
— Des baies de genièvre macérées dans du vin vieux constituent un très bon remède contre les douleurs sciatiques.
Pline, dans son Histoire naturelle, nous a laissé de nombreux renseignements concernant la thérapeutique populaire. Les livres XX, XXIT, XXII, XXIV, XXV, XXVI, XX VII sont consacrés aux vertus des plantes. Les livres XXVIIT, XXIX, XXX traitent des produits animaux. Le livre XXXI parle des eaux. Les livres XXXV, XXXVI et XXXVII, des produits minéraux. Il serait difficile d'extraire une idée générale des centaines de formules qu’il nous donne. Nulle méthode n’a présidé à son travail. Il dit ce qu’il sait, comme il le sait, c’est-à-dire sans artifices et sans discussions, comme aussi sans preuves. Sa science est bien de la science populaire. Il a glané les connaissances de son temps et il les expose, soucieux de savoir plutôt tout ce que savent ses contemporains que de leur apprendre quelque chose de nouveau. Il n’est pas un savant, mais un encyclopédiste. Voici
au hasard ce qu’il dit d’une plante : «La chicorée sauvage est un aliment rafraîchissant, et en applications elle résout les collections. En décoction, elle relâche le ventre. Elle est bonne pour le foie, les reins et l’estomac. Bouillie avec du vinaigre, elle dissipe les douleurs de la dysurie. Dans le vin miellé, elle guérit l’ictère, s’il est sans fièvre. Elle est avantageuse à la vessie. Bouillie avec de l’eau, elle est tellement bonne pour les menstrues qu’elle fait sortir les fœtus morts » (Pline, XX, 30). Voilà! 1] nous à dit tout ce qu’il savait sur la chicorée, tout ce que les jardiniers de Tibur lui ont appris, puis il passe à une autre plante.
Ainsi, il nous enseigne que le concombre sauvage est bon pour les yeux, pour la goutte, pourles dents, pour l'impetigo, pour la gale, pour les oreilles paresseuses. La coloquinte est un purgatif, guérit l'ictère, l’érysipèle et les fièvres périodiques.
À ces connaissances se mêlent d’enfantines superstitions. L’anis mis sous l’oreiller chasse les mauvais songes.
Son livre VII, qui traite de la génération et des phénomènes vitaux, et son livre XI, oùil fait de l’anatomie comparée, sont conçus d’après le même plan que sa thérapeutique-: un délayage de bonnes et de mauvaises choses. Cependant il écrivait vers le début de l’ère chrétienne. Depuis longtemps déjà la médecine scientifique grecque s'était implantée à Rome.
La Médecine scientifique à Rome. — Elle y vint en 219 avant Jésus-Christ, avec ArcHaGarus, fils de
Lysanias. Archagalus fut bien accueilli d’abord ; mais il osa faire de la chirurgie; alors il fut exilé. Et pour quelque temps la médecine retomba entre les mains des prêtres et des esclaves.
Cependant, vers le premier siècle, après la réduction de la Grèce, une école célèbre fut fondée à Rome : le Methodisme. Son fondateur fut Ascrépape de Bithynie. Ayant été rhéteur, il devint médecin, poussé par le désir de mettre en pratique les idées médicales qu’il avait puisées dans le stoïcisme qu’il professait. Il combatlit les préjugés populaires, se fit le partisan acharné du régime, recommanda la sobriété qu'il voyait réussir à ceux qui suivaient sérieusement les règles de Zénon; mais son principal intérêt pour nous est d’avoir inventé la théorie méthodiste. Tout dépend des tissus. L’état de resserrement et de relâchement des pores suffit à donner la mesure de l’état de santé. Les maladies troublent les évacuations, de là Pimportance, la nécessité pour un médeein d'étudier les sécrétions et les excrétions. Le méthodisme,basé sur une observation non dénuée de justesse, eut le tort d’être trop rigoriste et de ne vouloir pas admettre les idées bonnes émises par les autres sectes ; il eut cependantun retentlissant succès. Son influencese maintint jusqu’au moyen âge. Donc, on le voit, la médecine romaine entra dans le domaine de la science sous la protection de la philosophie grecque.
Taemson de Laodicée, disciple d’Asclépiade, développa son système et formula Ja théorie du /axum et du sériclum. TuessaLus de Tralles compliqua
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les choses en inventant les Æoënotétes, états dans lesquels les tissus sont susceptibles de se trouver. Thessalus se vantait de pouvoir enseigner la médecine en six mois. Devant cette prétention nous sommes tentés de croire que sa science fut très légère. La gloire du méthodisme fut Cezse, ce patricien qui, par amour de l’étude, fut un des plus grands savants du siècle d’Auguste. Très riche, il est probable qu’il ne fut jamais médecin; mais il s’intéressa aux travaux de ses contemporains et de leurs devanciers. Par humanité il soigna les indigents, ses esclaves et ses amis. Son livre est un document précieux; il y expose clarement les indications thérapeutiques et les procédés chirurgicaux de l’époque. Ennemi de tout exclusivisme, il se rapproche un peu des empiristes à qui ilse plait à reconnaître de réelles qualités. Après lui, il convient de citer Soranos d’Ephèse, gynécologiste distingué, qui inventa le spéculum; et Diosconbe, qui fut surtout un botaniste et qui introduisit dans la thérapeutique romaine une centaine de nouvelles plantes.
Pendant le premier siècle de notre ère, l’esprit scientifique baissa. La médecine devint routinière et abusa des drogues. Les médecins s’amusaient à versifier la thérapeutique, au lieu dechercher à améliorer le sort de leurs malades. Témoin cet Axpromaque, le médecin de Néron, qui mit en vers sa recelle de la thériaque, et Damocrare, qui publia un poème pharmacologique en plusieurs chants ; une réaction devenait nécessaire. Elle se produisit. ArHéNéE d’À €talie entreprit de remettre en vogue le principe du