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Pneuma. I avait emprunté l’idée à Pythagore. Le Pneuma, c’est l’âme universelle, Le tout dont chaque être est partie, agent créateur de toute organisation vivante, régulateur des phénomènes biologiques. On voit dans ce spiritualisme un peu éthéré la contrepartie du matérialisme affiché par les méthodistes. Le pneumatisme donnera prise aux conjonctures des spirites, le corps astral sera la forme individuelle du pneuma. Athénée fut un bon praticien; quoique ses connaissances physiologiques semblent avoir été rudimentaires, c’est lui qui émit cette idée singulière que les ovaires ne servent à rien et n'existent que pour la symétrie.
A la même époque, Rurus d’Ephèse créait la secte des Eclectiques.Il glana partout ce qu’il trouvait de bon, se l’assimila et fit avec ces matériaux divers un tout ingénieux où se rencontraient les opinions qui avaient paru les plus irréconciliables jusquelà. Rufus disséqua des singes. Il distingua les nerfs sensitifs des nerfs moteurs, et décrivit le chiasma des nerfs optiques. L’éclectisme donna GaLiEn.
GaLien se rattache aux écoles sacerdotales en ce sens que, dans sa jeunesse, il fit partie du collège asclépiade de Pergame, sa ville natale, où il était spécialisé dans les soins à donner aux gladiateurs attachés au temple; mais il secoua bien vite le joug religieux sous lequel son génie étouffait, et, après des travaux considérables accomplis avec une méthode en tout point supérieure, il devint sans contredit le premier savant de son époque. Sa logique fut admirable. Avec les débris des systèmes précédents, il
refit toute la médecine. Il fut, en anatomie et en physiologie, un observateur scrupuleux. Il resta le maître incontesté des sciences médicales, pendant quinze cents ans. Les scolastiques inscriront son nom près de celui d’Aristote. Nous possédons de lui 147 ouvrages médicaux et 19 fragments plus ou moins considérables. Dans cette volumineuse encyclopédie,on trouve traitées toutes les questions biologiques, la plupart avec une compétence surprenante. L’anatomie et la physiologie y tiennent une très grande place. Les organes des animaux y sont ingénieusement comparés aux organes de l’homme et leurs fonctions, à ses fonctions. Le système nerveux y est étudié avec soin. (ALIEN expérimenta sur la moelle et sur les nerfs laryngés. Il soupçonna la localisation des fonctions nerveuses. Il eut des données moins exactes sur le système circulatoire, mais s’aperçut cependant que les artères contiennent non de l'air, mais du sang, En chirurgie.il fut d’une audace que son talent seul excusait. Il pratiqua la tré- . panation et la résection du sternum. En obstétrique, le premier il affirma que l'enfant ne présente pas de mouvements actifs lors de l'accouchement, mais que celui-ci est le résultat de la dilatation du col, des contractions utérines et de la contraction du plan musculaire abdominal. Platonicien convaincu, il fut partisan de la doctrine des causes finales. La nature a toujours un but. Chaque organe correspond à une fonction. De cette affirmation, il tire la théorie des tempéraments, celle des humeurs qu’il a empruntée à Hyppocrate en la rajeunissant, celle des esprits
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vitaux. Comme thérapeute, il a foi avant tout en a nature qui tend toujours vers la guérison. Ennemie du mal, elle fait de constants efforts vers le bien. Le médecin doit saisir la direction de ses efforts, ne pas les entraver par une médication maladroite, mais les accélérer par une médication heureuse. Il enrichit la thérapeutique, classa les remèdes et fut un grand partisan de l'hygiène. >
Cependant, malgré ces esprits nourris aux sources de lascience grecque et qui contribuèrent si puissamment à la marche vers le progrès, la médecine sacerdotale n’abdiqua pas. Sous Néron, DioscoRipe, inspiré : d’Orphée et d’'Hermes Trismégiste, écrivit un ouvrage sur les vertus thérapeutiques des pierres; et, sous les empereurs d'Orient, le christianisme victorieux proclama l’excellence du mysticisme etcommuniqua une vigueur nouvelle aux procédés kabbalistiques. Ce fut une époque de miracles étranges.La théurgie alexandrine émigrait à Byzance avec tousses espoirs, toutes ses attendrissantes futilités, toutes ses erreurs.