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CHAPITRE XI

La Médecine sacrée des Arabes

Avant l’Islamisme, les Arabes avaient déjà été en ra pport avec les peuples voisins. Le hasard des guerreset du commerce lesinitia probablement àla science phénicienne, persane, juive et grecque. Peut-être même connurent-ils les doctrines de l’Inde et de la Chine. Les écoles grecques de Mésopotamie étaient si près d’eux qu’il n’est pas absurde de penser que les études qu'on y faisait intéressèrent parmi eux quelques intellectuels. D'autre part, de nombreux Juifs vivaient dans leurs villes et y répandaient les traditions judaïques. Cependant il est à croire que la médecine de cette époque ne s’éleva pas au-dessus des pratiques d’un grossier empirisme et que les neuf cents idoles qui entouraient le temple de la Mecque devaient distribuer la santé à leurs adorateurs.

Accord des méthodes sacerdotales et des méthodes scientifiques.— L’Islamisme créa la nation arahe en réunissant dans une même croyance et dans un même intérêt les tribus jusque-là indépendantes.Au point de vue médical, un fait curieux à noter est que,

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durant la civilisation musulmane, les méthodes sacerdotales et les méthodesscientifiques s’accordèrent et marchèrent même parallèlement, au point que les théologiens firent de la médecine et que les médecins firent de la théologie. L’explication de ce fait se trouve dans la doctrine même de Mahomet. La religion est l’expression de l’universalité des volontés divines ; à ce titre les études médicales y trouvent place. Pour en imposer à la foule, le Prophète avait besoin d’être un savant, il le fut. Aucune question ne l’embarrasse; il saittoute chose et répond à tout.

e qu'il ne sait pas est mystère et nul ne doit le savoir : « Si Dieu avait voulu que vous connussiez ces choses, il me l'aurait fait connaître. » Les renseignements sur la médecine de l'Islam nous sont

donnés d’une part par le Xoran, d'autre part par les.

nombreux commentaires qu’en firent les théologiens. Parmi ces derniers, le livre du Cheikh-1man Ubleman Djelal Ed Don Abou Soleiman Daoud est un des plus intéressants, iltraite de la médecine du Prophète et résume toute la tradition sur ce sujet. Le docteur Perron en a publié à Alger une traduction fort bien faite. Nous citerons encore A2?cha, la femme bien-aimée de Mahomet, Djabar,Abou-Noïm, Mouslim, Ahmed, etc.

Doctrines biologiques et procédés de traitement. — « Au nom du Dieu miséricordieux et clément! gloire à Dieu qui à chaque homme a donné une na- * ture spéciale. » Cette phrase résume toute la biologie musulmane.

-- Il y a quatre éléments. Le feu qui est chaud et

sec, l’air qui esthumide et chaud, l’eau quiest froide et humide, la terre qui est froide et sèche. Il y a huit tempéraments qui viennent des prédominances du chaud, du sec, de l’humide et du froid et de leurs combinaisons : « De tous les animaux,le tempérament le mieux tempéré est celui de l’homme. Parmi les hommes, le tempérament le mieux tempéré est celui du vrai croyant. Parmi les vrais croyants, le tempérament lo mieux tempéré est celui des prophètes. Parmi les prophètes, le tempérament le mieux tempéréest celui des révélateurs envoyés de Dieu ; parmi les révélateurs,le tempérament le mieux tempéré est celui des plus ardents, et parmi les plus ardents, celui de notre seigneur Mahomet » (Abou Soleiman). Du reste le physique et le moral sont intimement liés : « Le meilleur d’entre vous est celui qui a reçu de Dieu la nature physique la meilleure » (Mahomet). Le tempérament est mieux équilibré dans la jeunesse. Dans l’enfance, il est humide, dans la vieillesse, froid. L’organe le mieux équilibré est la pulpe de l’index, ensuite la pulpe et la peau des autres doigts. L’organe le plus chaud est le cœur, puis le foie, puis la chair. Les os, les nerfs, la moelle et le cerveau sont froids, la graisse est humide. Les tempéraments dépendent des humeurs.« Nous avons créé l’homme d’un genre composé d’humeurs » (Koran, Lxxvi-2). Les humeurs sont au nombrede quatre: — je sang qui est humide et chaud et qui alimente le corps; c’est lui qui porte la vie; — la lymphe, qui est humide et froide; elle sert à faire du sang et à lubrifier les organes; elle est naturellement salée

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et tend à s’échauffer afin de se transformer en sang ; __]a maladie la rend acide,alors elle tend à se refroidir; — la bile quiflüidifie le sang et qui'aide le corps àse débarrasser deses impuretés; elle est chaude et sèche; — et enfin l’atrabile,sèche et froide, qui épaissit le sang, alimente la rate et provoque des inflammations.Les Arabes croient encore aux forces vitales qui sont naturelles, animales et passionnelles et qui se manifestent par les organes; et aux Puissances d'Action, attractions et répulsions, qui président à la vie mystérieuse de l'organisme et par qui s’effectuent les fonctions.

Il est facile de reconnaître dans cette doctrine biologique l'influence de Sucrura, d’Hippocrare, de CeLse, de Gauien, Du reste les auteurs arabes ne se cachent pas des emprunts qu’ils ont faits à ces maitres : « Hippocrate, c’est le cheikh de l’art médical, c’est l’iman vénéré. Il était grec et d’illustre origine. Il marcha dans la voice de la vérité médicale », dit About Soleiman,qui ne peut se consoleriqu’il eût été idolâtre.

L'homme peut être dans trois états différents. Deux bien précis, l’état de santé et l’état de maladie ; l’autre intermédiaire, l’état de convalescence.

Qu'est-ce que la santé? Un bienfait de Dieu. Un bienfait dont il demandera compte au jour du jugement. Il dira : « Ne t’ai-je pas donné un corps sain, ne ai-je pas donné pour breuvage l’eau fraiche? » Ua bienfait qu’il faut lui demander comme une grâce. « Demande à Dieu le pardon et la santé. » Il la distribue dans sa mansuétude et dans sa miséricorde. »

N'oublions pas que le mal est inhérent à la vie humaine : « Toute chose excepté Dieu a le mal en soi, » dit le poète Lebid.

Cette santé précieuse, il faut done l’implorer, et, lorsqu'on l’a reçue,la conserver par une observance rigoureuse des lois d'hygiène. Le Prophète et ses commentateurs ne tarissent pas en conseils hygiéniques. « Trop d'oignons nuit. » « Manger du poisson avec des œufs donne des paralysies. » « Celui qui mangera du cedra pendant la nuit deviendra louche » (etc.). Dans notre deuxième partie nous examinerons leurs commandements concernant la façon dont le croyant doit vivre.

Qu'est-ce que la maladie? Nous lavons vu, tout être l’a en soi. Celui qui naît commence à mourir. Elle est l'œuvre de lesprit du mal. « La fièvre est un feu de l’enfer, éteignez-la donc avec de l’eau » (Maxomer). Elle est l’œuvre des méchants qui ont voué leurs actions au démon, de ceux qui ont le mauvais œil : « L’elfet du regard de l'œil est vrai. Et s’il y avait au monde quelque chose qui püt être plus rapide que le destin, ce serait le coup d'œil. Lorsqu'on vous demande de laver celui que le coup d’œil a atteint,satisfaites à cette demande » (Manouer). Cepen-

dant elle est quelquefois considérée comme un juste châtiment, et même comme un moyen pour arriver à la perfection : « Ne la maudis pas. Elle purifie les fautes de l’homme,comme le feu purilie le fer de ses scories. » Donc la maladie est complexe, tantôt déchainée par Satan, tantôt communiquée par les sorciers, tantôt juste punition des crimes humains, tantôt

présent du ciel, ineffable bien dont le mystique se servira pour atteindre plus vite et plus sûrernent aux

félicités éternelles. N’est-il pas écrit : « Le dyspepti-

que est un martyr, celui qui souffre dans ses entrailles est un martyr, celui qui meurt d’un coup d'épée est un martyr, celui qui meurt d’une morsure de serpent est un martyr. »

Après cette citation, on peut se demander s’il est permis de se soigner. Il semble que le fatalisme musulman y répugne. Que ce qui doit être soil! A quoi bon entraver les desseins de la providence ? N’est-il pas insensé et coupable de s’opposer à l’accomplissement de sa volonté! Sur ce sujet, les théologiens ne sont pas d'accord. Pour les uns, prendre un médicament est une faute- grave, pour d’autres, au contraire, c’est une action louable. Le Prophète semble avoir partagé cet avis : «Trailez-vous, » ditil plusieurs fois. Il fait dire à Dieu : « C’est moi qui donne la santé, moi qui médicamente, traitez-vous. » Ahmed semble avoir voulu concilier les deux opinions quand il écrit : « Se traiter dans le cas de maladie est chose tolorée, autorisée ; mais s’abstenir de traitement est plus élevé. » Cependant certaines maladies ne doivent pas être soignées, elles sont saintes, celui qui en est atteint est l’élu de Dieu. Il yadeuxans,je me promenais sur les quais de Smyrne. Un marchand d’oranges qui marchait devant moi fut soudain pris d’une attaque d’épilepsie. Il tomba. Aussitôt des agents de police se hâtèrent de faire la haie autour de lui. La foule s’arrêta, comme immobilisée dans la contemplation d’une chose divine: et

tandis que le malheureux se tordait sur les dalles, la bouche écumeuse et sanglante, les vrais croyants se mirent à psalmodier un verset du Koran.

Cependant rares doivent être les maladies qui sont considérées comme un apanage de sainteté, et la guérison des maux qui frappent la pauvre humanité préoccupa de tout temps le Prophète : « Recherchez les deux guérisons, dit-il, les deux bien-être. »

Par cette phrase, il indique clairement qu’il reconnait deux façons de se soigner : la médecine de Dieu et la médecine des hommes.

Il n’y a rien de plus efficace que la prière : « Le

. meilleur remède est le Koran. » Un jour Abou Ho-

reirah était couché sur le sol, car il souffrait de vio-

-lentes douleurs abdominales. Le Prophète le vit,

s’approcha de lui et dit : « Lève-toi et prie, car la prière est la guérison. » — Le médecin Abd El Latif écrivit dans un de ses ouvrages : « J’ai vu des gens oisifs, habitués à la bonne chère, conserver cependant une très bonne santé. J’ai cherché quelle en pouvait être la cause et jai trouvé qu'ils priaient beaucoup. » Donc celui qui prie oppose à la maladie une force quasi invulnérable. Aussi voit-on les derviches vivre jusqu’à une extrême vieillesse. Les patriarches furent tous plusieurs fois centenaires. Si les juifs n’avaient pas empoisonné le Prophète, à quel âge aurait-il pu atteindre ?

- Certaines formules jouissent d'un pouvoir spécial : ainsi lorsque le croyant se couche, s’il veut se préserver des maladies/sournoises qui attaquent l'homme pendant son sommeil, il n’a qu'à dire : « Je te prie,

Ô Dieu, par la sainteté de toutes les paroles protectrices, paroles divines que nulle autre ne dépasse en puissance de protection, sois mon abri contre tout ce qui descend du ciel et tout ce qui y monte; contre le mal qui a été créé de la terre et qui en sort, 6 Dieu de miséricorde! »

Contre la morsure du serpent, il faut réciter la Fatihah, introduction invocatoire du Koran : « Louange à Dieu, souverain de tous les mondes. La miséricorde est son partage. Il est le roi du jour du jugement. Nous t’adorons, seigneur, et nous implorons ton assistance, dirige-nous dans le sentier du salut; dans le sentier de ceux que tu as comblés de tes bienfaits ; de ceux qui n’ont point mérité ta colère et se sont préservés de l’erreur. » Pour se préserver des maladies nocturnes qui accablent l’homme qui campe, le nomade doit réciter le soir les deux premiers versets du chapitre de la Vache : « A. L. M. Il n'ya point de doute sur ce livre,ilest la règle de ceux qui craignent le seigneur ; de ceux qui croient aux vérités sublimes, qui font la prière, et versent dans le sein des pauvres une portion des biens que nous leur avons donnés. » Cette prière commence par A.L.M. les trois lettres mystérieuses dont ilne faut point chercher à pénétrer le sens. Dieu n’en a révélé la connaissance qu'à son Prophète. Seules, elles ont une puissance magique indiscutable. On les prononce pour conjurer le mauvais œil. Les deux derniers chapitres du Koran sont aussi employés contre les maladies; leur efficacité est souveraine, d’après Aïcha :

« Dis : Je mets ma confiance dans le Dieu du matin;

afin qu’il me délivre des maux qui assiègent l’humanité, des influences de la lune couverte de ténèbres : des maléfices, de celles qui soufflent par des nœuds, et des noirs projets que médite l’envieux. » « Dis: Je mets ma confiance dans le Seigneur des hommes, Roi des hommes, Dieu des hommes, afin qu'il me délivre des séductions de Satan, qui souffle le mal dans les cœurs; et qu’il me défende contre les entreprises des génies et des méchants. » Un jour undJuif nommé Lobeid avait envoûté Mahomet au moyen d’une corde à laquelle il avait fait onze nœuds. Le Prophète fut très malade. Dieu lui envoya l'ange Gabriel qui lui ordonna de réciter douze fois ces deux versets. Il obéit. À chaque fois un des nœuds de la corde magique se défaisait. Lorsque le deruier se fut défait, il était guéri. Contre le mal de dent, il faut dire le quatre-vingt-dix-huitième verset du sixième chapitre : « C’est lui qui vous a formé d’un seul homme. (C’est lui qui vous prépare un lieu de repos dans le sein de vos mères, et qui vous dispose dans les reins de nos pères. Le sage y connaît les effets de sa puissance. »

Quelquefois il n’est même pas nécessaire de réciter les versets du Koran. À un homme qui se plaignait d’une maladie d’yeux, le Prophète dit : « Va et regarde les livres saints. » Ille fit et le brouillard qui obscurcissait sa vue se dissipa. À d’autres, il conseillait des actions pieuses : « Va voir les malades, suis les funérailles, visite les tombeaux. »

Souvent les croyants préparent un liquide magique réputé très puissant en écrivant sur une feuille

de papier un verset du livre, puis en lavant cette feuille dans de Peau. L'eau ainsi sanctifiée sert à asperger le malade, ou bien est bue dévotement par lui. Cette pratique est conseillée par Ahmed. Ainsi pour favoriser le travail chez les femmes en couches, on leur lotionne le ventre et les parties génitales avec de l’eau dans laquelle on a plongé une copie du verset 3 du chapitre LxxIX : « Par ceux qui traversent rapidement les airs », ou du verset 3 du chapitre x : « Nous allons te dire une histoire admirable, puisque nous t’avons révélé le Koran ; avant sa venue tu l’aurais ignorée. »

Les adjurations sont elles aussi employées. « Il n’y aucun mal à se servir des adjurations » (Ahmed). Elles s’adressent aux démons que l’on somme de partir. Leur emploi est justifié par ce passage : « Les fidèles trouveront dans le Koran leur guérison et les grâces du Seigneur ; mais il hâtera la perte des méchants. » Cependant quelques théologiens les considèrent comme dangereuses et entachées de satanisme.

Il en est de même des amulettes. Elles sont permises par les uns et interdites par les autres. El Harbi et Aïcha les tolèrent, à condition que celui qui les porte en attribue toute la force au Dieu tout puissant et miséricordieux. Aussi toutes portent le signe d'Allah, les trois lettres mystérieuses. On peut leur rattacher le chapelet musulman que tout croyant doit porter et la main de Fatma. Tous ceux qui ont voyagé en Algérie ont pu voir sur les portes des maisons, sur les objets, sur le croupe des che-

vaux, sur la laine des brebis, sur le poil des chameaux, cette main peinte au henné qui a l'air d’une empreinte sanglante. C’est la main de Fatma. Son usage s’est généralisé danstoute l’Algérie, aussi bien chez les israélites que chez les musulmans. Abd El Kader institua pour ses braves l’ordre de la main d'argent. Elle éloigne le malheur et la maladie, elle préserve des maléfices.

L’aspersion conjuratoire est interdite. Hacan la considère comme une œuvre d'inspiration diabolique, cependant nous trouvons chez Idm Abbas cette indication du traitement de la fièvre : « Eteignez-la avec l’eau du puits sacré Zemzem. »

Ici encore nous retrouvons la médecine lapidaire. Les pierres précieuses jouent un grand rôle dans la magie musulmane. La perle fait cesser les palpitations du cœur, c’est un cordial. L’ambre jaune est un spasmodique. L’agate arrête les hémorragies. Le corail ranime ceux que la maladie ou le travail a fatigués.

. Le Prophète et les théologiens recommandent souvent de se garder des charlatans. Ce qui n’empêche pas les derviches de se livrer au plus grossier des charlatanismes. A lappui de ce que j’avance, je ne veux que raconter ce que J'ai vu à Constantinople, chez les derviches hurleurs. Lorsqu'ils eurent fini leurs prières tumultueuses, après deux heures de contorsions et de cris, plusieurs d’entre eux étant tombés en attaque decatalepsie catatonique où même de grande hystérie, leur chef se leva. Alors des femmes lui amenèrent leurs enfants qui étaient mala-

RING Se

des. On les fit coucher par terre; et le saint, les yeux fixés dans le vide, le corps agité de secousses nerveuses, passa sur eux. Sur chacun il prononçait des paroles entrecoupées. Il indiquait aussi la maladie, le traitement à suivre et le pronostic probable. Pendant ce temps, les pièces tombaient dru dans la sébile qu’un autre moine promenait dans Passis. tance.

Médecine scientifique. — A côté de cette médecine religieuse, nous trouvons la médecine scientiique. Elle s’inspire de la Grèce et de l'fnde ct, par ce fait même, se rattache aux doctrines biologiques du Koran et de ses commentateurs. Dans les écoles de Mésopotamie, tous les ouvrages grecs et indous étaient traduits en syriaque et en persan. Les Kalifes les firent traduire en arabe. Ils se procuraient des livres par toutes sortes de moyens. Al-Mamoun en fit donner comme condition d’un traité de paix. Alexandrie eut aussi une influence. Le cruel Amrou, qui en fit brüler la grande bibliothèque, revint plus tard à de meilleurs sentiments; il fut l’ami de Jean Philopponus qui lui révéla Garien. Ses successeurs protégèrent les sciences ; Moarviah ‘et Al Hadjjdad) fondèrent des écoles. Sous les Abassides, la marche vers le progrès continua; El Mansour fonda l’école de Bagdad; Haroun-er-Rachid fit entreprendre de nombreuses traductions. Son successeur Al Mamoun créa une académie de traducteurs. C’est lui qui fit adapter à la langue arabe, la Samhita de Charaka. La dislocation de l'empire alluma de nombreux foyers intellectuels à Boukhara, à Ghayna, à Kairouan, à

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