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Damas, à Damiette. En Espagne, les Ommeyyades secouèrent un peu le joug du Koran. Les sciences y brillèrent d’un superbe éclat.
Nous ne parlerons pas des médecins arabes. Ils ne furent pour la plupart que des traducteurs; cependant leur imagination brillante habilla la science sous le riche manteau de la légende.
Les Origines de la médecine d'après la légende musulmane. — Quelles sont, d’après eux, Les origines de la médecine? Chih en reçut directement l’héritage d’Adam qui l’avait apprise du créateur. Pour d’autres, elle est issue de l'instinct. Les animaux n'ont-ils pas leur médecine? Lorsque la vipère sort de son trou, au début du printemps, son premier soin. est de manger du fenouil pour s’éclairer la vue affaiblie par plusieurs mois de nuit. L’hirondelle frotte les yeux de ses petits avec le suc de la grande chélidoine. L’aigle fait manger à sa femelle une pierre qui la fait pondre. Le chat recherche une certaine herbe qui le fait vomir. Le chien se purge avec du chiendent. L’homme n’a eu qu’à perfectionner par son intelligence les données de son instinct.
Les maladies ont les mêmes causes que la santé. Ce n’est qu’une question de mesure. L’air impur rend malade, les aliments pris en trop grande quantité fatiguent l'organisme. Il ne faut pas abuser du mouvement, du repos, du sommeil, de la veille; non plus des sentiments passionnels. Les phénomènes d’excrétion et de rétention ont une grande importance. . D'autre part il y a des signes conventionnels dont les indications ne sont point à dédaigner. Des cheveux
noirs indiquent un tempérament chaud; blonds, un tempérament froid. L’embonpoint est l'indice d’un tempérament chaud et humide; l'obésité, d'un tempérament humide et froid.Ceux qui dorment trop ont le tempérament chaud et humide. Ceux qui ont les membres forts ont un tempérament chaud ainsi que ceux dont le corps est odorant. Un homme qui rêve souvent à la couleur rouge ou jaune, ou qui voit du feu dans ses songes est doué également d’un tempérament chaud.
Toutes ces considérations doivent guider le médecin dans l’examen de ses malades. Il doit considérer le visage : « Il y a là des signes pour ceux qui savent voir » (Koran, xv, 15), le corps en entier et scrupuleusement l’état des urines. Les théologiens discutent longuement pour savoir dans quelles scirconstances il a le droit de voir une femme nue.
La Thérapeutique arabe. — La thérapeutique arabe est très importante : « Dieu n’a pas envoyé une maladie sans envoyer le remède qui la guérit » (Abou-Horeirah) : « Chaque maladie a son médicament, quand on a trouvé le médicament de la maladie, elle guérit grâce au Dieu de toute grandeur et de toute majesté » (Djabar).
Les plantes médicinales sont un cadeau de Dieu : « La terre, nous l’avons étalée, nous y avons jeté les montagnes, nous y avons fait pousser toute espèce de couples nombreux, utiles, parés de couleurs. » Elles furent révélées aux hommes d’une façon miraculeuse : Quand Salomon eut fait construire le temple de Jérusalem, il y entra pour prier l'éternel. Une
plante était poussée entre deux dalles du parvis. Lorsque le roi eut terminé son oraison, elle Jui dit : « Tu ne me demandes pas qui je suis ?» Leroi fut fort surp: s et demanda : « Qui donc es-tu? » — « Je porte tel nom, répondit-elle, et j’ai le pouvoir de guérir tel mal. » Salomon la fit couper et la conserva précieusement. Le lendemain la même chose se produisit et il en fut ainsi pendant de nombreux jours. Alors le prince très sage entreprit d'écrire un traité « des guérisons. »
Nous allons citer quelques remèdes usités par les Arabes. Leurs ouvrages de thérapeutique ne contiennent aucune classification, ni aucun ordre.
Le citron donne de l’appétence et apaise la soif.
Le éamaris est astringent et hémostatique.
Le sulfure d'antimoine forüfie les nerfs de l'œil. Chaque soir, le Prophète se badigeonnait trois fois les yeux avec un collyre dans lequel entrait cette substance (Aïcha).
La pêche est laxative.
Le riz est bon dans toutes les circonstances : « Le riz est la santé, il ne saurait faire de mal » (Aïcha).
Le myrthe dans l’huile est bon pour empêcher la chute des cheveux. Il arrête la diarrhée. Les baies dans l’eau d’un bain guérissent la chute du rectum et de la matrice. C’est la première plante que Noë planta en sortant de l’arche.
Le crottin est la panacée des douleurs sciatiques.
L’anis calme les douleurs d’entrailles.
La camomille estapéritive, tempérante,émolliente, diurétique, etc.
Le papyrus est hémostatique.
L’oignon empêche de vomir.
La violette calme la céphalalgie et empêche de tousser.
Le boraæ est laxatif.
Le turbith végétal est purgatif.
Les dattes sèches guérissent toutes les maladies et rendent la magie noire impuissante. Marie, mère de Jésus, accoucha au pied d’un palmier et c’est depuis ce jour que les fruits de cet arbre jouissent d'une grande puissance thérapeutique. À
La figue conjure la goutte et les hémorroïdes.
La roqueite provoque les appétits vénériens : « Il semble qu’elle croisse dans le feu, » a dit le Prophète.
Le Aenné cicatrise les ulcérations buccales et stomacales, fait disparaitre les aphtes,les engorgements, les brülures, les douleurs de pied.
La mauve est un émollient.
Le miel est une panacée : « Prenez comme moyen de bien-être du miel et le Koran. »
Le camphre arrête les épistaxis et chasse les désirs vénériens.
L’oriban est un stimulant : « Prenez un mithkal de sucre et un autre d’oriban. Donnez pendant huit jours à l’homme à jeun, les urines se régulariseront et la mémoire se rétablira » (Ibn Abbas). « Donnez à
manger de l’oriban à vos femmes enceintes. Si la.
femme a dans le sein un enfant mâle, cet enfant aura le cœur pur. Si l'enfant est une fille, elle aura
la beauté du corps. Sa croupe sera riche et rebondie » (Abon-Noim).
Le {ait guérit l’hydropisie, Mousim raconte que lorsque les Béni Ohl et les Béni Oraynah campaient près de Médine, le ventre leur enfla. Ils vinrent trouver le Prophète et lui dirent : « Voicique nous sommes campés aux portes de Médine et que le ventre nous a enflé. » Il leur donna une chamelle dont le lait était bon. Ils en burent et furent guéris. Le lait de vache est considéré comme une panacée, car il contient les principes curatifs de toutes les plantes : « Usez du lait de vache, car elle mange de toutes les plantes » (Mahomet).
La scammonée fait évacuer la bile.
Le musc purifie l’air.
Cette nomenclature prouve qu'aucune méthode n’a présidé à la classification des remèdes et fait voir comment l'imagination sait suppléer au savoir pour expliquer les vertus des simples.
Les médecins musulmans aiment se servir de médicaments composés. Voici au hasard trois formules tirées du codex de Damas.
Contre la Céphalalgie:
IPATAUAR SRE de see me TOUTAINS.
Lurbih,blanc tiers re its 2
SCADIMONÉE ANR sen ne 3 grains.
Gomme adragante... .,....... 2 parties.
en pilules à faire prendre à la fin de la nuit.
Contre l’Epistaæis :
CAMPRIEMPUIVÉESC mener 1 partie.
Feuilles de papyrus pulvérisées., 2 partres.
A priser.
Suppositoire pour combattre la diarrhee :
Safran,
BRUZON {1
Opium, Eau de céleri.
Manower et les théologiens interdisent aux vrais croyants de se médicamenter avec des substances impures : « Quiconque se traite au moyen de substances permises aux yeux de Dieu y peut trouver guérison ; mais quiconque se traite avec des substances condamnées de Dieu, qu’il sache bien que Dieu n’a point mis en elles la guérison » (Mahomet). Auen défend de se soigner avec du vin : «Le vin est un mal, ce n’est point un médicament. » Il condamne la thériaque : «Il n’est point permis de se médicamenter avec de la thériaque, parce qu'on y met de la chair de vipère et du vin. »
Le lait d’ânesse doit être évité, car l’âne estun ani mal impur. Il n’est point permis de se servir de narcotiques stupéfiants.
La médecine arabe fut toujours entravée par les lois un peu tyranniques de la religfon. C’est ainsi qu’elle ignora toute anatomie ; car il est interdit de disséquer. L'horreur du sang fit que les médecins musulmans se refusèrent toujours à l'exercice de la chirurgie. Leur seul instrument chirurgical fut le cautère dont 1ls abusèrent du reste passablement.
Malgré ces graves défauts, nous devons savoir gré aux Arabes de nous avoir conservé lestraditions médicales de l'antiquité. Ils servirent de trait d’union entre le vieux monde et le nouveau. ie préparèrent le moyen àge.