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SAUT

fondé par Saint-Martin, en 375. En 391, Saint Honorat fondait celui de Lérins. Celui de Saint-Victor de Marseille fut construit en 413, Condat en 493, Reome en Bourgogne en 450. Le Mont-Cassin et Saint-Gall en 520. Au xi° siècle, saint Benoît se fixa avec ses frères sur les collines de Subiaco. Saint Colomban ouvrit de véritables écoles où onenseignait toutes les sciences à Luxeuil et à Boblio. La grande abbaye d’Agaune, en Valois, était célèbre par les cures merveilleuses qui s’y faisaient.

Les invasions normandes arrêtèrent un instant cet élan. Comme une trombe, les barbares du Nord s’abattirent sur la civilisation encore jeune d’Oceident. Tout fut détruit sur leur passage. Ils pillèrent les monastères et massacrèrent les moines. Ce fut une époque de deuil, de larmes et de sang. L’effort de plusieurs siècles faillit se briser, sous la poussée brutale des glaives.

Après cet orage, la civilisation se releva et pansa silencieusement ses blessures. Les moines recommencèrent l’œuvre détruite. Cluny date de cette époque et atteignit son apogée sous saint Hugues, de 1047 à 1109. À cette époque, ses abbés dictaient des ordres à deux cents maisons pieuses. Toutes possédaient un hôpital. En 1098, saint Robert, effrayé par le luxe de Cluny, fonde l’ordre de Citeaux qui réunit, au siècle suivant, trente-trois mille monastères semés dans le monde entier. Le plus important fut Clairveaux, que saint Bernard a immortalisé. L'histoire et la légende nous apprennent qu’il y fit des cures étranges.

En 1086, saint Bruno avait fondé, dans les Alpes dauphinoises, la Grande-Chartreuse. Les nouveaux ermites pensaient, dans leur solitude, aux souffrances des hommes. La montagne faisait fleurir autour d'eux mille plantes salutaires. Ils les recueillaient pieusement et en composaient des breuvages qui eurent une grande réputation dans toute la chrétienté.

Saint Martin, saint Onorat, saint Benoît, saint Colomban, saint Grégoire le Grand, saint Hugues, saint Robert, saint Bruno furent des thérapeutes. Les Bollandistes ont longuement et naïvement conté leurs prodiges. Sainte Hildegarde, cœur ardent, cerveau merveilleux, vivait alors en Allemagne. Elle pressentit toute la science future. Son puissant génie s’appliqua à chercher la solution des problèmes de la vie; puis se répanditen mansuétude et en charité. Elle employa sa science à soulager les pauvres et les malades.

L'Exorcisme. — Certes, les moines du moyenâge purent étudier Hiprocrare, GALIEN, Cecsr, les ALExaANDRins. Dans leurs bibliothèques se trouvaient tous les manuscrits que le temps et les hommes n’avaient pas détruits. Les clercs les copiaient et en cherchaient laborieusement le sens. Ils connurent donc les sciences grecque et romaine etpurent s’inspirer d’elles ; mais leur foi était trop nouvelle et trop pure pour qu'ils se soient contentés de cela. Ils pratiquèrent l'exorcisme, qui était depuis longtemps en usage chez les juifs et que les apôtres avaient christianisé.

Les temps étaient troublés ; une nouvelle société se formait sur les ruines de l’ancienne. De continuelles invasions venaient de l'Est et la fusion des peuples s’opérait avec désordre. L'âme occidentale sortait de sa longue léthargie et s’ouvrait auxrayons d’un soleil nouveau. Le christianisme naissant faisait miroiter aux yeux des convertis des espoirs Jusqu'alors inconnus. Les prètres du nouveau culte prêchaient l’amour, le renoncement etle mépris des biens d’ici-bas. Un vent de folie mystique souffla. — Or, comme dans toutes les époques de crises, les cerveaux surchauffés exaltèrent leurs fonctions, les nerfs vibrèrent intensément. Des maladies mystérieuses, toutes les hystéries, toutes les névroses, jusque-là peu connues, se multiplièrent.

Il y eut des visionnaires, des extatiques, des cataleptiques, des possédés. Les moines se souvinrent de Jésus qui chassait les démons et voulurent faire commele maître. De làla création d’un rituel étrange qui subsista pendant de nombreux siècles.

Les démons peuvent tourmenter les hommes de quatre façons: par la tentation, par l'illusion, par l’obsession et par la possession. Les deux premières ne nous regardent point,elles relèvent de la morale. Les deux autres empiètent sur le domaine de la médecine. Les obsédés voient constamment des choses itréelles ; des personnages qui processionnent lentement autour d’eux, des bêtes malfaisantes qui les attaquent, des jardins, des mets délicieux, des scènes érotiques. Il serait assez facile de reconnaître à quels états pathologiques ces visions s'adaptent

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