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temps soumise. Elle essayait de concilier les dogmes d’une foi étroite avec la science et torturait cette dernière. L’expérimentation lui fit longtemps peur. Elle se complut dans le: domaine de la métaphysique. Elle discuütait sur la substance, l’être. l'essence, la forme, la matière, le temps, l’espace, l’idée. Peutêtre peut-on lui reprocher justement d’avoir assis le raisonnement sur une dialectique souvent spécieuse, de s'être complue dans le sophisme, d'avoir ergoté à où il eût fallu discuter; mais n'oublions pas cependant que les problèmes qu’elleagita sont encore pendants. On affecte actuellement, vis-à-vis d’eux,un dédain d'enfant vis-à-vis de la version dont il a inutilement cherché le sens. La philosophie s’interdit toute abstraction et se rallie à la seule pyschologie expérimentale. Autant avouer la banqueroute del’es- prit humain. Cependant, seules les solutions de la question métaphysique peuvent fournir à la science une base solide. La vérité est dans un juste milieu; toutes les branches de la philosophie sont nécessaires les unes aux autres ; elles se complètent.
Les Arabes introduisirent le libre examen dans la scolastique. Ils apportèrent Aristote, qui n’était encore connu que par Boèce, qui, au vr° siècle, avait donné une traduction de sa Logique et de sa Métaphysique. Du coup, la raison secoua le joug et tout respira plus librement.
Deux grands noms dominent le moyen-àge philosophique et scientifique. Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin. À tous les deux, la médecine est redevable. Albert le Grand s’inspira d’Ansrore, de
Puws, de Diosconpe, il fut zoologiste et botaniste et à ce titre enrichit la thérapeutique de plusieurs drogues. Le premier, en son temps, il comprit la valeur de l’observation et l’affirma. Thomas d'Aquin en donna la méthode et nous apprit par quel phénomène psychologique le fait donne naissance à l’idée et comment l’ensemble des faits énonce la loi. Malheureusement il eut le tort de vouloir édifier la science sur les principes de la raison et n’hésita pas à corriger avec le raisonnement les données de lexpé-
rience. Les doctrines qu’il professa sur la physiolo-
gie, l’embryologie et la pathologie sont, à cause de cela, en grande partie fausses. |
Le véritable fondateur de la médecine scolastique fut Taddée de Florence (1215 à 1295), une des gloires de l’école de Bologne.Nous citerons encore Vincent de Beauvais, qui écrivitle Speculum Magnus,
volumineuse encyclopédie dont la partie médicale est
toute arabique. Au xiv° siècle, Simon de Gênes publia la S'ynonyma medica, curieux dictionnaire de thérapeutique qui est encore intéressant aujourd’hui au point de vue historique et doctrinal.Il nous faudrait encore parler de Pierre d’Abano, le précurseur de Bacon, d’Arnauld de Villeneuve, qui fut le plus brillant élève d'Albert le Grand; de Palchimiste Raymond Lulle, de Mundino, qui écrivit le premier traité d'anatomie depuis l’école d’Alexandrie; de Roger de Parme, qui rénova la chirurgie. Mais tous ceux-là appartiennent à la médecine proprement dite et n'ont plus d’attaches avec la religion contre laquelle ils entrent plus ou moins en lutte.
La Philosophie traditionnelle et la Médecine. — A côté de la médecine sacerdotale orthodoxe, le moyen-âge connut la médecine spargyrique éclose de Poccultisme. Nous touchons là à une question capitale dans l’histoire de lesprit humain, la question des traditions occultes. Nous n’entreprendrons point d’en donner même un résumé, car cela nous entratnerait trop loin dans le domaine des philosophies abstraites, mais nous devons parler au moins des doctrines médicales et des procédés de thérapeutique qui en furent la conséquence.Il nous suffira de savoir, quant au reste, que l’occullisme se prétend possesseur de la science intégrale et pure et qu’il s’appuie sur une révélation primitive jalousement transmise à travers les siècles, de l'Inde à l'Egypte
à la Perse, puis à la Grèce où les mystères de Samothrace et d'Eleusis n’avaient point d'autre raison d'être, puis à Alexandrie, avec la kabbale juive, par qui elle fut révélée en Europe.
Jetons un coup d'œil sur la doctrine pour en extraire les idées biologiques sur lesquelles s’appuieront les méthodes médicales.
L'homme est une parcelle de l’Être primitif. Cet être a péché par orgueil en voulant prendre conscience de lui-même en dehors de son créateur. Sa faute créa le temps et l’espace, ces deuxinfirmités de Ja matière. Il dut en subir les conséquences et fut condamné à se connaître; pour cela, il lui est nécessaire de passer à travers toutes les phases de lanalyse. Voilà ce qui sert à établir et à légitimer l’évolutionisme. Peu à peu, l’Étre passera, par un effort