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CHAPITRE VII

L'Hygiène et l'Islam

La loi musulmane est contenue non seulement dans le Koran, qui est Le livre par excellence, mais encore dans ses commentaires et dans les hadits, recueils d’anecdotes sur la vie de Mahomet. Les principaux hadits sont de Aïcha,la femme préférée du Prophète, d’Abou Horeïra, d’Ibn Abbas, d'Ibn Omar, de Djaber Ibn Abdilah et d'Arras Ibn Malk,ses disciples favoris. Leur ensemble forme la Sonna, la règle inviolable pour tout croyant. C’est d’elle que nous avons essayé de dégager l’ensemble des prescriptions relatives à l’hygiène.

L'Habitation.— Toute maison arabe est construite sur le plan de celle que Mahomet habitait à Médine. Jalousement gardée contre les indiscrétions du dehors par un couloir à angle droit, elle est un asile de calme et de silence. Aucune fenêtre ne s’ouvre sur la rue étroite et tortueuse où des immondices entretiennent souvent une odeur infecte. Toutes les pièces s'ouvrent sur une cour intérieure, pavée de grès ou de marbre, suivant la fortune du propriétaire. Des arceaux l’entourent, une vigne y tamise l’ardeur du soleil.

Souvent au centre un jet d’eau entretient une constante fraïcheur. Les murailles sont peintes chez les pauvres, chez les riches couvertes de faïence. L’ensemble respire la propreté et le bien-être. IL y a peu de meubles et les visiteurs se déchaussent avant d'entrer. La maison turque diffère peu de ce type. Aux étages supérieurs, elle a des vérandahs et des moucharabys que les glycines et Les roses grimpantes tapissent. Cette escalade de fleurs est un des charmes des rues aisées des villes turques. Chez les gens fortunés, un jardin s’étend derrière le logis. L’appartement des femmes est séparé de celui du maître et la plus méticuleuse propreté y règne.

Souvent on a parlé de la saleté répugnante des douars du sud algérien.Il y a là une exagération très grosse. Sordides, en effet, les huttes des bédouins misérables qui remontent vers le Sahel attirés par l'espoir d’y gagner de quoi mettre un peu de douceur dans leur existence d’éternels crève-faim, en se louant aux colons aux époques de moisson ; mais bien différents sont les véritables nomades, ceux qui vivent libres et errant dans le désert immense qu'ils considèrent comme leur domaine. J'ai quelquefois franchi le seuil d’une tente de caïl du sud, toujours j'y at admiré une propreté scrupuleuse et un luxe sobre qui faisaient honneur au maitre. En cela mes hôtes obéissaient à la loi du Prophète.

L'Alimentation.— Mahomet a réglé avec soin la question de lalimentation. € L’homme, dit-il, n’a pas à remplir de vase plus malencontreux que son ventre.» Il recommande la sobriété, comme étant une

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des vertus les plus agréables à Allah : « Le vrai croyantmange par un intestin,le mécréant par sept.» — « Mangez, buvez, mais sans excès » (Koran, vu, 89). Il est interdit de manger certaines viandes impures, comme la viande de porc; celui qui en avale une seule bouchée est souillé. D’autres sont également prohibées, du moins il est fortement conseillé de s’en abstenir. À la journée de Khaïbar, le Prophète dit à ses guerriers : « Les viandes les moins bonnes sont celles du cheval, du chameau et de l’âne » (Ibn Syma). À cause de cette-parole, tout bon musulman n’en mange jamais. Du reste, la meilleure viande ne vaut rien : « Soyez réservés dans l'usage de la viande; car elle a quelque chose de l'influence du vin » (Malek). En tout cas, doit être rejetée la chair de tout animal qui n’a pas été tué d’une manière sanglante. Certaines alliances culinaires réputées mauvaises sont maudites et leur usage ne doit pas être mis en pratique. Tels : vinaigre et lait, lait et poisson, fruits et lait, vinaigre et poisson, ail et oignon, fviande sèche et viande fraîche, aliments acides et aliments aigres, vinaigre et riz, grenade et bouillie, etc. On ne doit jamais mêler ensemble deux substances de nature chaude, ni deux de nature froide. Le vinaigre et l’huile qui ont séjourné une nuit dans un vase de cuivre doivent être jetés; ainsi du fromage et du morceau de rôti qui sont restés enfermés longtemps, ainsi de toute boisson ou de toute nourriture contenues dans un vase que l'on a oublié de couvrir.

Comme il est de coutume que les convives réunisà

un festin boivent dans la même coupe, il est interdit de respirer en buvant, car le souffle est impur. Il ne faut pas boire debout, ni à même une outre.

L'usage du vin et de toute liqueur alcoolique est fortement prohibé. Le musulman qui boit du vin commet un sacrilège : La « première goutte en est maudite » (Mahomet). « Tout ce qui enivre, tout ce qui fait perdre le sentiment du bien et du mal est interdit au fidèle d'Allah » (d.). « Une quantité égale à ce qui tient dans la main ouverte est défendue » (id.). |

Pour les malades la diète est un remède souverain: Mahomet la conseilla à Ali qui était fatigué. Ali l’observa et s’en trouva bien. — A ceux qui se plaignaient de lourdeurs d’estomac, de flatulences, le Prophète avait coutume de dire : « Mangez moins, souvenez-vous qu’excès de nourritures nous rend malhabiles à nous défendre contre les entreprises du démon. » Lui-même donnait l’exemple de la tempérance.

C’est certainement encore une raison de santé qui lui fit instituer les jeûnes annuels du Rhamadan. Il pensait que le corps à besoin de se refaire de temps en temps par quelques jours d’un régime sévère. « Le jeûne vous est prescrit comme il l'était à vos prédécesseurs » (Koran, 1,179). « Le mois de Rhamadan dans lequel le Koran est descendu du ciel pour être le guide et la lumière des hommes est destiné à l’abstinence » (Koran, 1r, 180).

Ce carème arrive le neuvième mois de l’année musulmane. C’est une époque sainte. Pendant ce temps

les portes de l’enfer sont fermées et les démors enchaïnés (Bokhari, xxx, 5). Le croyant ne doit rien prendre, même pas un grain d’orge depuis l'aube, jusqu’à l'heure où on ne peut plus distinguer un fil blane d'un fil noir (Koran, n,183). 11 doit aussi s’abstenir alors de tout commerce avec ses épouses. Ce temps est une époque de repos pour le corps. On doit le sanctifier en restant pur.Indépendamment du Rhamadan il y a au dixième jour du mois de Maharram un jeûne de vingt-quatre heures, PAchoura qui est facultatif, mais que ceux qui veulent atteindre à la sainteté doivent pratiquer (Bokhari, xxx, 1). Règles pour la vie journalière. — La loi musulmane conseille encore les exercices physiques comme très salutaires : « Allez en expédition, allez chercher du butin, voyagez et vous serez en bonne santé » (Mahomet).— « Dieu aime celui sous la tente duquel l'herbe ne sèche pas » (Mahomet), c’est-à-dire celui qui ne campe pas longtemps au mème endroit. « Dieu a donné l’espace aux fils du Désert » (Proverbe algéricn). Elle règle aussi les conditions du repos. Il ne faut pas dormir quand on vient de manger. Pendant le premier sommeil,il est bon de se coucher du côté droit comme faisait le Prophète lui-même (Aïcha). IL convient au sage de se lever de bonne heure : « Celui qui dort après l’asr (heure où l’ombre a la longueur exacte de l’objet qui la projette) n’aura à blâmer que lui-même» (Aïcha). — « Le sommeil du matin arrête les bienfaits du ciel » (Proverbe arabe). Il ne faut Jamais dormir sur le ventre, car c’est ainsi que les damnés dorment en enfer. Pendant les heures chau-

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