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des du jour le voyageur fera bien de se reposer à l’ombre. «Les démonsne pourront pasl'y atteindre. »
Les impressions morales ont, elles aussi, une grande importance. Leur retentissement sur la santé est souvent considérable. « Garde-toi de la colère ! » Le remède contre elle consiste à faire une copieuse ablution : « La colère vient de Satan. Satan a été créé du feu; or, l’ennemi du feu, c’est l’eau, que celui d’entre vous qui est en colère fasse donc une ablution. » Il faut se garder aussi d’une joie trop exubérante. — « Je n'aime pas les hommes à grande joie» (Koran). Il convient également d'éviter le chagrin ; en tous les cas un saint ne selaissera pas abattre par lui et réagira par des distractions saines : « Quand le souci te harcelle, tu n’as qu’à t’armer de ton arc.»
Le parfait musulman fera cinq ablutions par jour. Jamais il ne rentrera dans la mosquée sans se verser de l’eau sur les pieds. Il se baignera au moins une fois par semaine. Il n’y a pas une bourgade algérienne ou turque qui n’ait son hammam. Ordinairement un jour est réservé aux femmes, et c’est pour elles un jour de réjouissances, car elles en font un prétexte à de joyeuses réunions. Le croyant doit se faire épiler soigneusement le corps et raser la têle. Il ne conservera qu’une mèche par laquelle l'ange Gabriel le prendra pour l’emporter au ciel au jour du jugement. Cette coutume tend à se perdre ; mais les femmes ont toujoursle pubissoigneusement rasé, Elles seraient honteuses du contraire. Une habitude également religieuse vient en aide à la coquelterie
en les engageant àse teindre les ongles et les cheveux au henné.
Le henné n’est-il pas la plante souveraine contre tous les maux, celle qui pousse en touffes autour du trône de Dieu ?
On peut envisager comme une bonne précaution sanitaire l’obligation de se faire mettre de temps en temps des ventouses. Cette opération est dans lattribution des barbiers. A Constantinople, ils se promènent dans les rues avec leur matériel. Le client s’assevit sur une borne, à l’ombre du platane qui ombrage un carrefour, à La terrasse d’un café maure, ou Sur une tombe des cimetières immenses qui ressemblent plutôt à des parcs légendairesun peu abandonnés, où les vieux cyprès subissent l’escalade des jasmins, des clématites et des roses. L'opérateur place le plus souvent ses ventouses sur la nuque. Quelquefois illes scarifie. Il fait celagravement, dévotement, en psalmodiant à mi-voix des prières.
A la suite de loutes ces mesures d'hygiène, nous pouvons mentionner la circoncision, que les musulmans ont empruntée aux Juifs. £
Le mariage.— Lorsque Mahomet voulutréglementer le mariage, il se heurta à une grande difficulté. La polygamie régnait chez les Arabes. Beaucoup avaient jusqu'à douze ou quinze femmes. Mahomet voulut réagir. Il fut impuissant à supprimer cet abus, mais il le modéra. Sa loi ne permet aux fidèles que quatre épouses ; et encore conseille-t-elle comme excellent de n’en avoir qu'une : «Si vous ne pouvez les maintenir avec équité, n’en prenez qu’une » (Ko-
ran, 1V, 2). Elle se montre sévère sur l'observation d’une égalité très exacte entre les femmesd’un même harem afin que l’obligation d’avoir à les traiter toutes aussi somplueusement en réduise le nombre.
Le mariage est obligatoire pour tout homme pubère : « Que celui d’entre vous qui est en état de suffire à la copulation se marie. Le mariage doune la modération du regard » (Mahomet). « Employez vos richesses à vous procurer des épouses chastes et vertueuses » (Koran, 1v, 28). Il ne faut épouser une femme ni trop jeune, ni trop vieille. Le mariage consanguin est interdit : « Respectez les liens du sang » (Koran, 1v, 1). — « N’épousez pas les femmes qui ont été les épouses de vos pères » (Koran, IV, 26). — « Il ne vous est pas permis d’épouser vos mères, vos filles, vos sœurs, vos lantes, vos ” nièces, vos nourrices, vos sœurs de lait,vos grand’mères, les filles des femmes dont vous avez la garde. Vous n’épouserez point vos belles-filles, ni deux sœurs » (Koran, 1v, 27).
L'adultère est sévèrement puni. « Si quelqu’une de vos femmes a commis l’adultère,enfermez-la jusqu’à ce que la mort termine sa carrière » (Koran, iv, 10). « Imposez une peine à la femme libre et à l’homme libre surpris dans le crime » (id., 20). — « Que vos épouses soient chastes,qu’elles craignent l’impureté et qu’elles n'aient pas d’amant » (1v, 29),
Le Koran autorise toutes les caresses : « Va, prends pour femme une vierge qui te caresse et que tu caresses et ne te mels pas en coït avant de l’animer par des caresses. »
L’époux ne doit pas avoir commerce avec ses femmes pendant leurs règles : « C’est une tache naturelle. Séparez-vous de vus épouses pendant ce temps et ne revenez à elles que lorsqu'elles seront purifiées » (Koran). Nous avons vu aussi plus haut qu'il doit s’abstenir de l'acte charnel pendant Îe Rha- . madan ; des ablutions doivent précéder et suivre une nuit d’amour.
Le mari peut répudier ses femmes ; mais 1l faut qu’il les garde au moins quatre mois avant d’exécuter cette résolution une fois qu’elle est prise. On ne peut répudier la même épouse que trois fois. Il faut garder celle qui est enceinte jusqu’à sa délivrance (Koran, 11, 226 ; Lxv, 4).
Une mère doit allaiter son enfant deux ans (Koran, 433). Pendant ce temps,son mari ne peut coîïter avec elle, Une femme répudiée peut se remarier au bout de trois mois (Koran, r1, 228).
La Prostitution. — La loi musulmane semble condamner la prostitution. Mahomet défendait à ses disciples toutrapport sexuel avecune inconnue. D'un autre côté les Kalifes édictèrent des peines sévères contre les femmesde mœurs faciles. Ilssavaient quel’amour vénalest une grande cause de propagation des maladies vénériennes et ils interdirent au nom de la religion le mariage à tout homme débauché convaincu d’avoir attrapé du mal avec une prostituée. En Tunisie, on exile les filles publiques aux îles Kerkena, «afin qu’elles n’empoisonnent pas le sang des jeunes gens sur qui veille Allah » 1
La prostitution a pris de grandes proportions dans
les pays musulmans depuis l’apparition des étrangers. — La clientèle des lupanars est surtout composée de marins, de voyageurs que la curiosité attire. Si on se promène Ja nuit dans les ruelles de la Kasba d'Alger, on pourra se convaincre de cela; on sera étonné du peu d’Arabes que l’on rencontrera dans les maisons deprostitution indigènes. On remarquera aussi que la prostituée arabe ne perd jamais complètement le sentiment de la pudeur; ce qui prouve peut-être la nouveauté relative de ce genre de métier. Il nya pas encore une catégorie de femmes qui y soit fatalement prédestinée, comme dans nos vieilles civilisations européennes. Il faut excepter les ouled nains et certaines tribus kabyles,chez qui la prostitution est générale et semble être un reste d’antiques coutumes, d’ancestrales habitudes, peut-être d'anciens cultes. Il est à remarquer que ces tribus sont de races berbères et furent converties par la force à l’islamisme, dont elles observent leslois d’une façon bien peu rigoureuse.
Cependant Mahomet autorisa le concubinage. Les captives appartenaient à leurs vainqueurs, qui pouvaient sans mal agir les violer; mais ils avaient certains devoirs à remplir envers elles. Une fois qu’elles avaient été déflorées par eux, ils ne pouvaient plus les renvoyer et étaient tenus d'adopter les enfants qu’elles mettaient au monde. Elles-mêèmes devaient au maître une fidélité absolue. En somme, il n’y avait guère à les différencier des épouses légitimes que par une question de préséance.
Les Funérailles.— La loi musulmane n’oublia pas
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de régler la question des funérailles. Les cadavres doivent être enfouis dans la terre, à une profondeur assez grande. On marque l'emplacement des tombes par une colline ou par une simple pierre. Nul ne peut, sans commettre un sacrilège, remuer la terre qui recouvre les morts : « Le sol du repos est sacré.» Du reste, plusieurs légendes nous autorisent à croire que cette défense a une raison purement sanitaire.
Un jour, un habitant de Médine acquit un terrain où
avait existé jadis un cimetière. Malgré la défense de la loi, il y mit la charrue, mais voici qu’une flamme sortit du sol et l’enveloppa; en même temps, une odeur étrange et suffocante se répandait. Effrayé, notre homme s’enfuit chez lui, persuadé qu’il avait réveillé la colère des défunts. Il se coucha, la fièvre le prit. Trois jours après il était mort. Pendant les semaines qui suivirent, sés épouses et ses enfants furent emportés par le même mal que lui.
En Turquie, les cimetières sont plantés d’ifs et de cyprès. Les fleurs y poussent à foison. Peut-être connait-on l’influence heureuse des végétaux et les mulliplie-t-on dans ces endroits précisément pour qu'ils purifient Pair que des exhalaisons pourraient corrompre. En tous les cas, le charme des paysages y gagne et je ne sais rien de plus délicieux que les grands cimetières d’Ycoub, de Stamboul et de Sculari, qui sont comme des bois sacrés dans la ville.
Prophylaxie. — Mahomet recommanda aux croyants d'éviter les villes contaminées par un mal épidémique quelconque. Nous verrons prochainement qu’ils ont, hélas ! oublié ce conseil.
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