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CHAPITRE XI

Le Mysticisme

Le mysticisme n’est pas seulement un état particulier de l’âme toujours identique à lui-même, il est cela et autre chose encore. En le passant au crible d’une psychologie impartiale, après avoir analysé les pensées qui le guident, les actes qu’il détermine, toutes ses manifestations, les dogmes auxquels il aboutit,nous croyons pouvoir distinguer deux sortes de mysticisme qui n’ont de commun que létiquette. L’un n’a jamais nié l’empire de la raison ; au contraire, il s’appuie sur elle, après en avoir fait la complice du sentiment. Il s’étaie logiquement sur des abstractions métaphysiques, et ses conclusions s’établissent naturellement d’après les règles saines de la philosophie : c’estle mysticisme scientifique, le mysticisme rationnaliste, croyons-nous dire, car les deux mots unis ne jurent que pour ceux qui n’ont qu’une compréhension incomplète de chacun d'eux. C’est lui qui a servi à l’esprit humain pour ses ascensions les plus audacieuses. Il fut le bélier toujours en œuvre pour enfoncer les portes du mystère, et ses lumineuses méthodes d’induction ont souvent acquis des ré-

sultats que les méthodes expérimentales ne vérifièrent que plusieurs siècles après. C’est le mysticisme védique, celui de Sakia-Mouni, qui aboutit à affirmer la nécessité de la science,c’est celui qui dicta les poëmes Orphiques dont la morale ne fut jamais surpassée, quiinspira Pythagore et lui fit découvrir entre

autres merveilles les lois d'harmonie. Il fut la mé-

thode philosophique des Kabbalistes juifs, de Philon, d’Avicebron, de Maïmonide qui y trouvèrent les preuves et les lois de l'évolution. Toute l’école d’Alexandrie, Ammonius Saccas, Plotin, Jamblique, Numénius, Porphyre , Proclus, s’éclairèrent à son immortel flambeau et lui doivent d’avoir fait planer l'esprit humain jusqu'aux hauteurs ‘d’une logique quasi-divine. Il inspira saint Jean, Origène, saint Bonaventure. Plus tard, il dirigea les travaux de Paracelse, de Pic de la Mirandole, de Martinez, de Claude de saint Martin. Ce mysticisme-là constitue donc une école philosophique avec ses principes et sa méthode; à ce titre il a droit au respect auquel ont droit toutes les écoles, car de toutes, parmi beaucoup d'erreurs, sont sorties quelques vérités qui seules suffisent à les légitimer.

L'autre pourrait s'appeler le mysticisme empirique. Il se caractérise par une soumission de l’être à une impulsion morbide vers le mystère. Il ne s’appuie sur aucun raisonnement, mais seulement sur une foi sans contrôle, celle que vulgairement on appelle : Za foi du charbonnier. Son principe premier est peut-être une conception maladive de l'infini, un amour inquiet du surnaturel, une frayeur

instinctive et irraisonnée pour tout ce qui est ignoré, Jointe à une sorte de fascination de l'inconnu. Tertullien dans un jour de délire mystique, dont heureusement iln’était pas coutumier, s’écria : « Credo quia absurdum. » Cette phrase définit mieux que toute autre le mysticisme dont nous devons nous occuper ici,

Comment se développe-t-il chez l'individu, comment y évolue-l-ùl, à quoi y aboutit-il? Les réponses à ces trois questions nous montreront en quoi et comment les mystiques sont souvent des malades, qui relèvent de la pathologie et pour qui une thérapeutique spéciale et utile pourrait être instituée.

Etiologie du mysticisme. — Comment se développe-t-11? L’étiologie du mysticisme n’est pas mal aisée à faire, quoique très complexe. Disons d’abord que les femmes y sont plus sujettes que les hommes à cause d’une disposition particulière de leur esprit, plus apte que celui de l’homme à concevoir certaines subtilités sentimentales ; à cause aussi de leur nature même,dont toutes les tendances sont naturellement passives. L’âme de la femme est une cire molle sur laquelle le moindre empreinte se grave et reste. Egalement à cause de leur infériorité physiologique notoire. Les phénomènes de la menstruation font de la majorité des femmes de perpétuelles malades. Leurs nerfs surexcités portent à leur cerveau des impressions mystérieuses qui peu à peu les prédisposent au rève où elles se réfugient contre les misères de la vie réelle. Et c’estainsi que,de tendres et faibles qu’elles sont, elles deviennent mystiques,

ou

parce qu’elles se persuadent qu’au sein du mysticisme se trouvent des forces qui aident à souffrir.

Ceci esttellement vrai que toute peine, tout chagrin violent nous entraîne vers le mysticisme comme vers un port derefuge.Combien devinrentmystiques après lamort deceux qu’ilsaimaient,après la perte d’une fortune? Lisez n'importe quelle prière d'inspiration mystique, vous y pourrez voir que l’amourde Dieu est toujours conseillé comme la consolation suprême qui jamais ne manque à ceux quis’y plongent.Ils y trouvent, non seulement la force de pleurer ; mais encore ils arrivent à y trouverde la douceur à leurs larmes.

Les climats peuvent aussi avoir une influence sur l'étiologie du mysticisme. Les béguinages flamands et hollandais ne sauraient exister en Italie, ni même en France. Chacun sait combien fleurit souvent dans l’âme allemande la fleur bleue sentimentale. Le mysticisme ya dicté Werther et Faust, il y inspire les ballades tristes que tous les bateliers du Rhin savent chanter.

L'âge aussi a son influence. Beaucoup de jeunes filles ontla vocation religieuse à l’époque de leur nubilité. C’est alors qu’elles s’isolent dans des rêves de vie monastique. Leurs songes les promènent à l’ombre discrète et parfumée d’encens des cloîtres. Elles se plaisent dans le recueillement des chapelles où la cire des cierges distille une odeur chaude qui endort. Elles y imaginent tout un poème d’oraisons, de dévouement, d'amour divin, d’abnégation et de ciel. Get état dure souvent plusieurs années, il est favo rable au recrutement des ordres religieux.

Enfin les causes qui président le plus souvent à l'éclosion du mysticisme sont l'éducation et l’inftuence du milieu.

L'éducation surtout est à ce point de vue décisive. On peut en trouver des exemples dans la façon dont les Indous forment les fakirs. L'enfant que sa famille destine à cette sainte vocation est confié dès ses jeunes années à de sévères brahmanes, qui façonnent son esprit et le dirige vers la méditation et oubli des choses terrestres; car : « Le Dwidja doit vivre dans une forêt, muni d’une ferme résolution et parfaitement maitre de ses organes. » (Manou, vi, 1). Les mahométans agissent de même. Tous ceux qui sont allés voir les derviches tourneurs de Scutari, ont pu remarquer parmi eux des enfants qui déjà exécutent avec conviction les tours d'équilibre en usage dans la secte. Les chrétiens en font autant. Il y a quelques années, je visitai l’abbaye d’Entrame dansles environs de Laval. En parcourant les jardins, je fus très surpris d’y renconlrer une dizaine de petits moinillons de dix à douze ans vêtus de bure. Je demandais au frère qui me guidait ce que cela signifiait. Il m’avoua, sans réticence du reste, avec une inconscience parfaite, que, le recrutement devenant malaisé, il leur était habituel de prendre de très bonne heure des enfants pauvres, pour les plier à la règle et assurer ainsi l’avenir de l'ordre. — Pour se convaincre davantage de l’influence de l'éducation il n’y aurait qu’à ouvrir une vie des saints et à lire ce qui a rapport à la jeunesse de chacun d’eux. A chaque instant les Bollandistes vous disent : « Ses pa-

rents étaient des gens pieux et dévoués aux bonnes

œuvres. » « Sa mère l’éleva dans la crainte de Dieu

et l'horreur du péché. » « Il eut durant son enfance l'exemple de toutes les vertus. »

Combien de petites filles deviennent mystiques au moment de leur première communion? L'éducation spéciale aux mois qui précèdent cet acte, cet acte lui-même en sont causes. On leur a appris le catéchisme, mot à mot d’abord,ensuite longuement commenté; on leur a fait faire une retraite pendant laquelle le prédicateur exalte l’amour divin. Arrive le jour de la cérémonie; du blanc partout, des fleurs, des lumières, l'orgue, les cantiques, alors il n’est pas rare de constater chez quelques enfants des phénomènes d’extase. C’est l'influence du milieu qui s'exerce et qui parachève l’œuvre de l’éducation. De la première communion datent certaines anémies, certaitaines hystéries, des neurasthénies souvent rebelles aux traitements les plus sérieux, des inévroses. Une épileptique m’avoua avoir eu sa première crise le jour de sa première communion à la fin de la messe. Presque tous les ans pendant cette messe, les suisses doivent emporter quelques fillettes pâmées, ou d’autres qui soudain se sont mises à sangloter sans motif et dont rien ne peut tarir les larmes.

Les protestants et les Russes ont compris le danger. Chez eux, la première communion se fait à 16 ans, à l’âge où l'esprit déjà plus assis est moins apte aux emballements d’une sensiblerie maladive.

Nous retrouvons l'influence du milieu dans la vie monastique aussi bien chrétienne qu’autres. Il n’y a

qu’à étudier un peu la règle des lamaseries thibétaines et chinoises, pour se convaincre qu’elle ne le cède en rien comme ascélisme à celles de nos trappes les plus rigides. Le silence, la méditation, le jeûne, la prière et les macérations de toutes sortes y sont prescrits. [l n’est pas étonnant de rencontrer parmi les gens qui observent une telle règle, des mystiques sujets aux hallucinations, à la catalepsie et aux crises épileptiformes. Nous avons vu,à propos de l’exorcisme, par quel phénomène psychologique une religieuse peut devenir démoniaque et possédée. C’est l'influence du milieu qui agit sur elle. Sa sœur ayant le bonheur d’avoir une conscience moins accessible aux scrupules, moins sujette aux épouvantements

d’un remords factice, mais douée au contraire d’une grande confiance en soi et persuadée de sa sainteté, aura des extases divines et recevra des révélations célestes. L'histoire nous fournit une foule d'exemples de mysticisme développé sous linfluence du milieu. L’initié des mystères égyptiens et grecs était longuement préparé par le jeûne et par la prière. On exigeait de lui une grande fréquentation des sanctuaires et ce n’est que lorque son esprit, perpétuellement tendu vers l'inconnu divin qu’il désirait savoir, avait atteint un état de fièvre religieuse qu'on lui révélait les arcanes de la doctrine. La cérémonie était toujours nocturne et s’accomplissait avec des symboles, des pompes merveilleuses, des lumières par milliers et des musiques suaves. Souvent, la salle d'initiation était machinée comme un théâtre et des choses étranges apparaissaient aux yeux des néo-

phytes. On jouait devant eux des scènes mythologiques. Tout celaénervait à un tel point leurs facultés, qu'il n’était pas rare de les voir tomber en extase et faire à l’invisible la déclaration d’un amour surhumain. | :

Chez les Hébreux, les prophètes devaient vivre d’une façon spéciale et s’entraîner à leur mission par la retraite et la lecture des livres.

Aux premiers siècles du christianisme, la Thébaïde se peupla d’anachorètes. Du désert, un ardent épithalame monta vers le ciel. Et ce pays, jusque-là inhabité à cause de son aridité et de sa misère, devint, pour ces mêmes raisons, celui où fleurit la sainteté la plus grande. Un mysticisme ardent emprisonnait tous ses habitants dans des chaînes d’amour. Il exaltait leur passion pour le mystère jusqu’au délire.On vit se passer des choses étranges. Antoine eut des visions gigantesques. Paul l'Ermite sympathisa avec les lions. Siméon resta dix ans complètement emmuré. Alypius vécut au sommet d’une colonne, Sérapion fit river autour de lui un cilice de fer dont le poids l’empêchait de marcher. Tous demandaient à grands cris la souffrance comme le plus précieux des biens. L’âpre volupté de l’amour divin faisait frissonner leur chair ulcérée. Leur esprit planait à Ja suite des strophes de leurs prières dans des régions inaccessibles. Les démons les tentaient, mais des légions d’anges veillaient autour d’eux. L’époque et le payscausèrentcette démence mystique.Le schisme ravageait la chrétienté encore jeune. Tous les dogmes chancelaient. Une foule de points obscurs étaient

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mis en doute par les hérésiarques. Or ces hommes se réfugièrent dans l’amour pour se défendre du doute. Dégoûtés du siècle, lassés par les longues discussions des conciles, ils s’exilèrent volontairement dans l’aride Thébaïde. Là, mille splendeurs nouvelles leur farent révélées. La solitude était autour d’eux et la conscience de leur faiblesse humaine les jeta dans une inquiétude obscure. A chaque aurore et à chaque crépuscule, le soleil étalait sur l’horizon la magie glorieuse de sa puissance. La chaleur des midi faisait trembloter de vagues effluves audessus des pierrailles qu’elle déformait. Chaque nuit des clameurs lointaines de bêtes emplissaient le silence. Tout un bruissement de vie cachée montait s’épandre vers le ciel profond où des milliers d'étoiles dessinaient des signes géométriques. Les anachorètes avaient cherché Dieu, ils trouvaient l'inconnu. Le mystère était autour d’eux. Ils s’y sentaient noyés, et cela seul suffisait à les rendre visionnaires, à faire d'eux de grands mystiques.

Il est à remarquer que le mysticisme apparut toujours aux époques troublées de l'histoire. Il domina le moyen âge. Un livre ne suffirait pas à dire comment il y prit naissance, de quelle façon il s’y développa, ce quil y fit.

Evolution du mysticisme. — Comment le mysticisme évolue-t-i?— D'après ce que nous venons de dire, il se présenterait sous forme épidémique ; peuton jusqu’à un certain point le dire contagieux ? La contagion de certains états psychiques est un fait reconnu, le mysticisme y obéit souvent. Le cas des

religieuses de Loudun en est une preuve; une preuve aussi, les faits plus ou moins curieux qui se passèrent sur la tombe du diacre Pâris. Dans ce cas, il est à présumer que les mêmes causes, le même milieu, influent d’une façon analogue sur certains esprits qui se trouvent en parenté de sentiments.

But du mysticisme. — A quoi aboutit le mysticisme? — Son but est d’arriver à la connaissance de l’invisible, à l'intuition du mystère ; examinons les procédés qu’il emploie et nous verrons qu’il est facile de les identifier avec des états pathologiques bien définis et éludiés depuis longtemps. La méthode mystique est tout entière contenue dans la recherche de ces trois états ou plutôt de ces trois phases successives d’un même état : medilalion, extase, hallucination.

La méditalion est la première étape qui conduit aux hauteurs mystiques. Les ordres contemplatifs qui vouent leurs membres à la vie mystique, en font pour tous une sainte obligation.

En dehors du christianisme, nous la retrouvons chez les fakirs qui s’y livrent avec ardeur, chez les derviches, chez les bonzes. Les prêtres égyptiens et les mages y consacraient de longues heures chaque jour. Qu'est-ce donc que la méditation, sinon l’acte psychologique par lequel, étant donnée une idée dominatrice qui vous a frappé, on la prend comme point de départ de réflexions, on la retourne, on l’examine on la ressasse au point de la graver pour jamais dans sa mémoire. Or toutes les phobies, toutes les idées fixes, toutes les obsessions portent vers la médila-

üon. Et qu'est-ce qu’une phobie, qu'est-ce qu'une idée fixe, qu'est-ce qu’une obsession, sinon un symptôme de certaines psychoses, qui, deloin ou de près tiennent à l’aliénation (1) ?

Le second degré de perfection mystique est l’exfase. Elle se confond souvent avec la catalepsie. Léo Gau bert, dans sa remarquable thèse sur la ‘catalepsie chez les mystiques, en a donné une très belle étude appuyée sur trois exemples célèbres, sainte Thérèse, la bienheureuse Marguerite-Marie et sainte Lydwine de Schiedam. Il y montre chez ces trois extatiques des tares nerveuses parfaitement caractérisées. Aussi utile pour prouver la thèse serait l’étude d’une foule d’autres extatiques ; sainte Brigitte, sainte Françoise Romaine, Me de Chantal, Agathe de la Croix, Marie-Rosa-Adriani, Bernadette Soubiroux, etc. Sainte Hildegarde, qui s’y connaissait en mystique, avait pu dire, il y a plusieurs siècles : « Dieu n’habite pas les corps sains. » Elle soupçonnait l’étroite parenté qui existe entre l'hystérie et la sainteté. Elle savait que l’extase est la preuve d’une infériorité physiologique.

Le plus haut degré de perfection mystique arrive à la vision directe. L'idée prend forme, se projette au dehors, semble s’extérioriser. L’extatique devient alors un halluciné. Il voit sa propre pensée comme dans un miroir. Des images et des sons irréels frappent ses sens — : « l’hallucination est une perception sans objet », dit Esquirol. Le premier, il étudia comme un phénomène morbide. Avant lui, elle était

(4) Janet, Névroses el idées fixes; —Culerre, les Frontières de la folie.

regardée comme divine ou diabolique,suivant lorthodoxie des visions décrites. Nous savons qu’elle se rencontre dans-de nombreux cas pathologiques. Les aliénés, les hystériques, les névropathes, les alcooliques, les morphinomanes,les paralytiques généraux, les épileptiques y sont sujets.D’autres fois elle se produit sans être nécessairement symptomatique de ces différentes maladies; il suffit alors pour les faire naître d’un trouble de la circulation cérébrale ou d’un surmenage intellectuel. Le cas est fréquent chez les mystiques. La plupart des hallucinations peuvent s'expliquer d’après la théorie de Baillarger,qui, tenant compte de son caractère psychosensoriel, la considère comme un phénomène pathologique qui se produit lorsque sont réalisées les trois conditions suivantes : {° exercice involontaire de la mémoire et de Pimagination; 2° suspension des impressions externes (extase); 3° excitation interne des appareils sensoriaux.

Dépine en formule une autre théorie fort ingénieuse, basée sur l'existence des neurones. Il suppose une excitation des cellules qui ont conservé l'empreinte d'objets connus autrefois. Il y a alors propagation par voie centrifuge aux ganglions sensitifs où l’idée se transforme en une sensation.

Les pages qui précèdent établissent suffisamment que le mysticisme a besoin, pour se réaliser, de trois procédés qui constituent trois symptômes morbides bien définis. Donc nous pouvons dire que ceux qui se livrent à lui seront fatalement menés vers un état pathologique grave, ou tout au moins verront

s’agograver et devenir incurables des tares déjà existantes chez eux.

Loin de nous la pensée d’accuser les religions en celte occurrence. Nous savons qu'aucun de leurs dogmes n'établit, qu'aucun de leurs ritesne conseille le myslicisme, mais il n’en est pas moins né en marge de leurs dogmes et de leurs rites. Le mysticisme est une fleur vénéneuse qui pousse à l’ombre des sanctuaires. Le tort des clergés a été de nier le danger qu’il peut y avoir à la cueillir et de la cultiver avec tendresse. Les religions furent d’admirables formules de lutte pour la vie, pourquoi ont-elles laissé pénétrer des éléments morbides en elles ?

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