V EVOLUTION EN PATHOLOGIE
de propager la maladie et ce fut contre eux que se déchaîna la colère d'un peuple superstitieux et ignorant.
La folie qu'engendrent les grandes épidémies peut revêtir un côté mystique; telle fut l'origine de la secte des flagellants : au moment de la peste noire, des bandes d'hommes presque nus parcouraient l'Allemagne, les Pays-Bas, le nord de la France, se frappant à coups de discipline, chantant des cantiques, disant que leur sang se mêlait à celui du Christ pour le salut de la chrétienté.
Il existe d'autres épidémies de folie qui résultent de la tendance de certains esprits à lutter brutalement contre ce quiestétabli, à vouloir renverser la société ou arrêter le progrès, à vouloir faire aboutir par une violence irraisonnée les reven* dications sociales. Nous n'insisterons pas sur cette psychose qui, le plus souvent, aboutit à la criminalité et dont l'histoire actuelle nous montre, en certains pays d'Europe, de nombreux et terribles exemples.
En résuiné^ quelle que soit la branche de la médecine que l'on envisage, on reconnaît facilement que les types morbides ne sont pas fixes, que des maladies anciennes disparaissent, que des maladies nouvelles prennent naissance, que les formes cliniques se modifient constamment. Ces notions sont également vraies, qu'on étudie les infections, les intoxications, les traumatismes, les troubles nutritifs ou les vices héréditaires. Chaque époque a ses inconvénients et ses avantages et, si la nôtre a vu naître de nouvelles causes morbifiques, elle a su leur opposer de nouveaux moyens curatifs ou prophylactiques. Il en résulte que les accidents sont conjurés, mais il en résulte aussi une complication croissante de l'existence, puisqu'il y a augmentation simultanée ou successive des causes pathogènes et des moyens de défense.