I. Epht
bE LA MÉDECINE A ROME
PLAUTE. — TÉUENCE.
Plaute, contemporain d’Ennius, mais un peu plus jeune que lui (Eunius est né en 239 avant Jésus-Christ, Plaute en 224 ou 227), fournit à M. Méniére une riche moisson. Gela s'explique aisément : Plaute n’était pas l'ami de Caton, par conséquent il n’était pas l’ennemi des médecins ; il écrivait des Comédies^ et non pas des Annales ou des Tragédies. D’Ennius nous n’avons que des vers isolés, tandis que les copistes nous ont conservé de Plaute des comédies entières. Aussi les scènes médicales, les indications de maladies et de traitements abondent dans ce qui nous reste du prince de la comédie latine ; je n’ai vraiment que l’embarras du choix. Mais aussitôt se présente à l’esprit une difficulté considérable : ces antiquités médicales , qui abondent dans Plaute, se rapportent-elles à la Grèce ou à Rome ? Plaute, qui a imité les poètes grecs , ne leur a-t-il pas emprunté jusqu’aux personnages, jusqu'aux moindres détails de mœurs ? Il est vrai qu’avec Plaute nous en sommes encore à la fabula palliata, à la comédie en manteau ; les personnages sont habillés à la grecque • ils ont des noms grecs, mais ils parlent et , agissent en Romains. Évidemment on joue les scènes de la vie romaine sur un théâtre grec, et, comme le remarque avec autant de finesse que de raison l’élégant traducteur, l'interprète érudit de Plaute : « Il y avait quelque chose de sympathique pour les spec-
sous LA RÉPUBLIQUE.
tateurs dans les personnages de Plaute; il latinisa ses imitations par les ressorts dramatiques, par l’esprit du dialogue, par une foule de dessins originaux, et présentait aux Romains le miroir de la société romaine. Voulez-vous pénétrer dans l’intérieur des maisons, surprendre les Romains en partie de plaisir avec leurs maîtresses ou en querelle avec leurs femmes, non plus sous les armes et sous la prétexte, mais en négligé, en déshabillé? Lisez Plaute. Son théâtre est l’histoire secrète et anecdotique de la vie romaine *. » — Voulezvous, dirai-je à mon tour, surprendre à Rome le médecin grec dans son cabinet ou en visite chez ses clients? Lisez Plaute, et commencez par entrer avec lui dans la maison du docteur.
A Rome comme à Athènes, les médecins avaient boutique sur mQ[iatreion, officine médicale). nous y introduit par un chemin assez détourné, dans cette comédie si bouffonne et si hardiment imitée par Molière, dans V Amphitryon. Jupiter a pris la figure du héros Amphitryon pour séduire la belle et vertueuse Alcmène; l’époux légitime, l’heureux vainqueur des Téléboens, arrive un peu trop tard ; Jupiter a pris sa place, et on lui refuse l’entrée de sa propre maison ! R ignore 'sa mésaventure, veut à toute force se faire reconnaître, et invoque à grands cris le témoignage de son pilote Naucratès ; mais Naucratès a disparu ; c’est en vain qu’Amphilryon a parcouru les places, les gymnases, les parfumeries, le lieu où se réunissent les négociants (nous dirions aujourd’hui la