M. Xaudet. Notice sur la vie et les écrits de Plaute
DE LA MÉDECINE A ROME
Bourse), le marché, le forum; c’esl en vain qu’il est entré dans la boutique des médecins et dans celle des barbiers. Le rapprochement est bien trouvé ; nos voisins les barbiers ont profité du contact; ils sont devenus nos confrères et ont fini par nous faire une rude concurrence, qui dure encore dans maintes contrées, et en France dans maintes provinces.
A entendre Plaute , on croirait volontiers que les boutiques des médecins (rappelez-vous qu^’Archagathus en avait une à Rome en §3S) et celles des barbiers étaient le rendez-vous des flâneurs et l’oflicine des cancans. Cela, du moins, n’est glus guère vrai maintenant que de la boutique des barbiers ; et môme dans l’antiquité nous trouvons plus d’une officine médicale fort respectable, à commencer par celle d’Hippocrate et à finir par celle de Galien. — Un des auteurs de ta Collection hippocratique recommande au médecin de choisir pour sa demeure un emplacement convenable et bien exposé. Dans l’officine proprement dite , tout devait être disposé pour la pratique des opérations petites ou grandes ; en conséquence , elle était pourvue de machines, d^appareils, de lacs, d’instruments bien aiguisés, de linge, d’éponges, de sièges, de bancs et de tout ce qui sert au pansement des plaies. Comme l’officine était en même temps une pharmacie et un dispensaire, on y trouvait toutes sortes de médicaments simples ou composés. Il y avait, ainsi que de nos jours, des préparations magistrales exécutées instantanément, suivant l’occuirence, et des préparations officinales réglées par une espèce de Codex auquel Hippocrate renvoie quelquefois. Ces préparatiousétaient
sous LA RÉPUBLIQUE.
faites dans l’officine par les médecins qui les vendaient pour être emportées, ou les administraient sur place. On voit même que les hippocratistes, pour n^être jamais pris au dépourvu, se faisaient suivre d’une petite pharmacie et d’un appareil de pansements quand ils pratiquaient au loin. Des aides libres ou esclaves aidaient le médecin dans l’officine, l’accompagnaient dans ses courses et restaient auprès des malades quand le cas était grave.
Les matières premières tirées de l’un ou l’autre règne étaient fournies aux médecins sur les marchés publics, soit par les rhizotomes (coupeurs de racines), chargés de recueillir les plantes ou les sucs ; soit par Xti pharmacopoles, espèces d’herboristes qui avaient sous leurs ordres des botanistes, auxquels était confié le soin de séparer les mauvaises herbes des bonnes. Les pharmacopoles débitaient toutes sortes de drogues, simples, médicamenteuses ou vénéneuses. On ne connaît pas bien leurs rapports avec le public. Toutefois les témoignages concordent pour établir qu’ils ne remplissaient en aucune façon le rôle de nos pharmaciens, qu’ils ne servaient point régulièrement d’intermédiaires entre le malade et le médecin, qu’ils ne vendaient pas sur ordonnance^. Que le malade d’Athènes ou de Rome se soit adressé volontiers aux pharmacopoles, comme le malade de Paris aux marchands de la rue des Lombards, cela n’est pas douteux ; encore il paraît que les médicaments, surtout les médicaments composés délivrés par les pharmacopoles, étaient