‹ La médecine, histoire et doctrinesChapitre 113 sur 118 · MÉDECINE MILITAIRE · texte numérisé non relu

MÉDECINE MILITAIRE

sés ou fiévreux, 29,000 sont sortis opérés ou convalescents. La chirurgie conservatrice surtout a fait des prodiges.

Les inhalations de chloroforme mises en usage indistinctement pour tous les opérés ont donné d’excellents résultats et n’ont entraîné aucun accident : c’est, après la longue expérience faite en Crimée, la consécration la plus décisive des heureux effets et l’innocuité dans le plus grand nombre des cas de cette merveilleuse invention. Dans les ambulances ou dans les hôpitaux improvisés où les opérations se font sur place, et non pas au milieu d’un amphithéâtre, le chloroforme a l’inappréciable avantage de supprimer avec la douleur ces cris déchirants qu’arrachent le couteau ou le bistouri, et qui portent un trouble profond dans l’âme de ces pauvres blessés auxquels le chirurgien va tout à l’heure demander aussi le sacrifice d’un bras ou d’une jambe. L’emploi du chloroforme a permis à M. Bertherand de faire une observation fort curieuse et qu’il suffit de rapporter textuellement pour qu’on en puisse tirer toutes les conséquences physiologiques et psychologiques qu’elle renferme. «Tandis que les blessés autrichiens, dit M. Bertherand, tombaient pour ainsi dire asphyxiés, foudroyés par les premières inhalations, les blessés français, en proie à une grande exaltation, entraient, aussitôt la chloroformisation commencée, dans une période de contraction très-active, très-difficile à modérer, impossible à abolir entièrement. Rien de semblable n’avait été noté dans mes inhalations de chloroforme aux nombreux blessés de Kabylie et d’Algérie. » 11 faut ajouter que ce phénomène se produisait surtout chez les soldats et rarement chez les officiers.

Les récentes inventions qui ont augmenté à la fois le nombre et la gravité des blessures ont aussi contraint la chirurgie militaire à multiplier ses ressources. C’est ainsi, par exemple, que les balles coniques forcées ne sont pas toujours soumises aux mêmes procédés d’extraction que les balles sphériques, et qu’elles produisent aussi des désordres d’une espèce particulière. Les blessures par arme blanche, beaucoup moins fréquentes que ne semblent l’indiquer les

APPENDICE

charges à la baïonnette dont il est si souvent question dansles relations de batailles, paraissent, en certains cas, devenues plus redoutables par suite de la nouvelle forme des armes.

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