De libris prop., cap. 2, t. XIX, p. i
2. Deux seulement sont arrivés jusqu’à nous : De captionibm penes dictionem ; et YIntroductio logica , ouvrage découvert au mont Athos et publié par Mynas. Paris, 1844, chez Didot. On trouve encore parmi les œuvres de Galien un autre traité intitulé Que les qualités sont incorporelles. Sprengel (/oc. sup. cit., p. 149) regarde cet opuscule comme un ouvrage authentique de Galien; mais lui-même fournit la preuve du contraire en démontrant que cet écrit est spécialement dirigé contre les stoïciens, lesquels soutenaient que les qualités sont des corps. Il semble qu’une opinion aussi arrêtée (cf. surtout cap. 2, t. XIX, p. 46C) est incompatible, d’une part, avec les hésitations primitives de Galien quand il s’agit de déterminer si quelque substance, Tàme, par exemple, est on n’est pas corporelle; d’une autre part avec la doctrine qu’il finit par soutenir sur la matérialité des forces et de l’âme. — Voyez dans Ackermann {Hist. lit. Gal.^ éd. de Kuehn , p. cxcvicciv) la liste des ouvrages et opuscules philosophiques perdus : on en compte plus de cent.
3. Des ouvrages écrits sur la morale, il ne nous reste que trois opuscules : Sur la connaissance et la guérison des affections; — Des aberrations de l’âme: — Que le caractère suit le tempérament du corps.
DE GALIE>’
Que les facultés de l'âme suivent le tempérament du corps, un fragment Sur le limée, dont j’ai publié le texte inédit (avec traduction, notes et introduction, Paris, 1848), enfin le remarquable ouvrage Bes dogrnes d'Hippocrate et de Platon, en neuf livres ; malheureusement le commencement du premier livre est perdu.
Galien a en outre composé divers traités sur les mathématiques dans leur application à la philosophie, entre autres un livre intitulé : Que la démonstration géométrique est préférable à celle des stoîciens\ Nous trouvons dans cette ardeur pour les mathématiques l’explication toute naturelle de la régularité du système médical de Galien , et peut-être aussi de cet esprit tranchant qui en fit un confrère assez peu charitable, un adversaire souvent acerbe et parfois injuste
Mais si nous ne nous trompons, cette prédilection • exerça une influence peu avantageuse sur les études philosophiques de Galien ; il ne suffit pas en effet de tirer les conséquences d’un principe, il faut encore remonter jusqu’au principe lui-même et en déterminer la nature, la valeur et l’essence; or ce n’est pas ce que fait Galien : il prend d’ordinaire pour base de ses raisonnements des idées qu’il a recueillies dans divers
1. Ve Ub. prop., cap. 16, t. XIX, p. 47. Galien avait encore écrit un livre Sur le calendrier [Com. in Progn., iii , 4, t. XYIIP, p. 240.)
2. Il avait puisé, pour la géométrie en particulier, un goût trèsproncncé dans les leçons de son père (Xicon lui-même appartenait à une famille de mathématiciens), qui lui exprimait souvent le désir de voir ses maîtres se servir de démonstrations géométriques, prétendant que c’était le seul moyen pour eux d’être d’accord. {Lib. sup. cit., cap. 8, p. 42.)
systèmes de philosophie et qui lui offrent un certain degré de probabilité, sans chercher à se rendre toujours compte ni de la valeur absolue de ces idées, ni des relations qui existent entre elles ‘ ; nous en acquerrons la preuve dans le cours de ce travail.
Privés, comme nous l’avons dit, de la plupart des livres de Galien, nous allons essayer de faire connaître, à l’aide de ceux qui nous restent, ses opinions tou chant les points les plus importants de la science philosophique, telle que les anciens la comprenaient : nous parlerons d’abord de ses travaux sur la logique , qui, dans l’opinion commune de l’antiquité, comprenait la métaphysique ; nous exposerons ensuite ses tliéoriessur la nature, sur l’âme, puis les principes fondamentaux de sa morale ; nous indiquerons les avantages qu’on peut retirer de la lecture de ses œuvres pour Phistoire de la philosophie; enfin, nons présenterons quelques considérations sur ses doctrines mystiques.