‹ La médecine, histoire et doctrinesChapitre 44 sur 118 · Lib. snp. cil., it, 2, p · texte numérisé non relu

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ET DE SES DOCTRI!\'ES PHILOSOPHIQUES. 9i

la douleur est ropinion récente de la présence d’un mal, la peur l’expectative d’un mal, le plaisir l’opinion récente de la présence d’un bien. Par suite du même principe, les vertus ne sont plus que des applications diverses de la science, et la science elle-même est aussi la vertu dans son unité et sa généralité « Ariston, dit Galien, croyant qu’il n’y avait qu’une faculté de l’âme, celle qui nous fait penser, n’admet aussi qu’une vertu de l’âme, la science du bien et du mal. Quand il s’agit de choisir le bien et de fuir le mal, il appelle cette science tempérance ; quand il s’agit de faire le bien et de ne pas faire le mal, il l’appelle prudence; quand on ose l’un et qu’on fuit l’autre , il l’appelle courage ; quand on donne à chacun ce qu’il mérite, il la nomme justice. En un mot, si l’âme, sans agir, reconnaît le bien et le mal, c’est la sagesse ou la science ; si la sagesse et la science se mêlent à l’activité de la vie, on appelle l’àme prudence, tempérance, justice et courage. »

Nous ne comprenons pas plus que Galien comment Chrysippe a pu combattre cette doctrine , qui nous paraît parfaitement conséquente. Environ un siècle après Chrysippe, Posidonius, que Galien appelle le plus savant des stoïciens enseigna, en se rapprochant de Platon, qu’il y a trois facultés qui nous dirigent ; la concupiscente, la courageuse et la pensante. Comment n’a-t-il pas compris que celte théorie renversait de fond en comble la philosophie stoïcienne? Il serait intéressant de voir par quels artifices il cherchait à se persuader qu’il était encore dans la voie du stoïcisme.

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