‹ La Médiastinite SyphilitiqueChapitre 4 sur 29 · Lambour, Thèse de Paris, novembre x · texte numérisé non relu

Lambour, Thèse de Paris, novembre x

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observations la véritable nature de l'affection reste méconnue.

En réalité trois affections dominent l’étiologie des médiastinites chroniques : la tuberculose, la syphilis et le rhumatisme articulaire aigü. Chacune d'elle, cependant, ne crée pas un syndrome médiastinal identique et bien que très souvent délicat, leur die

gnostic respectif n’est pas impossible.

La tuberculose est la maladie qui le plus souvent préside à la transformation fibreuse du médiastin, seule ou de connivence avec la syphilis, mais cette dernière infection est susceptible, tout en restant isolée de provoquer tout aussi sûrement la sclérose

de ce même tissu médiastinal.

La médiastinite syphilitique n’est pas une affection fréquente, toutefois il serait regrettable de méconnaître son existence, et, sison diagnostic est souvent difficile, comme d’ailleurs celui de toute la syphilis viscérale, il n'en est pas moins vrai que lorsqu'il se pose il conduit à application d'un traitement curateur si important que le médecin doit toujours penser à sa possibilité,

La bibliographie de la médiastinite syphilitique est peu copieuse, car elle se confond avec celle de la médiastinite chronique. La plupart des auteurs reconnaissent très volontiers la syphilis comme une cause fréquente de médiastinite, mais les observations demeurérent toujoursrares,et surtout leur vérification anatomique pour permettre de préciser la nature de

ces syndrames médiastinaux essentiellement polymorphes et souvent d’étiologie complexe.

Dés 1855, Oulmont (1) dans son Mémoire sur les oblitérations de la veine cave supérieure signalait que l’anévrysme de l'aorte pouvait comprimer les veines par sa seule présence, mais que, plus souvent, il y avait des lésions de tous les tissus avoisinant l'aorte et particulièrement des vaisseaux, des veines surtout. Il rappelle une observation caractéristique de Martin Solon, publiée en 1836, dans les Archives générales de Médecine. Chez un individu mort après avoir présenté des signes de compression de la veine cave supérieure, cet auteur avait constaté l’oblitération complète de la veine cave supérieure dont le tissu était entièrement confondu avec les parois d’un anévrysme de l’aorte ascendante, et la disparition du tronc veineux brachio-céphalique gauche sur une étendue de deux pouces. Aorte et veine se trouvaient entourées d’un tissu fibreux, dense occupant une partie du médiastin antérieur et supérieur. À cette époque on ignorait encore les relations de l’anévrysme aortique et de la médiastinite avec la syphilis, mais «si l’on songe que cette oblitération de la veine cave supérieure peut être la conséquence de véritable syphilome diffus du médiastin accessible au traitement spécifique, on voit que le pronostic n'est pas aussi constamment fatal que ie pensait Oul-

1. Oulmont, Bulletin de la Société médicale d'observations, 1855.

mont ». (Sergent). En 1890, Raymond (1), rapporta à la Société médicale des hopitaux, l'observation d’un malade mort, en quelquesjours, d’asphyxie suffocante et à l'autopsie duquel on trouva des lésions syphilitiques tertiaires de la trachée et des bronches avec envahissement du médiastin, adénopathie péritrachéale, compression du récurrent droit et rétrécissement de la trachée par une tumeur adhérente aux tissus voisins. Cette tumeur, formée d’un tissu d'apparence vilreuse. résistant. présentait dans son épaisseur quelques noyaux plus durs, criant sous le scalpel et quatre ou cinq petits foyers de ramollissement du volume d’un haricot renfermant une matière caséeuse semi-liquide.

Le foie présentait plusieurs gommes en voie de ramollissement. La syphilis remontait à dix-huit ans et avait été très mal soignée.

Nous trouvons particulièrement intéressante une observation de Comby (2) relative à un malade qui fut présenté une première fois à la Société Médicale des hôpitaux en r8y2 pour oblitération de la veine cave supérieure avec accès d’élouffement et matité rétro-sternale. La syphilis remontait à six ans et avait été très négligée. Le malade qui se présentait

dans un état alarmant : congestion de la face, trou-

1. Raymond, Gazette des hôpitaux, 12 juin 1890. 2. Comby. Société médicale des hôpitaux, janvier 1892, décembre 1893, février 1906.

SAN 2e bles de la vue et de l’ouïe, céphalée, épistaxis, accès de dyspnée avec angoisse et cyanose, œdème de la face et du cou, fut soumis au traitement mercuriel intensif. Une amélioration considérable en résaltat et coïncida avec le développement d’une circulation collatérale des plus nettes. Sept ans après, le malade ne présentait aucun trouble fonctionnel, mais la circulation collatérale persistait « exubérante et magnifique ». Le malade mourut de paralysie générale en 1906.L’autopsie montra le médiastin antérieur rempli par un amas de tissu fibro-adipeux intimement adhérent à la trachée, aux bronches et aux gros troncs

vasculaires, nolamment à la veine cave supérieure.

La paralysie générale rendait très probable l’origine

syphilitique de cetie médiastinite, et, d’ailleurs le développement de la circulation. collatérale avait succédé à la mise en œuvre,.dm,trailement spécifique.

Dans un autre cas rapporté à la même époque par M. Barth, on avait songé à une adénopathie tuberculeuse. Q Il s'agissait d’une femme de vingt-cinq à vingt-huit ans qui me fut adressée par le D' Dufour (de Plaisance) pour des symptômes faisant soupçonner une tumeur du médiastin (toux quinteuse, cornage, respiration humée au niveau de la grosse

bronche droite, cyanose du visage, et des membres

supérieurs, etc). Je diagnostiquai une adénopathie

trachéo-bronchique probablement tuberculeuse,avec compression de la bronche droite et de la veine cave supérieure, et j'instituai un traitement par les

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