‹ La Médication Calmante dans les Coliques du ChevalChapitre 5 sur 21 · DIE · texte numérisé non relu

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centres supérieurs, — de l’autre, avec les viscères euxmêmes au moyen de plexus secondaires : c’est ainsi que l’estomac. le foie, le pancréas, les différents segments intestinaux, ont chacun des plexus propres qui président à leurs fonctions de la vie végétative et leur donnent une sensibilité propre. Il faut se rappeler également les amastomoses de ces plexus, par la voie des ganglions rachidiens et des rami-communicantes, avec les nerfs intercostaux. Cette disposition anatomique a permis à Roger l'établissement d’un système de diagnostic des organes malades au cours des coliques en étudiant les connexions des divers organes avec leur zone propre de réflectivité sur les parois costales.

Le rappel de ces connaissances anatomiques sert à montrer que, cliniquement, deux grands ordres de troubles peuvent se produire dans la pathologie des coliques; ou ces troubles — et ce mot est pris ici dans le sens le plus général — porteront sur les viscères innervés par le pneumogastrique, estomac, foie, pancréas, première portion du grêle, ou ils porteront sur ceux dont l'innervation est assurée par le système du sympathique. D'où, chez nos malades abdominaux, deux grands groupes : les chevaux chez lesquels les symptômes dominants sont ceux des troubles de la première catégorie, les symptômes vagotoniques, -— et ceux chez lesquels les symptômes de la deuxième catégorie prédominent, les symptômes sympathicotoniques.

Il s'en faut, certes, que, pratiquement, les diffé-

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rences soient aussi tranchées, mais on peut presque toujours arriver à diagnostiquer quel est le symptôme prépondérant, du vagotonique ou du sympathicotonique, sur une scène clinique donnée. S'il est à peine besoin de souligner combien il est intéressant de pouvoir arriver à limiter la zone où les recherches tendant à un diagnostic précis doivent se cantonner, il est non moins utile, au point de vue thérapeutique envisagé dans cette thèse, de savoir quel état pathologique, vagotonique ou sympathicotonique doit viser l'effort du traitement modificateur, les médicaments calmants principaux ayant une action élective portant, soit sur le pneumogastrique, soit sur le système ganglionnaire du grand sympathique.

Ayant donc envisagé les conditions de production de la douleur et ses voies de conduction, tant directs que réflexes, il reste à étudier quel parti nous pouvons tirer, pour la clinique de nos malades abdominaux, des manifestations qu'elle engendre; avant de tâcher de l’endiguer ou de la supprimer par un traitment approprié, il faut s’en servir pour l'établissement du diagnostic et, par voie de conséquence, du traitement.

Subjectivement, le malade qui ressent de la douleur y répond par des gestes et des attitudes — dont l'étude détaillée n’a pas à prendre place ici — et qui sont conditionnés par les sensations éprouvées, sensations pénibles auxquelles le patient cherche à se soustraire. Ces sensations subjectives peuvent être souvent localisées par le malade d’une façon cor-

recte : le cheval regarde le flanc du côté où il ressent

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de la douleur, il se couche du côté de sa lésion abdominale, il s’assied « en chien » pour soulager les régions antérieures de son abdomen ou se relève en marquant un long temps d'arrêt sur les genoux, le train postérieur surélevé pour diminuer une douleur vive de la région pelvienne. D’autres fois, le cheval atteint de coliques est trompé sur le siège de son mal: par suite d’irradiations nerveuses puissantes, de douleurs paroxystiques, de vertiges; il manifeste alors des mouvements et des gestes sans signification précise autre que celle d’une anarchie totale dans les services de transmission et de réflectivité nerveuses.

Objectivement, pour le clinicien, celui-ci constate les symptômes et les coordonne en faisant appel à ses connaissances anatomiques et physiologiques pour interpréter les gestes, les mouvements, les attitudes. tenter de débrouiller les voies de conduction et de réflectivité et, par là, de parvenir à la connaissance de leur point d’origine. Non content de l’observation pure et simple, toujours en se basant sur ce qu'il sait des rapports du pneumogastrique et du spinal et du sympathique, des relations de ce dernier avec les intercostaux. il est amené à provoquer les manifestationes des zones de réflectivité, à se servir du « clavier équin », comme l'a dénommé Royer, pour préciser son diagnostic, appliquer au malade la thérapeutique appropriée à son cas et, si le traitement causal est impossible, difficile ou de trop longue haleine, mettre en œuvre les ressources de la médi-

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cation calmante appropriée pour permettre au palient de supporter la crise et de la surmonter.

Le clinicien sait done se servir de la douleur : il l’observe, la provoque au besoin par son exploration, l'interprète pour des buts cliniques et thérapeutiques. Il ne doit donc jamais, avant d'employer la médication calmante, réclamée avant toute autre par le propriétaire du malade, négliger d'interroger les modalités qu’elle présente et essayer d’en tirer tous les éléments profitables. Ceci admis, doit-on, en présence d'une crise abdominale, employer systématiquement la médication calmante qui, ne l’oublions pas, dès sa mise en œuvre, modifie souvent d'une façon radiçale la scène clinique?

Certains praticiens regardent le symptôme « douieur » comme le symptôme « fièvre », en font un mode de réaction de l'organisme à l'élément perturbateur, réaction qu'il serait bon de ne modifier que le moins possible pour lui laisser toute son efficacité curative. La question est et sera toujours ouverte sur ces problèmes pour la solution desquels des thèses diamétralement opposées se soutiennent avec des arguments parfaitement plausibles de part et d’autré.

Si nous sommes et demeurons un chaud partisan de la miédication calmante, nous sommes aussi opposé à l'emploi systématique d’une médication. On l'a dit depuis bien longtemps, en médecine, il n’y a pas de maladie, il n’y a que des malades, et cet aphorisme domine toujours la clinique. Systématiser l'emploi de tel ou tel médicamment est un non-sens, à

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supposer même qu’on opère toujours dans le même milieu. L'observation des symptômes, leur interprétation, le diagnostic aussi précis que possible et la vision du but à atteindre par la thérapeutique doivent seuls guider le praticien. Nous ajouterons aussi la connaissance du malade, si possible, car, en pratique, il est des récidivistes des coliques dont le point faible, toujours le même, appelle sans tâtonnement, La médication efficace, toujours la même aussi.

La connaissance du milieu où l’on exerce habituellement est également un guide précieux pour la discrimination de la thérapeutique à y employer. La clinique du cheval de gros trait est totalement dissemblable de celle du demi-sang; cette dernière même n’est pas celle du pur-sang. Certes, il existe des crises abdominales similaires chez les uns et les autres, conditionnées par l'espèce même des malades; c’est ainsi que le cheval, à quelque race qu'il appartienne, pourra toujours présenter des coliques thromboemboliques de nature vermineuse par exemple. Par contre, le cheval de gros trait, souvent lymphatique, fortement nourri d'aliments lest, tels que son, paille, produits mélassés, est particulièrement eXPOsÉ aux coliques de surcharge; il appelle beaucoup plus souvent l'emploi d'une médication destinée à favoriser le transit intestinal que la médication calmante, alors que le demi-sang, et surtout le pur-sang, possédant un système nerveux plus sensible, soumis à une alimentation plus concentrée, manifestent souvent des

crises abdominales où les phénomènes nerveux do-

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