‹ La Médication Opiacée RationnelleChapitre 10 sur 35 · ONE · texte numérisé non relu

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quelle elle s'impose. Plus, peut-être, encore que l'alcool, elle est bientot devenue tellement indispensable au fonclionnement efficace de tous les organes de l'économie, qu'ils restent incapables d'accomplir leur destinée sans le concours de cet excitant.

« Le morphinomane, comme le mangeur d'oprum, à dit Matléïi, aspire après celte substance comme un noyé, sortant d'une immersion prolongée, aspire après Pair: rien ne pourrait l'empêcher de respirer: on lui dirait qu'il va mourir à la première inspiration, qu'il respirerait encore: il en est ainsi pour celui qui a contracté l'usage des stimulants opiacés... » Quelques heures après la dernière injection, il se manifeste des signes indiquant que l'aclion stimulante à cessé : bâüillements, sueurs abondantes, bouffées de chaleur alternant avec des frissons passagers. A ces signes, à une sensalion de malaise général et d'énervement, le morphinomane reconnait que le moment est venu de prendre une nouvelle dose de morphine, et, immédiatement après, tous ces troubles cessent comme par enchantement.

Mais, peu à peu, ces malaises reviennent plus souvent, el, si le malade ne peut, pour une raison où pour une autre, se piquer aussi souvent qu'il en éprouve le besoin, il augmente peu à peu la dose de chaque piqûre, et, ces malarles qui, au début, ont commencé par un demi ou lcenligramme de morphine par vingt-quatre heures, arrivent à des doses très élevées: 350 cenfigrammes, 2 grammes, 4 grammes, 10 et même 12 grammes par Jour.

Alors, il nous présente le tableau classique du morphinomane si bien décrit par le docteur Oppenheim

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Le morphinomane est facilement reconnaissable:

tout son corps est amaigri, son visage est Jaune et desséché, sa démarche chancelante, son épine dorsale pliée jusqu'à donner parfois au corps une forme demi-circulare; ses veux caves el vitreux, le trahissent au premier regard, ses fonctions digestives se font mal, il ne mange presque rien, et Va à peine à la garde-robe une fois par semaine. Les forces morales et physiques sont détruites. Lorsque habitude est invélérée, la faiblesse, qui augmente, rend plus impérieux le besoin du stimulant, et il faut sans cesse augmenter la dose pour obtenir l'effet désiré... »

En résumé, quels sont donc les inconvénients de la morphine ? Nous pouvons les résumer en deux catégories : où la morphine est bien tolérée, et produit alors celte euphorie, celle jouissance, recherchée par le malade ultérieurement, et qui le conduit au morphinisme; ou ce médicament donne au malade des symptômes d'intolérance : constriction au creux épigastrique, nausées, vomissements, vertiges, maux de tête, etc., et 1l faut abandonner pour le malade l'usage de cette médication.

Pour l'héroïne, qui est l'éther di-acétique de la morphine, bien qu'elle ne produise pas d'accoutumance par-ce qu'elle ne produit pas d'euphorie, elle est encore plus toxique que la morphine, plus dangereuse pour le bulbe, et ses intoxications sont bien plus graves et bien plus difficiles à guérir que celles de la morphine. Ilen est de même pour la dionine, également très toxique, et qui à même amené des accidents graves du côté des veux, acci-

dents allant jusqu'à F'amaurose complète.

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