‹ La Médication Opiacée RationnelleChapitre 12 sur 35 · Seconde Experience · texte numérisé non relu

Seconde Experience

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Celle expérience mdique que le Pantopon augmente à un haut degré la sécrétion du suc gastrique: ilest à noter que cette augmentation ne suit pas une marche régulière, mas se fait par phases imégales entre elles. Pendant la première demi-heure (36 minutes), il Ÿ a eu de douze en douze minutes une augmentation progressive qui diminue peu à peu dans la demi-heure suivante pour arriver à être à peu près nulle: mais, dans la deuxième période de sécrétion, 1l se produit une élévation brusque, qui dure une demi-heure, pour s'abaisser peu à peu dans la demi-heure suivante et redescendre à zéro. La durée Lotale de l'expérience est double de celle de l'expérience préliminaire, et sa sécrétion est quadruple de la précédente.

Pas de modification notable dans la concentration du suc gastrique sécrété.

Expérience I Faite dans les mêmes conditions à quelques jours d'intervalle sur le même chien repose.

La sécrétion de la période préliminaire atteint 4 ec. 8, et dure une heure et demie.

La sécrétion de la période de Pantopon dure deux

heures trente-six, et atteint 21 ce. 3.

ExPÉRIENCE III. — La durée, la quantité totale et le type des phases de sécrétion présentent des caractères absolument identiques. Cette expérience a été faite également sur le même chien, bien reposé, et quelques Jours après l'autre.

Les deux premières fois, il est survenu, au bout de dix minutes, une agitation légère, des nausées, et quelques

TEE

vomissements de quelques minutes de durée; après quoi, somnolence progressive persistant pendant toute la période d'expérience.

La troisième fois, l'animal, accoutumé, ne réagit pas par des nausées el des vomissements, mais par une somnolence persistante et marquée aussi rapide que les deux autres lois.

À quoi lient celle aclion accélératrice du Pantopon sur la sécrétion gastrique, et quelle est la nature de ce mécanisme ?

Pour répondre à cette question, il faut nous rappeler les principes fondamentaux du mécanisme de la sécrélion du suc gastrique.

Ce sont, d'une part, l'excitation centrale des nerfs exci- Lo-sécréloires qui vont du pneumogastrique à l'estomac, et la paralysie de leurs antagonistes, des voies dépressosécrétoires dépendant du grand sympathique.

Mais, cet ensemble excito-sécrétoire et dépresso-sécrétoire, que nous pouvons appeler système sécrétoire extragastrique à pour antagoniste un système autonome intragastrique, qui fonctionne d'une facon automatique et indépendante, et qui est représenté par un plexus finement ramifié dans la paroi de l'estomac, et qui reçoit les excilations directement du sang (système du petit sympathique). C'est sur cette constatation que Bickel a édifié et établi expérimentalement sa théorie hématogène et parenchymateuse intragastrique de la sécrétion du suc gastrique.

L'expérience sur le chien opéré d’après Pawlow ne peut immédiatement faire connaître quel est celui des mécanismes sécrétoires mentionnés qui intervient dans l’action

du Pantopon, parce que, aucun de ces trois systèmes n'étant exclu, les trois modes de sécrétion sont en cause.

On fait un pas de plus lorsqu'on pratique sur le chien une méthode qui met hors de fonction les nerfs vagues extragastriques. C'est ce qui est le cas chez le chien opéré d'après Heidenhain, qui diffère de celui de Pawlow en £e que le pelit estomac est complètement séparé du grand, de sorte qu'il ne peut être alimenté que par les vaisseaux mésentériques. Avec celle séparation complète, aucun nerf vague extragastrique ne se rend plus au petit estomac qui est un cul-de-sae, mais bien les fibres sympathiques venues du mésentère.

Voici les résultats de l'expérience faite sur un chien préparé de cette façon

EXPÉRIENCE IV. —- Par suite de l'absence de l’action régulatrice du pneumogastrique, 11 y a, chez le chien ainsi préparé suivant la méthode de Heidenhain, une légère sécrétion continue.

L'exnérience est conduile de manière à observer la sécrétion sans ingestion d'eau pendant une heure, dans l'expérience préliminaire.

Dans l'expérience proprement dite, on n'exerce non

plus aucune excitation digestive par l'mgestion d'eau.

Voici les résultats comparés

1° Expérience préliminaire

Durée de | / Exper: 102

Secretion

Î sure

Ingestion

Sezrcéion lolz/e jen 9

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TE HE SÉneNetet teen Injection . . Denis | de n 3 environ 0, 02 centigr. Secretien de lotale Fantopon

Dans cette expérience IV, également, on observe une

augmentation de la sécrétion gastrique sous l’action du antopon. Dans l'expérience préliminaire, la sécrétion est laible et dure une demi-heure. Dans la seconde parue, elle est beaucoup plus forte, et dure trois heures environ; dans les deux premières heures, sécrétion assez forte et sensiblement égale, tandis que dans la troisième heure, elle est moins élevée et va en diminuant graduellement.

10 = Expériences V et VI. = Ces deux expériences sont exactement semblables à l'expérience IV, et nous donnent les mêmes résultats.

Si, donc, le chien opéré d'après Heidenhain réagit exactement de la même manière que le chien opéré d'après la méthode de Pawlow, nous pouvons en tirer celte conclusion que l'action du Pantopon n’est pas de nature centrale, ou, du moins, qu'elle ne se passe pas dans le système du pneumogastrique. On peut supposer que c'est le sympathique qui joue ici le principal rôle.

La réponse à cette question nous est donnée par l'expérience de Heidenhain sur le chien sans nerfs, c'est-àdire avec la modification de Bickel, dans laquelle les fibres sympathiques allant du mésentère au petit estomac

sont complètement divisées.

+ , T JT n * . CAR , Q

ExpériexcEes VIT et VITE. — Chien préparé suivant la méthode de Heidenhain avec la modification de Bickel. Résultats analogues à ceux obtenus dans les six expérien-

ces précédentes. Pas de modifications.

Les expériences précédentes sur Ja sécrétion du sue gastrique sous l'influence du Pantopon nous amènent à ce résultat que l'action excito-sécrétoire de ce médicament se passe dans le système du petit sympathique, dans le plexus nerveux automatique de la paroi stomacale, dans laquelle le Pantopon arrive par la voie sanguine, et v exerce son action.

Il s'agit donc, selon toute apparence, d'une action stcrétoire intra-gastrique parenchymateuse hématogène.

Les influences neurogènes extra-gastriques du côté du

— pneumogastrique où du grand sympathique ne sont peultètre pas entièrement exclues, mais elles ne jouent certai-

nement aucun rôle important.

B.- Influence sur la motililé de l'estomac.

Exrérrence IX. Chien pourvu d'une fistule duodénale. On donne à cet animal, l'estomac vide, et ne sécrélant pas, une solution aqueuse colorée, par exemple du bleu de méthvlène, puis on détermine le temps qui s'écoule jusqu'à ce que la première goutte de la solution sorte de la canule. On renouvelle celle-ci toutes les trois minules, on recueille la sécrétion, et on détermine ainsi la durée totale de la sécrélion. L'écoulement par la canule duodénale dépend naturellement du péristaltisme de l'estomac et de l'ouverture du pylore.

Dans l'expérience préliminaire qui nous sert de terme de comparaison, on observe l'écoulement de la solution de bleu de méthylène par la canule au bout de trois minules après l'ingestion, et la sécrélion qui persiste, assez régulière pendant deux heures.

On donne ensuite la même quantité (200 cc.) de la solution par la bouche, et, cinq minutes après, on fait une injection sous-cutanée de 2 centigrammes de Pantopon.

Dans celle seconde partie de l'expérience, la première race de sécrétion par la canule s'est produite seulement au bout de trente-cinq minutes. À partir de ce moment, Irès Torte sécrélion qui, sous le rapport de la quantité de chaque phase dépasse de deux à trois fois la quantité lolale et la durée totale de celle de la période de l'expérience préliminaire.

Vives

EXPÉRIENCES X et XI. -- Chien préparé de la même flacon; même manuel opératoire. Dans l'expérience prélhiminaire, le début de l'écoulement de la solution par la fistule duodenale s'observe de trois à dix minutes après le commencement de l'expérience. Même durée d'écoulement, c'est-à-dire deux heures.

Dans la seconde partie de l'expérience où on emploie le même procédé que dans le cas précédent, la première trace de sécrétion se produit seulement au bout de quarante-deux minutes. Mêmes résultats que précédemment au point de vue de la quantité et de la durée de la sécré-

hon par rapport à l'expérience préliminaire.

Nous avons donc 161 deux stades de l’action du Pantopon: le premier est caractérisé par une prolongation de la sécrétion par la canule d'environ une demi-heure. Ce phénomène tient à un spasme du prlore et à une posi- Hon intermédiare de la musculature de l'estomac. Dans la deuxième phase, il se produit une sécrétion plus forte que dans l'expérience préliminaire.

L'explication de ce phénomène résiderait dans ce fait que le Pantopon entrelient une très forte sécrétion du sue gastrique qui peut alors, soit vaincre en quelque sorte mécaniquement la contraction pylorique, soit la supprimer complètement par voie réflexe.

En tout cas, ces expériences mdiquent, pour le Pantopon, la faculté d'abaisser la motilité de l'estomac.

Le degré de cette diminution dépend de cette circonstance : l'administration du produit avant ou après l'in-

sestion de l'eau (ou des aliments).

Le UE Expériences XI], XIII et XIV. —- Dans ces trois expériences, le Pantopon à été injecté un quart d'heure avant l'ingestion de l'eau, c'est-à-dire l'estomac étant à jeun. On constata que le premier suintement par la fistule se produisait après cinquante-cinq, soixante et un el soixanle-quatre minutes. En même temps, la motilté à diminué d'une facon très nette, environ deux fois plus nettement lorsque la préparation avait en quelque sorte le lemps d'exercer son action avant que les excitations diseslives eussent atteint l'estomac.

Dans ces trois expériences, la période d'arrêt de la moulité fut également suivie d'une phase de forte augmen-

lation sécrétoire de plusieurs heures de durée.

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