C. = Influence sur la motilité de l'intestin
Les expériences suivantes nous montrent l'action du Pantopon sur la motilité de Pinteshin, et d'autre part, elles nous donnent quelques renseignements sur la muscula-
ture de l'estomac.
EXPÉRIENCE XV, —— Lapin. Estomac et intestin mis à nus par une Jlaparalomie. « On devait, dit M. le docleur Rodari, observer alors comment le Pantopon peut agir sur Je péristaltisme provoqué dans des conditions physiologiques. À cet effet, j'avais auparavant reliré, d'après le procédé de Zülzer, les « hormones » de la muqueuse du pylore d'un autre lapin. Trois seringues de Pravaz de ce suc injecté dans les veines à des intervalles de deux minutes déterminèrent de légers mouvements péristaltiques ondulatoires, qui passèrent du duodénum à
l'intestin grêle, el au gros intestin.
« Quelques minutes après,injection de Pantopon (1 cc.). Au bout de trois quarts de minute à une minute, il survient une forte excitation du péristaltisme qui dure une minute et demie à deux minutes, puis diminue rapidement et passe à une posilion intermédiaire entre la contracture et la paralysie, avec un lonus bien conservé. Le péristaltisme est à peine conservé sur l'estomac: absolument imperceplüible sur le gros intestin, mais la position intermédiaire est prise par les autres parties de l'intes-
Un, qui semble ischémique. »
ExPpÉRIENCE XVI. — Chien de movenne taille. Même dispositif. L'injection sous-cutanée de hormone a déterminé ici un léger péristaltisme sur tout l'intestin. L'injection de Pantopon détermine, au bout d'une minute, une excitation péristalique qui dure environ deux minutes, excitation pendant laquelle, surtout dans le repos qui suit, tout l'intestin grêle, notamment Mléon plus que le Jéjunum, ainsi que le gros intestin et l'estomac devien-
nent pâles el sont contractés.
Expérience XVII. — Chien de la même portée. Laparotomie: mise à nu de l'estomac et de l'intestin. Séparaion du reste de l'intestin d'un fragment d'intestin grêle de 30 centimètres environ de longueur, séparé des nerfs (sympathique) accompagnant les vaisseaux mésentériques. Injection de Pantopon sans hormone préalable. Au bout d'une minute et demie, ischémie de l'estomac, de l'intestin grêle (également du fragment isolé et privé de ses nerfs), et du côlon; le tube gastro-intestinal prend une position intermédiaire sans troubles péristaltiques au début: celles-ci alternent rarement avec des ondes pé-
ristaliiques courtes el lentes qui n'apparaissent que sur un point el ne se propagent pas à tout l'intestin. L'estomac, surtout le pylore, paraît encore plus ischémié que l'intestin.
On fait alors une injection de hormone. Au bout d'une demi-minute, diminulion de Ja pàleur, courtes contraclions du pylore et du duodénum partant de lintestin erèle, et durant quatre minutes. L'ischémie et Ta conlracture (posilion intermédiaire) se montrent rapidement d'elles-mêmes, mais deviennent plus nettes par une nouvelle injection de Pantopon: ondes locales contractiles courtes et lentes, partant surtout de l'embouchure des STOS Vaisseaux, el persistant quelques minutes. Cet état est aussi nettement marqué sur Je fragment séparé el
privé de nerfs que sur le reste de l'intestin: son excitabilité réflexe est seulement un peu diminuée, landis que le reste de l'intestin grêle, le gros intestin, et tout particulièrement l'estomac réagissent par de courtes contractions locales aux excilalions mécaniques, comme la pression ou
l'elfleurage.
Quant à la question de savoir sur quelle partie de l'inleslin le Pantopon porte son action, l'état du fragment séparé el sans nerfs de l'intestin grêle a une certaine importance. En supprimant les connexions avec les centres médullaires (SYmpathique et vague), et par suite de l'iden- Hé de la réaction du fragment ainsi traité, par rapport aux autres régions de l'intestin, la situation est la même que dans le cas de l'estomac privé de nerfs de Heidenhain. Comme dans ce dernier cas, nous pouvons conclure que, dans l'action du Pantopon sur l'intestin, il s’a-
git d'une action hémalogène qui se passe dans le plexus
= 6 nerveux automatique de l'intestin et qui ne dépend pas, du moins essentiellement, des actions centrales.
L'action hypnotique du Pantopon s'est faite sentir dans toutes les expériences de cinq à dix minutes après l'in- Jechion; et, dans la plupart des cas, sans période d'excilation. Quelques rares nausées et vomissements très fugaces.
Le pouls et la respiration n'ont, en aucun cas, été inlluencés.
Nous signalerons simplement une différence entre l'opimon de M. le docteur Rodari et celle de la plupart des auteurs.
Rodari, comme nous venons de le voir, affirme que le Pantopon possède sur l'estomac une action excito-sécrétoire. Or, l'opium est considéré comme un sédatif imhibant la fonction glandulaire de l'estomac, à un moins haut degré que la morphine pure, il estwrai, mais cependant d'une facon très nette. Dans sa communication à la Société de thérapeutique (mars 1910), M. Bardet a relevé cette contradiction, et affirme que, d’après ses observaions, le Pantopon était, au contraire, un excellent médicament sédatif sur l'hvpersthénie gastrique.
Il v aurait donc là un point facile à établir. Peut-être s'agit-il seulement d'une question d'interprétation, le Pan- Lopon, comme l'opium, ne touchant que sur la fonction gastrique lorsqu'il est administré à faible dose.
D'ailleurs, des études plus importantes sont faites, en ce moment, sur cet alcaloïde lotal de lopium, et M. le professeur Pouchet vient même d'annoncer à l'Académie de médecine (Séance du 18 octobre), qu'il se proposait de publier plus tard le résultat de ses intéressantes recher-
ches sur ce sujet, qui demande une mise au point.
CHAPIERE IV